Walesa a fourni des rapports à la police communiste, dit l'IPN
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Walesa a fourni des rapports a la police communiste, selon l'ipn
KACPER PEMPEL
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Walesa a fourni des rapports a la police communiste, selon l'ipn
KACPER PEMPEL
par Anna Koper
VARSOVIE (Reuters) - L'Institut de la mémoire nationale (IPN, organisme affilié au gouvernement polonais) a déclaré mardi disposer de nouveaux éléments montrant que l'ancien syndicaliste et ex-président Lech Walesa a bien été un informateur de la police secrète durant les années 1970.
L'avocat de Lech Walesa a estimé que les éléments invoqués étaient erronés et a demandé à pouvoir interroger les experts. Les analyses graphologiques effectuées n'ont pas valeur de preuve scientifique, selon cet avocat, Jan Widacki.
"Ce n'est pas une chose qui puisse se mesurer. Nous aimerions vraiment pouvoir interroger les experts qui ont émis cet avis", a dit Widacki à la chaîne de télévision publique TVP Info. "L'écriture qui est celle de Walesa aujourd'hui n'est pas celle qu'il avait dans les années 1970, lorsqu'il était simple ouvrier", a ajouté l'avocat.
Les documents évoqués ont été retrouvés l'an dernier au domicile d'un ancien ministre communiste de l'Intérieur.
L'IPN affirme que l'étude graphologique qui a été menée apporte la preuve que les documents récemment publiés, laissant penser que Walesa, aujourd'hui âgé de 73 ans, a collaboré avec la police du régime communiste, étaient bel et bien authentiques.
L'IPN assure qu'au vu des analyses graphologiques, il s'avère que Lech Walesa, fondateur du premier syndicat indépendant des pays de l'Est, Solidarité, a bien transmis au moins 29 rapports, signés du nom de code "Bolek", longtemps réservé à Walesa. Il ne dit pas en revanche quelle est la teneur de ces rapports.
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"Cela ne fait aucun doute", a déclaré un enquêteur, Andrzej Pozorski, lors d'une conférence de presse. "Un accord, rédigé à la main, en vue de collaborer avec la police de sécurité, en date du 21 décembre 1970, a été rédigé dans son intégralité par Lech Walesa".
WALESA, GRAND OPPOSANT AU POUVOIR ACTUEL
L'action de Walesa à la tête du syndicat libre Solidarité, en 1980, a ébranlé le bloc de l'Est et contribué à la chute du communisme à la fin de cette décennie-là. Lech Walesa, qui obtint le Nobel de la paix en 1983, a par la suite assumé la fonction de chef de l'Etat polonais, de 1990 à 1995.
L'IPN, agence gouvernementale créée en 1998 pour enquêter sur les crimes "contre la nation polonaise" que ce soit sous les nazis ou sous le régime communiste, a examiné 17 factures manuscrites et conclu qu'elles étaient de la main de Walesa, a déclaré Pozorski.
Lech Walesa a déjà reconnu avoir naguère signé l'engagement de fournir des informations à la police politique polonaise. Sa ligne de défense consiste à dire que cet engagement n'a jamais été suivi d'effet de sa part, et un tribunal spécial l'a blanchi dans cette affaire en l'an 2000.
Les conservateurs du PiS (Droit et Justice, au pouvoir) ont bondi sur la dernière occasion qui se présente de mettre en doute l'indépendance de Walesa en tant que premier président démocratiquement élu (1990-95), estimant qu'il a pu être le jouet d'anciens responsables de la police de l'ère communiste.
Les détracteurs de Walesa estiment que les documents réapparus remettent en cause non seulement l'aura de l'ancien syndicaliste de Solidarité mais laissent penser que le pays n'a pas vraiment, après la chute du régime communiste, pu se défaire de l'emprise des anciens apparatchiks.
"Nous ne voulons pas effacer Walesa des manuels d'histoire", a dit à la presse le directeur de l'IPN, Jaroslaw Szarek. "Ce qui change, désormais, c'est la façon dont il peut être considéré".
"Dès aujourd'hui, on peut se poser une nouvelle question: dans quelle mesure la collaboration de Lech Walesa, au début des années 1970, a-t-elle déterminé ses décisions ultérieures(...)dans les années 1980, et après 1989. La question reste posée", a continué Jaroslaw Szarek.
Lech Walesa a dès la fin 2015 publiquement critiqué le pouvoir conservateur et eurosceptique incarné par le PiS. Il a alors estimé que la démocratie était en danger et appelé de ses voeux un référendum destiné à contraindre Droit et justice à organiser des législatives anticipées. A la fin de l'an dernier, il accusait les conservateurs au pouvoir de détricoter un à un les progrès effectués depuis la chute du communisme.
Pour ses défenseurs, les nouveaux documents, qu'ils soient ou non authentiques, ne réduiront jamais les mérites de l'ancien syndicaliste de Gdansk dans sa lutte face au pouvoir communiste.
(Eric Faye pour le service français)
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