Trump pourrait recréer des prisons secrètes à l'étranger
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Trump pourrait renouer avec les prisons secretes a l'etranger
© Handout . / Reuters
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Trump pourrait renouer avec les prisons secretes a l'etranger
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par Jonathan Landay et Mark Hosenball
WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump devrait d'ici peu ordonner une étude qui pourrait permettre à la CIA d'utiliser à nouveau des prisons secrètes en territoire étranger, connues sous le nom de "sites noirs, où furent utilisées des techniques d'interrogation souvent dénoncées comme étant de la torture.
Selon deux sources proches du dossier, le président américain signera bientôt ce décret ordonnant le lancement de cette étude, qui viendrait lui dire s'il doit "relancer le programme d'interrogatoires de terroristes étrangers d'envergure", et si la CIA doit gérer ces sites, selon la copie d'un projet dont le Washington Post, premier média à révéler l'information, a eu connaissance.
Selon les deux sources de Reuters, qui s'exprimaient sous le sceau de l'anonymat, Donald Trump devrait signer dans les jours à venir un décret présidentiel intitulé "Détention et interrogatoire de combattants ennemis".
La réouverture de ces sites pourrait toutefois se heurter à l'opposition du Congrès, mais également à celle de la communauté du renseignement et de certains officiers, hostiles à ces pratiques.
Le décret permettrait également aux agents américains de recourir à des techniques d'interrogatoires musclées, de maintenir ouvert le centre de détention de Guantanamo et d'interdire au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de rendre visite aux détenus.
"Le président peut signer les décrets présidentiels qu'il veut. Mais la loi est la loi. Nous ne réintroduirons pas la torture aux Etats-Unis", a prévenu le sénateur républicain John McCain dans un communiqué.
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Le porte-parole de l'administration Trump, Sean Spicer, a déclaré que le document évoqué par la presse n'émanait pas de la Maison blanche.
Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants, a dit la même chose, précisant que, selon lui, " le texte a été écrit par quelqu'un qui faisait partie de l'équipe de transition mais qui n'est pas membre de l'administration".
TRUMP PENSE QUE LE "WATERBOARDING" EST "EFFICACE"
Pendant la campagne présidentielle, Donald Trump a promis d'autoriser les services de renseignement à recourir de nouveau à la simulation de noyade ("waterboarding"), "et bien pire encore".
Cette méthode controversée, assimilée à de la torture et qu'une commission du Sénat a jugé inopérante, avait été introduite par George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001. Elle a été interdite par Barack Obama.
A la chaîne ABC qui lui demandait mercredi s'il était tenté de réintroduire la simulation de noyade, Donald Trump a répondu: "Absolument, je pense que c'est efficace".
Mais il a ajouté qu'il laisserait à son secrétaire à la Défense, l'ancien général James Mattis, et au directeur de la CIA, Mike Pompeo, le soin de décider s'il y a lieu d'utiliser cette méthode.
Une source du Congrès a déclaré que les deux hommes ne savaient pas que de tels projets étaient dans les tuyaux.
Donald Trump entend par ailleurs revenir sur deux décrets signés par Barack Obama qui ordonnaient la fermeture du centre de détention de Guantanamo et des "sites noirs" de la CIA, et autorisaient le CICR à rendre visite à tous les détenus incarcérés par les Etats-Unis.
L'ONG Human Rights Watch (HRW) a condamné la tentation du recours à la torture et celle de la réouverture de "site noirs".
"La dernière fois, ces sites étaient parfois installés dans des démocraties, Pologne, Lettonie, Roumanie", mais aussi "au Maroc, en Egypte, en Jordanie, en Thaïlande et en Afghanistan", souligne Kenneth Roth, directeur de HRW, qui réclame une intervention du Congrès pour bloquer les projets présidentiels.
"J'espère que, cette fois, tous ces gouvernements (...) diront 'non', qu'ils ne se rendront pas complices d'un nouveau programme américain de torture."
En tant qu'élu conservateur du Kansas, le nouveau patron de la CIA, Mike Pompeo, avait soutenu le recours à la simulation de noyade.
Lors de son audition devant le Sénat, il a assuré qu'il ne réintroduirait pas de telles méthodes, largement décriées au sein de l'institution qu'il dirige et de la communauté du renseignement en général.
Mais dans ses réponses écrites aux questions des sénateurs membres de la commission du renseignement, Mike Pompeo s'est montré beaucoup moins catégorique, laissant entendre qu'il pourrait s'y montrer favorable "si les experts pensent que les lois actuelles entravent la collecte de renseignements cruciaux pour protéger le pays".
(Nicolas Delame et Tangi Salaün pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)
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