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Fillon évite un putsch mais reste menacé par la justice

reuters.com

Publié le 14 février 2017 à 15:15 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:50

Fillon a le soutien des deputes de son camp mais reste menace par la justice

Fillon a le soutien des deputes de son camp mais reste menace par la justice

© Laurent Capmas / Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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par Simon Carraud et Emile Picy

PARIS (Reuters) - François Fillon, fragilisé depuis trois semaines par l'affaire des emplois de son épouse, a obtenu mardi le soutien des députés de son camp face à la fronde de certains d'entre eux qui ont à nouveau réclamé une solution de secours, à un peu plus de deux mois de la présidentielle, avant de faire machine arrière.

"Le retrait aujourd'hui de ma candidature créerait une crise majeure", a-t-il déclaré aux députés Les Républicains (LR) lors de leur réunion hebdomadaire à l'Assemblée nationale.

Plusieurs parlementaires, emmenés par le sarkozyste Georges Fenech, ont auparavant fait circuler une lettre exigeant la tenue d'un bureau politique du parti, seule instance à leurs yeux capable de mettre en oeuvre un "plan B".

Mais le principal artisan de cette initiative a annoncé lors de la réunion du groupe LR qu'il renonçait à cette demande, peu soutenue malgré les doutes qui traversent les rangs de la droite depuis les premières révélations du Canard enchaîné sur les rémunérations perçues par Penelope Fillon.

"Il n'est pas question de changer de candidat aujourd'hui. D'ailleurs, personne ne l'a demandé", a assuré à la presse le président du groupe, Christian Jacob, rompu depuis plus de 20 ans aux campagnes présidentielles.

"Il y a toujours un moment où c'est dur et c'est dur en ce moment. Il n'empêche que le fait d'avoir eu cette réunion et de sonner le rassemblement derrière François Fillon, c'était nécessaire. Et maintenant en avant", a-t-il ajouté.

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Le soutien des députés est "unanime", a pour sa part affirmé Thierry Solère, porte-parole du candidat.

"ÉVIDEMMENT, JE SUIS LUCIDE"

Plusieurs députés ont pris la parole devant leurs collègues pour exprimer leurs griefs sur la conduite de la campagne et faire part des difficultés rencontrées lors de leurs déplacements en circonscription.

"J'ai dit à quel point c'était difficile. Je crois que beaucoup de collègues partagent ce sentiment que cette campagne est incroyablement difficile", selon le sarkozyste Pierre Lellouche, pour qui la présidentielle reste toutefois "jouable".

"Il y a des problèmes dans l'organisation de la campagne. Il n'y a pas eu de documents pour amener la campagne sur le fond. C'est déjà très difficile d'être audible, mais si en plus on n'a pas le matériel...", a-t-il déploré devant les journalistes.

Mais, selon un participant, beaucoup ont exprimé leur soutien à François Fillon.

François Fillon leur a une nouvelle répondu qu'il n'avait aucune intention de se désister, que sa victoire à la primaire lui donnait toute légitimité pour poursuivre et qu'il avait le soutien de ses anciens concurrents à l'investiture.

Il a annoncé à cette occasion qu'il devait déjeuner mercredi avec Nicolas Sarkozy.

"Honnêtement, ça serait peut-être plus facile pour moi personnellement et ma famille de ne pas être dans cette compétition aujourd'hui", a-t-il déclaré, selon une retranscription transmise par son entourage.

Puis il a ajouté: "Cette décision, je l'ai prise, je ne reviendrai pas dessus."

"Evidemment, je suis lucide. Je vois bien les dégâts que cette affaire a causés. Les dégâts sur mon image d'abord. Et les dégâts sur la campagne présidentielle", a-t-il également dit, tout en sollicitant l'aide des députés.

"Nous n'avons pas d'autres portes de sortie aujourd'hui", a conclu Georges Fenech, qui a par la suite répondu à la presse. "Nous sommes tenus de suivre François Fillon dans cette campagne présidentielle. La chose est réglée depuis ce matin."

EPEE DE DAMOCLES

Depuis la fin janvier, l'ex-Premier ministre a multiplié les opérations destinées à faire taire les plus dubitatifs et à relancer sa campagne, comme le 7 février lorsqu'il a convoqué une conférence de presse à son siège de campagne.

Cette explication de texte, durant laquelle il a présenté ses "excuses" aux Français pour avoir salarié son épouse et deux de ses enfants avec des fonds publics, avait temporairement calmé la fronde naissante.

Mais, depuis cette date, le vainqueur de la primaire n'est pas parvenu à reprendre la seconde place dans les sondages, qui prévoient pour l'heure un duel Emmanuel Macron-Marine Le Pen au second tour au mois de mai.

"Ce que je vois, c'est qu'on risque d'aller dans le mur, c'est qu'on risque d'avoir un débat de deuxième tour surréaliste. Moi je ne souhaite pas ça pour mon pays", a jugé le sarkozyste Alain Gest après la réunion de son groupe.

De retour d'un long week-end à la Réunion, François Fillon doit tenir mercredi soir un meeting à Compiègne (Oise) en présence de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, qui est jusqu'ici resté en retrait de la campagne.

Au calendrier politique se superpose le calendrier judiciaire.

Le Parquet national financier (PNF), à l'origine de l'enquête préliminaire, doit encore prendre une décision sur les suites à donner à cette procédure, suspendue au-dessus du candidat comme une épée de Damoclès.

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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