Le ton monte entre les Etats-Unis et le Mexique
reuters.com

Le ton monte entre washington et mexico
EDGARD GARRIDO
reuters.com

Le ton monte entre washington et mexico
EDGARD GARRIDO
WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a conseillé jeudi à son homologue mexicain, Enrique Pena Nieto, d'annuler sa visite à Washington prévue mardi prochain si Mexico maintient son refus de financer le mur que le président américain veut ériger à la frontière mexicaine.
Cette mise en garde est intervenue quelques heures après la signature par le nouveau président des Etats-Unis d'un décret prévoyant notamment d'aller de l'avant sur la construction de ce mur. Enrique Pena Nieto a publiquement désapprouvé cette décision en répétant qu'il n'en paierait pas la facture.
"Si le Mexique n'est pas disposé à payer pour ce mur dont nous avons tant besoin, alors il serait préférable d'annuler la rencontre qui est prévue", a réagi Donald Trump sur Twitter.
"Les Etats-Unis ont un déficit commercial de 60 milliards de dollars avec le Mexique", a rappelé le nouveau chef de la Maison blanche, laissant entendre qu'il est dans l'intérêt de Mexico de coopérer avec son puissant voisin.
La confirmation du projet de construction du mur à quelques jours de la visite d'Enrique Pena Nieto à Washington a été perçue au Mexique comme une rebuffade.
Elle est en effet intervenue au moment où les autorités mexicaines s'efforçaient d'établir le dialogue avec la nouvelle administration américaine après avoir été pendant toute la campagne électorale un des souffre-douleurs de Donald Trump.
Dans la sphère politique comme sur les réseaux sociaux, les appels se sont multipliés depuis mercredi pour que le président mexicain renonce à son déplacement.
Mercredi soir, le ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray, a tenté d'éteindre l'incendie à son arrivée à Washington pour des discussions préparatoires. "La réunion entre les deux présidents à Washington mardi prochain est toujours confirmée. La réunion, à ce stade, aura lieu", a-t-il déclaré.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"C'EST NOUS QUI ALLONS FINANCER LE MUR"
Son homologue aux Finances, José Antonio Meade, a pour sa part estimé jeudi, après le tweet menaçant de Donald Trump, qu'une annulation de la rencontre entretiendrait l'incertitude entourant les futures relations américano-mexicaines.
S'il a lieu, le dialogue entre les deux pays s'annonce des plus tendus, même si chacun répète qu'il est dans son intérêt d'avoir une frontière commune sécurisée.
Donald Trump dit vouloir arrêter l'immigration clandestine et son homologue mexicain lutter contre le trafic d'armes en provenance des Etats-Unis.
Mais la question du mur, et notamment de son financement, est devenue tellement politique qu'aucun des deux dirigeants ne semble vouloir perdre la face.
Une porte de sortie pourrait venir du Congrès américain, où les présidents républicains du Sénat, Mitch McConnell, et de la Chambre des représentants, Paul Ryan, ont indiqué jeudi qu'ils avaient commencé à prendre des dispositions pour permettre la construction d'un mur coûtant entre 12 et 15 milliards de dollars.
Ils n'ont pas précisé qui le financerait mais ont dit s'attendre à ce que l'administration Trump "débloque un budget supplémentaire".
"L'important, c'est que nous allons financer le Secure Fence Act", a déclaré Paul Ryan devant la presse, en évoquant le décret signé mercredi par le chef de la Maison blanche.
Interrogé sur les futures relations avec le Mexique, il a ajouté : "Je pense que tout va bien se passer".
(Roberta Rampton, Doina Chiacu et Susan Heavey, avec Anahi Rama et Dave Graham à Mexico, Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
reuters.com