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"Je ne serai pas un candidat ligoté", dit Hamon au Monde

reuters.com

Publié le 04 février 2017 à 13:11 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:52

Hamon assure qu'il ne se laissera pas "ligoter"

Hamon assure qu'il ne se laissera pas "ligoter"

© Philippe Wojazer / Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, Benoît Hamon, assure dans une interview publiée samedi par Le Monde qu'il ne se laissera pas "ligoter", mais fait cependant quelques pas en direction des forces de gauche qu'il veut rassembler.

L'ancien ministre "frondeur" défend dans cette interview sa vision d'un "futur désirable", à la veille de la convention socialiste qui l'investira officiellement dimanche.

Il l'oppose à la vision selon lui "sinistre", "négative, angoissée, anxiogène", du candidat de droite François Fillon ou de la présidente du Front national, Marine Le Pen.

Benoît Hamon, dont une des propositions phares, mais aussi une des plus contestées par ses détracteurs de gauche comme de droite, est la mise en place d'un revenu universel, assure que ce "futur désirable" est également "possible".

"Je ne changerai pas de cap. Mais mon projet peut-être enrichi", déclare-t-il. "Je ferai ma campagne présidentielle librement. Dans le respect de ma famille politique mais fort d'une légitimité, celle du peuple de gauche. Je ne serai pas un candidat ligoté."

Incarnation de la gauche du PS, il adresse quelques signaux à la droite du parti et aux fidèles du chef de l'Etat François Hollande et de l'ex-Premier ministre Manuel Valls qui l'accusent de renier le bilan d'un gouvernement auquel il a appartenu.

"Bien sûr, je ne pars pas de nulle part. Il y a des acquis du quinquennat que je revendique", dit-il.

Il cite le mariage pour tous, les créations de postes dans l'éducation et la police, le compte pénibilité, et dit vouloir reprendre le compte personnel d'activité (CPA), disposition de la loi travail qu'il a combattue, dans une nouvelle loi.

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Il dit avoir été conforté par son entretien avec François Hollande, jeudi, "dans l'impératif besoin de construire une stratégie de défense européenne".

C'est précisément à propos de l'Europe, un des points sur lesquels il est attendu par les Verts et leur candidat, Yannick Jadot, qu'il envoie le plus de signaux.

"JE NE SUIS PAS UN CANDIDAT AMBIGU"

Il dit ainsi travailler avec l'économiste Thomas Piketty sur une proposition de traité budgétaire européen. "Il faut disposer demain d'une capacité de gouvernance de la zone euro qui repose sur une assemblée parlementaire de l'union monétaire et sur une approche de l'harmonisation fiscale européenne", explique-t-il.

"Je mettrai cette proposition sur la table en m'adressant à nos partenaires européens de gauche", ajoute Benoît Hamon, qui juge les Allemands "plus ouverts" à ce type de proposition qu'en 2012, quand François Hollande est arrivé au pouvoir.

Il dit aussi vouloir discuter "paisiblement" de la règle européenne fixant à 3% du PIB la limite des déficits publics des pays de la zone euro.

"Sur ce point, la position allemande n'est pas homogène (...) Une nouvelle gauche est en train de monter en puissance en Europe. Nous ne sommes pas seuls", fait-il valoir.

Benoît Hamon qui a aussi tendu la main à son rival de la "France insoumise", Jean-Luc Mélenchon, se dit serein sur sa capacité à rassembler, tout en admettant qu'un retrait de ce dernier n'est pas "l'hypothèse la plus probable".

Il promet des initiatives "concrètes" après son investiture et estime que le rassemblement "se fera" mais pas à n'importe quel prix. "Je n'aurai aucune brutalité mais je conserverai mon cap. Une page est déjà tournée", insiste-t-il.

Depuis sa victoire sur Manuel Valls dans la primaire de gauche, dimanche dernier, les intentions de vote en sa faveur pour le premier tour de la présidentielle ont fait un bond, passant de 6% à 17% dans certains sondages, qui le placent désormais en quatrième position, devant Jean-Luc Mélenchon.

L'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui profite de la polémique autour des soupçons d'emplois fictifs de l'épouse de François Fillon, a pour sa part franchi la barre des 20% et fait désormais figure de challenger potentiel de Marine Le Pen pour le second tour.

"Pour l'instant, l'ambiguïté le sert. La preuve, il apparaît comme un candidat de substitution à François Fillon", commente Benoît Hamon. "Moi je ne suis pas un candidat ambigu."

"Je veux bien dialoguer avec lui. Mais sur quel base ?" ajoute-t-il. "Emmanuel Macron, c'est un clignotant : un jour c'est la droite orléaniste, un autre c'est la gauche progressiste. Il faut tomber le bon jour de l'éclipse."

(Emmanuel Jarry)

reuters.com

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