L'attitude de Damas fait craindre un échec à Genève, dit Ayrault
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L'attitude de damas fait craindre un echec a geneve
© Charles Platiau / Reuters
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PARIS (Reuters) - L'attitude du régime de Bachar al Assad fait craindre un échec des pourparlers intersyriens qui doivent reprendre sous l'égide de l'Onu le 20 février à Genève, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.
"Il faut que ces négociations soient crédibles, que les parties viennent de bonne foi, parce que nous avons connu dans le passé des expériences décevantes", a-t-il dit à la presse à l'issue d'une rencontre avec l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura.
"A Genève, l'année dernière, le régime, par son intransigeance, avait rendu tout dialogue impossible; aujourd'hui, son attitude nous fait craindre qu'un scénario de ce type se répète", a-t-il ajouté. "Nous multiplions les contacts pour que les conditions se réunissent à nouveau d'un espoir de négociations".
A propos de l'opposition au régime de Damas, le chef de la diplomatie française a souhaité que le haut comité pour les négociations (HCN) "puisse former rapidement une délégation inclusive".
Cette délégation a vocation à "rassembler les groupes notamment représentant les groupes armés qui ont participé à l'accord de trêve et d'autres personnalités de l'opposition qui partagent le même objectif, celui d'une transition démocratique en Syrie."
Le HCN, qui regroupe une grande partie de l'opposition syrienne et qui est dirigé par Riad Hijab, tente actuellement à Ryad de mettre sur pied une délégation de l'opposition en vue des pourparlers de Genève.
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Les déclarations de Staffan de Mistura, qui avait prévenu en janvier que l'Onu procéderait elle-même au choix des délégués si l'opposition ne parvenait pas à se mettre d'accord, avait provoqué un tollé, le HCN fustigeant une proposition "inacceptable".
"J'avais indiqué que la résolution 2254 donnait la possibilité à l'envoyé spécial, non pas de choisir, mais de finaliser la délégation, mais c'est une option que j'espère ne pas devoir utiliser", a expliqué Staffan de Mistura vendredi.
"J'ai beaucoup de confiance dans le message que (Jean-Marc Ayrault) donne à la délégation qui est en train de se faire à Ryad", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il espérait "pour dimanche" une liste "crédible" et "inclusive".
LISTE INCLUSIVE
Cette liste, a-t-il poursuivi, doit inclure "les gens qui se battent pour qu'il y ait une bonne proportion entre ceux qui se battent et ceux qui donnent des conseils politiques".
Près de six ans après le début du conflit syrien qui a fait plus de 300.000 morts et des millions de déplacés, les négociations de paix entre régime et opposition sont toujours au point mort malgré la multiplication des efforts diplomatiques ces dernières mois.
Pour tenter de débloquer la situation, la Russie, la Turquie et l'Iran ont organisé fin janvier des discussions "préparatoires" à Astana, au Kazakhstan, mais ces pourparlers n'ont débouché sur aucune avancée concrète, hormis une réaffirmation d'un cessez-le-feu qui est pourtant violé quotidiennement.
La déclaration finale de la conférence n'a suscité ni l'adhésion des rebelles, ni celle du gouvernement de Bachar al Assad, qui a annoncé qu'il poursuivrait son offensive militaire près de Damas.
"L'accord de cessation des hostilités qui a été conclu à Astana a permis dans un premier temps une diminution sensible du niveau des hostilités mais il y a encore trop de violations de cette trêve pour laquelle les parties prenantes à Astana se sont présentées comme garantes", a estimé Jean-Marc Ayrault. "Ces violations sont surtout le fait du régime".
Les précédentes négociations intersyriennes à Genève ont jusqu'à présent toutes achoppé sur la question de l'avenir du président Bachar al Assad et de la mise en place de la transition démocratique.
(Marine Pennetier, édité par Yann Le Guernigou et Marc Angrand)
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