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Le décret anti-immigration de Trump pour l'heure inapplicable

reuters.com

Publié le 05 février 2017 à 16:47 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:52

Le decret anti-immigration de trump pour l'heure inapplicable

Le decret anti-immigration de trump pour l'heure inapplicable

BRENDAN MCDERMID

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Ayesha Rascoe et Yeganeh Torbati

WASHINGTON (Reuters) - Le décret de Donald Trump interdisant aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane l'accès au territoire américain est inapplicable en l'état, a jugé une cour d'appel dans la nuit de samedi à dimanche, rejetant les arguments du gouvernement.

Saisie par le département d'Etat, la cour d'appel pour le 9e circuit, basée à San Francisco, a maintenu la décision du juge de Seattle James Robart, qui a ordonné vendredi la suspension du décret au niveau national dans l'attente d'un jugement sur le fond.

Dans son appel, l'administration Trump faisait valoir que l'ordre du magistrat portait atteinte à la sécurité des Américains en "empêchant la mise en oeuvre du décret présidentiel" et remettait en cause "le jugement du président en matière de sécurité nationale".

Mais le tribunal de San Francisco a réfuté sa démonstration et attend de nouveaux documents que doivent présenter dimanche les Etats de Washington et du Minnesota, à l'origine de la plainte examinée par le juge Robart, et lundi les avocats du gouvernement. L'administration Trump a, pour ce faire, jusqu'à lundi 17h00 heure du Pacifique (mardi 01h00 GMT).

Le décret du 27 janvier interdit pour 90 jours l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane: Libye, Somalie, Iran, Irak, Syrie, Yémen et Soudan. Il interrompt également pendant quatre mois l'arrivée de réfugiés sur le sol américain, à l'exception des réfugiés syriens, interdits de territoire pour une durée indéterminée.

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Ses détracteurs jugent ces mesures injustifiées et discriminatoires.

DES FAITS, PAS DE LA FICTION

Dans son avis rendu vendredi, le juge James Robart souligne que l'administration a justifié son décret en évoquant les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, mais qu'aucun ressortissant des sept pays visés par le texte n'a commis d'attentat sur le sol américain.

Pour que le décret soit constitutionnel et ne constitue pas une mesure discriminatoire, il doit "s'appuyer sur des faits, non sur de la fiction", a déclaré le magistrat fédéral, nommé sous la présidence de George W. Bush.

Les attentats du 11-Septembre ont été commis par des pirates de l'air originaires d'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, d'Egypte et du Liban, quatre pays non concernés par le décret.

Dans une série de tweets virulents, Donald Trump a dénoncé samedi l'opinion d'un "soi-disant juge".

Dimanche il a tweeté de nouveau: "Ne peux pas croire qu'un juge place notre pays dans un tel péril. Si quelque chose arrive, tenez-le, lui et l'appareil judiciaire, pour responsables." Il dit avoir demandé que les personnes entrant dans le pays soient contrôlées très attentivement, car, dit-il, "les tribunaux compliquent beaucoup la tâche".

Il est inhabituel de la part d'un président américain de s'attaquer à l'appareil judiciaire, pilier essentiel de la séparation des pouvoirs aux Etats-Unis. L'opposition démocrate a estimé que le comportement de Donald Trump risquait de provoquer une crise constitutionnelle.

Ces critiques ont également provoqué un certain malaise chez les républicains; le chef du groupe républicain au Sénat, Mitch McConnell, s'est exprimé par ces mots sur CNN: "Je pense qu'il vaut mieux ne pas adresser de critiques contre les juges".

"Nous sommes tous déçus, de temps à autre, par les décisions de justice sur les sujets qui nous tiennent à coeur. Mais je crois qu'il vaut mieux ne pas critiquer personnellement les juges".

Le sénateur républicain Ben Sasse, connu pour ses critiques contre Trump, a été plus direct : "Nous n'avons pas de soi-disant juges(...). Nous n'avons pas de soi-disant présidents, nous avons des personnes, au sein des trois piliers de l'Etat, qui prêtent serment de défendre la Constitution", a-t-il dit sur ABC.

Le vice-président, Mike Pence, a volé toutefois au secours de Donald Trump dimanche.

"Le président des Etats-Unis a tout à fait le droit de critiquer les deux autres piliers de l'Etat", a estimé Pence au micro de la chaîne NBC.

"Nous allons gagner. Pour la sécurité de notre pays, nous allons gagner", a affirmé le chef de la Maison blanche dimanche à des journalistes devant sa résidence privée de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, où il passait le week-end.

L'avis rendu par le juge Robart n'est cependant sans doute que le prélude à de nombreuses batailles judiciaires sur le thème de l'immigration qui pourraient se prolonger pendant des mois.

Les procureurs généraux des Etats démocrates, qui se préparent à une longue guerre de tranchées, se sont en partie inspirés de l'action intentée avec succès par le Texas et 25 autres Etats républicains en novembre 2014 contre un décret de Barack Obama protégeant de l'expulsion quelque 4 millions d'immigrés aux Etats-Unis, finalement jamais appliqué.

VIDE JURIDIQUE

De nombreux ressortissants des pays visés par le décret Trump pourraient tenter leur chance aux Etats-Unis en profitant du vide juridique actuel. Le gouvernement a déclaré qu'il commencerait à réadmettre lundi des réfugiés.

Leonard Doyle, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), a déclaré que quelque 2.000 personnes étaient prêtes à se rendre aux Etats-Unis. "Nous prévoyons l'arrivée d'un petit nombre de réfugiés lundi 6 février. Ils viennent principalement de Jordanie et comprennent des personnes fuyant la guerre et la persécution en Syrie", a-t-il dit.

Fouad Charef, un Irakien, a attendu deux ans avant d'obtenir un visa pour lui, sa femme et leurs trois enfants.

Ils ont fait leurs valises la semaine dernière pour partir aux Etats-Unis mais ont été renvoyés vers l'Irak après la publication du décret.

Dimanche, la famille a embarqué à l'aéroport d'Istanbul pour un vol de la Turkish Airlines à destination de New York.

"Nous avons finalement obtenu l'autorisation d'entrer aux Etats-Unis. Nous sommes très heureux", a déclaré Fouad Charef à Reuters TV.

(Avec Chris Michaud, Lin Noueihed, David Shepardson et Reuters TV; Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français)

reuters.com

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