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Fillon tente de regagner le terrain perdu à marche forcée

reuters.com

Publié le 07 février 2017 à 16:44 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:51

Fillon tente de regagner le terrain perdu a marche forcee

Fillon tente de regagner le terrain perdu a marche forcee

BENOIT TESSIER

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - François Fillon, qui a réussi à rassembler son parti derrière sa candidature après dix jours de doutes engendrés par les soupçons d'emplois fictifs en faveur de sa famille, a sonné mardi la mobilisation pour regagner le terrain perdu dans l'opinion.

Plus question, comme il y a une semaine, de demander aux parlementaires Les Républicains 15 jours pour surmonter la crise

"Il n'y a pas de plan B, il y a juste un plan A comme attaque (...) J'ai décidé de foncer", leur a déclaré François Fillon lors d'une réunion à son QG de campagne, selon le texte de son intervention. "Je ne reviendrai pas sur cette décision. Elle est irrévocable."

En présentant lundi en conférence de presse ses "excuses" aux Français pour avoir salarié son épouse Penelope et deux de ses enfants avec des deniers publics, il s'était efforcé de tourner la page du "Penelopegate".

Selon Frédéric Dabi, de l'institut Ifop, il a du même coup "fermé complètement la porte au 'plan B' et, montré que les électeurs de droite n'avaient personne d'autre" que lui.

François Fillon joue désormais sur le registre "moi ou le chaos", quitte à faire fi de la menace toujours présente de l'enquête préliminaire ouverte par le Parquet national financier (PNF) à son encontre. Exit le candidat sonné, qui disait le 26 janvier à TF1 que seule une mise en examen le ferait renoncer.

François Fillon, qui avait demandé à ses troupes d'attendre 15 jours, le temps qu'il soit blanchi, a dit mardi qu'il serait "naïf de croire que la justice serait rendue sereinement et rapidement", une manière de relativiser cet engagement.

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Son avocat a d'ailleurs poursuivi mardi l'offensive pour décrédibiliser une procédure qu'il juge nulle.

"TOUT DONNER"

Parlementaires et cadres de LR veulent croire que son acte de contrition et ses explications auront suffi à rassurer leurs électeurs, tout en admettant que la campagne sera plus dure que ne le laissait prévoir sa victoire à la primaire de droite.

Mais s'il a pu enrayer un début de fronde à LR, il lui reste à reconquérir un électorat qui commence à s'effriter.

Les deux tiers des sympathisants de LR continuent certes de le soutenir, selon un sondage Harris Interractive. Mais il a reculé à 18%-20% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle et en troisième position synonyme d'élimination.

"On a perdu dix jours", souligne un cadre du parti. "Il faut qu'il reparte sur le fond, avec peut-être de nouvelles idées, des choses un peu clivantes, pour ressouder son camp."

"Le vrai sujet, c'est que ça va changer la nature de sa campagne : il a peu de temps, il faut une sur-mobilisation électorale et muscler le dispositif de campagne", ajoute-t-il.

Une nécessité apparemment prise en compte par François Fillon, qui a lancé un appel à une "mobilisation exceptionnelle" et demandé mardi aux parlementaire de LR de "tout donner".

Il leur a ainsi demandé de multiplier les réunions, de lui proposer des déplacements et d'accueillir les orateurs nationaux de sa campagne "pour démultiplier l'offensive".

"Les deux prochaines semaines doivent être d'une intensité exceptionnelle . Il faut rétablir l'équilibre", leur a-t-il dit.

Il a annoncé la refonte d'une équipe de campagne pléthorique où les partisans de l'ex-président Nicolas Sarkozy se jugeaient sous-représentés et qui s'est révélée un de ses points faibles.

Il a ainsi promis que toutes les sensibilités seraient "parfaitement représentées". Mais un seul porte-parole officiel, le député Thierry Solère, coordonnera les interventions "de tous ceux qui ont accès aux médias", a-t-il précisé.

FILLON MUSCLE SA CAMPAGNE

L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui va multiplier les déplacements, a choisi de publier mercredi une "lettre aux Français" dans le quotidien Ouest-France.

"Désormais, c'est à vous de décider et à vous seuls", écrit-il dans ce texte qui s'inspire largement de la conférence de presse de lundi.

Tout en promettant de respecter ses "alliés du centre", il a laissé entrevoir mardi une volonté de renforcer la partie régalienne de son programme, à destination de l'électorat de droite :

"Ce sera une campagne de droite sans concession à nos valeur, une campagne populaire pour répondre au besoin de sécurité, d'ordre et de liberté que les Français réclament."

S'il reste à la merci d'une décision de justice et de nouvelles révélations, il peut espérer que le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy pour financement illégal de sa campagne de 2012 détourne un temps l'attention.

Mais l'image de probité sur laquelle il a joué pendant la primaire face au même Nicolas Sarkozy, est durablement abîmée, estiment des analystes.

"Beaucoup de mal a été fait et on n'a pas fini d'en apprendre. On attend de voir comment vont bouger la justice et l'opinion. Je pense que des plans B sont toujours à l'étude", estimait pour sa part mardi un député de LR.

Selon un cadre du parti, François Fillon pourrait cependant profiter d'une forme de "résignation" des électeurs de droite.

"La probité n'a jamais été un critère décisif dans le choix des électeurs", estime pour sa part Bruno Jeanbart, directeur général adjoint de l'institut OpinionWay. "Jacques Chirac a été réélu en 2002 avec des affaires bien plus graves."

"Chaque jour qui passe rend le remplacement de François Fillon plus difficile", renchérit le politologue Jérôme Sainte-Marie. "Mais il faut qu'il repasse très rapidement au-dessus des 20% et devant Emmanuel Macron."

(Avec Sophie Louet, édité par Simon Carraud)

reuters.com

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