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Fillon dénonce "un coup d'Etat institutionnel" de la gauche

reuters.com

Publié le 01 février 2017 à 12:24 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:53

Fillon denonce "un coup d'etat institutionnel" de la gauche

Fillon denonce "un coup d'etat institutionnel" de la gauche

© Christian Hartmann / Reuters

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par Sophie Louet et Emile Picy

PARIS (Reuters) - François Fillon, gravement fragilisé par les révélations sur les emplois présumés fictifs de son épouse, a dénoncé mercredi "un coup d'Etat institutionnel" fomenté par la gauche et demandé à ses troupes de "tenir 15 jours" jusqu'au résultat de l'enquête.

Au lendemain de nouvelles informations potentiellement compromettantes du Canard enchaîné, qui a lancé l'affaire il y a maintenant huit jours, le candidat de la droite et du centre à la présidentielle s'est exprimé "avec les tripes" devant les parlementaires Les Républicains pour leur demander de faire bloc derrière lui alors que le doute s'insinue dans leurs rangs.

La réunion, au QG du candidat, se déroule chaque semaine, mais elle revêtait mercredi une gravité particulière.

Plusieurs élus ont relayé les "inquiétudes" et "interrogations" des électeurs face à ce que François Fillon et ses soutiens décrivent désormais, après plusieurs angles de défense, comme une tentative d'"assassinat" politique.

Un sondage Elabe donne mercredi l'ex-favori exclu du second tour de la présidentielle au profit de la présidente du Front national Marine Le Pen et du fondateur du mouvement En marche!, Emmanuel Macron.

Signe des divisions qui traversent le principal parti d'opposition, le député LR Georges Fenech a estimé sur franceinfo que le résultat de la primaire était "caduc" face à un événement "qui se situe non seulement sur le registre judiciaire mais aussi sur un registre éthique et moral".

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Il a réclamé la tenue "dans les plus brefs délais d'un conseil national extraordinaire pour savoir qui doit porter le projet qui avait emporté l'adhésion des Français lorsque François Fillon le portait".

Les élus qui attendaient des explications sur les accusations portées contre le candidat et son épouse n'ont obtenu de sa part, selon des participants, qu'une déclaration sur l'honneur : "Je suis droit avec moi, elle avec vous."

"J'ai employé ma femme comme assistante parlementaire, elle était rémunérée légalement et à niveaux normaux. Une enquête est en cours, je m'en réjouis. On a quinze jours à tenir, dans quinze jours, on aura le résultat", a dit le candidat.

FILLON MET EN GARDE CONTRE DU "BRICOLAGE"

Les époux Fillon ont été entendus lundi par les enquêteurs, l'ex-suppléant sarthois de François Fillon à l'Assemblée, Marc Joulaud, était convoqué ce mercredi.

"Nous sommes en face d'une tentative de coup d'Etat institutionnel", a lancé l'ancien Premier ministre, portant sa contre-attaque au degré ultime de la riposte politique.

"J'aimerais qu'on dénonce ce coup d'Etat. Cessons d'être en défensive, pourquoi tout cela sort-il maintenant? (...) Cette opération ne vient pas de chez nous, pas de notre camp, cette affaire vient du pouvoir", a-t-il lancé, après avoir dénoncé mardi soir "une opération très professionnelle".

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a dénoncé "une manière de faire qui n'est pas acceptable". "Le seul pouvoir, c'est celui de la justice", a-t-on déclaré dans l'entourage de François Hollande.

François Fillon a mis en garde contre toute tentation de "plan B", le scénario d'une candidature alternative qui prend corps à droite : "Tout bricolage qui pourrait être imaginé se traduirait pas notre échec". Il a ajouté qu'il prendrait "toutes [s]es décisions" au terme du délai de 15 jours qu'il s'est fixé.

UN TROUBLE LOIN D'ÊTRE DISSIPÉ

A l'issue de la réunion, les parlementaires se sont efforcés de faire front, relayant la nouvelle parade, celle du "complot".

"Rien n'empêchera François Fillon et la droite française d'être présents au premier et au second tours de l'élection présidentielle", a dit Thierry Solère, l'un de ses porte-parole.

"C'est une opération de déstabilisation qui cherche à voler aux Français l'élection présidentielle. A partir d'aujourd'hui, nous entendons dénoncer cette manoeuvre, qui s'en prend au bon fonctionnement de la démocratie dans notre pays", a renchéri Bernard Accoyer, secrétaire général de LR.

"Nous sommes en campagne!", a-t-il conclu, alors que l'entourage de François Fillon indiquait qu'il avait décidé d'annuler son déplacement prévu ce week-end au Liban et en Irak afin de "rester au contact de ses troupes et des Français".

Le mot d'ordre était officiellement à l'unité mais des élus semblaient peu convaincus, soulignant leur trouble, surtout face à un flot de révélations qui ne tarit pas.

Après la révélation par le Canard enchaîné que les sommes perçues par Penelope Fillon et deux de ses enfants dépassaient le million d'euros, Le Monde et Mediapart ont publié des informations selon lesquelles l'ex-Premier ministre François Fillon aurait touché 200.000 euros du groupe Ricol Lasteyrie qu'il a conseillé via sa société 2F Conseil.

Outre Georges Fenech, Bruno Le Maire, conseiller pour les affaires européennes et internationales de François Fillon, a invité à demi-mot le candidat à faire amende honorable.

"A un moment donné, il faut reconnaître que ces choses-là peuvent choquer", a-t-il dit aux journalistes. "Ce n'est pas dans les quinze jours que ça se joue, c'est dès maintenant."

(Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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