La guerre anti-drogue du président philippin attaquée en justice
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La guerre anti-drogue du president philippin attaquee en justice
CZAR DANCEL
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La guerre anti-drogue du president philippin attaquee en justice
CZAR DANCEL
MANILLE (Reuters) - La guerre déclarée à la drogue par le président philippin Rodrigo Duterte est pour la première fois contestée en justice, la Cour suprême ayant été saisie jeudi par des proches de personnes tuées dans ce cadre.
Depuis le lancement de sa campagne contre le trafic de drogue, peu après son entrée en fonction il y a sept mois, Rodrigo Duterte est très critiqué, notamment par les organisations de défense des droits de l'homme, qui accusent la police d'avoir procédé à un grand nombre d'exécutions sommaires en toute impunité.
Dans leur requête, les avocats représentant les familles de quatre hommes tués dans un quartier pauvre de Manille au mois d'août dernier et un survivant demandent que les autorités soient contraintes de présenter les éléments prouvant le trafic.
Ils demandent à ce que la police soit contrainte de suspendre ses opérations anti-drogue dans certaines parties de Ciudad Quezón, commune très peuplée du grand Manille, où les quatre ont été tués, et que soient rendus publics tous les éléments (images de vidéo-surveillance, rapports, etc.) ayant servi à affirmer que les victimes étaient des trafiquants de drogue.
Depuis le début de la guerre contre le trafic de drogue, 7.000 personnes ont été tuées, dont 2.250 environ dans le cadre d'opérations anti-drogue, les autres dans des circonstances qui font l'objet d'enquêtes. La police estime que beaucoup de ces décès sont dus à la guerre que se livrent les gangs. Cette thèse est contestée par un certain nombre d'observateurs.
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Prié de donner son commentaire sur cette requête, le porte-parole de la présidence, Ernesto Abella, a déclaré que le chef de l'Etat laisserait la justice suivre son cours mais que les autorités n'étaient aucunement impliquées dans les exécutions extrajudiciaires.
Le survivant qui porte plainte devant la Cour suprême, Efren Morillo, un marchand de fruits et légumes, avait déclaré l'an dernier à Reuters n'avoir aucun lien avec la drogue et avoir survécu parce qu'il avait fait le mort. Il avait dit avoir entendu ses amis supplier qu'on leur laisse la vie sauve avant d'être abattus et que les seules personnes armées étaient les policiers.
Le président Duterte a déclaré jeudi que des dizaines de policiers et de militaires avaient été tués lors de la campagne contre le trafic de drogue et a clairement fait comprendre que les forces de l'ordre étaient autorisées à faire usage de la force létale pour se défendre.
"J'en prends la totale responsabilité juridique", a déclaré le président.
(Martin Petty; Danielle Rouquié pour le service français)
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