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Fillon engage la lutte pour sa survie politique

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Publié le 06 février 2017 à 09:33 - Mis à jour le 06 février 2017 à 13:00

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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - François Fillon a engagé lundi une opération de la dernière chance pour sauver sa candidature à l'élection présidentielle et sa carrière politique, menacées par les soupçons d'emplois fictifs dont aurait bénéficié sa famille.

Le candidat de la droite a convoqué lundi à 16h00 à son QG une conférence de presse présentée par son entourage comme une "contre-attaque", après plus de 10 jours de polémique qui ont pratiquement donné un coup d'arrêt à sa campagne.

Selon un sondage publié par le Journal du Dimanche, 68% des Français souhaitent le retrait du candidat de la droite, qui fait l'objet de nouvelles révélations ce lundi.

La semaine dernière, nombre d'élus et de ténors du parti Les Républicains (LR) n'hésitaient pas à envisager, publiquement ou en privé, son retrait et son remplacement par un autre candidat.

Conforté par la difficulté dans laquelle semblent être les ténors de son camp pour trouver un candidat de substitution sans déclencher une guerre des clans, François Fillon a amorcé sa contre-attaque ce week-end.

Il a ainsi fait distribuer trois millions de tracts dénonçant une "chasse à l'homme" et une "machination ourdie par des officines" pour empêcher sa candidature.

Il avait adressé vendredi soir un message vidéo à ses troupes sur Facebook leur promettant de "tenir bon", après avoir demandé aux parlementaires Les Républicains de lui donner quinze jours, le temps, selon lui, que l'enquête le blanchisse.

Selon une source proche de son équipe de campagne, il a également consacré le week-end à appeler les ténors du parti, les principaux présidents LR de région et ex-candidats à la primaire de la droite.

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"Il leur a dit 'si ce n'est plus moi, c'est le chaos ; avec moi vous avez encore une chance de gagner, sans moi vous avez 100% de chances de perdre'", raconte cette source selon laquelle "la fièvre est un peu redescendue".

"Ça a contribué à en débrancher certains qui se sentaient pousser des ailes", dit-elle. L'allusion vise notamment Laurent Wauquiez, François Baroin et Xavier Bertrand, cités la semaine passée parmi les possibles candidats de substitution.

"COMPLIQUÉ MAIS ENCORE JOUABLE"

Alain Juppé, adversaire malheureux de François Fillon au second tour de la primaire, a pour sa part fermé une des pistes les plus logiques en réitérant son refus d'être un "plan B".

"J'ai dit quelle était ma position : définitivement, c'est non ! Et vous me connaissez, non c'est non !" a-t-il déclaré lundi à des journalistes à son arrivée à la mairie de Bordeaux.

"Je dirai pourquoi. Aujourd'hui écoutons FF, notre candidat", avait-il auparavant écrit dans un tweet.

Le député Benoist Apparu, proche du maire de Bordeaux, a confirmé à Reuters que François Fillon et lui s'étaient parlé ce week-end, notamment à propos du plan de riposte du candidat.

"François Fillon est notre candidat. Commencer à imaginer un plan B c'est le fragiliser", dit-il. "Et il n'est pas du tout dans l'intention d'Alain Juppé d'envisager un plan B parce que ce serait tirer une balle entre les yeux de François Fillon."

"Je pense que cette position est globalement partagée. Pour le moment, la digue tient plutôt bien", ajoute Benoist Apparu. "Il y a encore des possibilités pour redresser la barre. C'est compliqué mais c'est encore jouable."

Selon son entourage, François Fillon entend "parler aux Français" et "exprimer sa vérité", lors de sa conférence de presse. Un conseiller qualifie son humeur de "combative".

Le député centriste Philippe Vigier a dit attendre de lui qu'il "prouve son innocence" pour "regagner la confiance des Français", et qu'il se prononce même pour l'interdiction pour les parlementaires de salarier des membres de leur famille.

"Et après, que cette campagne reprenne ses droits", a-t-il ajouté, en assurant faire confiance à l'ex-Premier ministre.

Georges Fenech, le député LR qui, le premier, a demandé à François Fillon de se retirer, a pour sa part paru lundi mettre un peu d'eau dans son vin : "La décision appartient à François Fillon lui-même. C'est lui qui a la légitimité pour savoir s'il doit continuer ou s'il doit se retirer."

Il a cependant dit constater comme beaucoup de ses collègues que le candidat n'était "plus audible sur le terrain" et demandé au candidat de la droite "de prendre des initiatives fortes".

(Avec Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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