Trump pour la paix, même sans solution à deux Etats
reuters.com
reuters.com
WASHINGTON (Reuters) - Le président américain, Donald Trump, soutient l'objectif d'un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens même si celle-ci n'implique pas une solution à deux Etats, a déclaré un responsable de la Maison blanche mardi.
"Que cela se produise sous la forme d'une solution à deux Etats, si c'est ce que souhaitent les deux parties, ou différemment", la paix est l'objectif, a déclaré ce responsable, à quelques heures de la première rencontre à la Maison blanche entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien.
Depuis des décennies, la solution fondée sur le principe de coexistence pacifique de deux Etats a toujours été au centre de la position de Washington et de la communauté internationale.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a d'ailleurs mis en garde mercredi contre tout renoncement à une solution à deux Etats.
"Il n'y a pas d'autre solution au problème entre Palestiniens et Israéliens, pas d'autre que la solution consistant à établir deux Etats, et nous devrions faire tout notre possible pour la maintenir", a-t-il dit lors d'une visite au Caire.
Un revirement de la présidence américaine provoquerait sans doute la colère du monde musulman et notamment des pays sunnites, qui soutiennent les Etats-Unis dans leur combat contre l'Etat islamique et l'Iran chiite.
Les Palestiniens ont lancé mercredi une mise en garde à l'administration américaine contre l'abandon de ce principe, exprimant les craintes suscitées par les différentes déclarations de Donald Trump sur le sujet.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

ONU ET PALESTINIENS INSISTENT SUR LA NÉCESSITÉ DE DEUX ETATS
"Si l'administration Trump rejetait cette politique, cela détruirait les chances de paix et affaiblirait les intérêts, la position et la crédibilité des Américains à l'étranger", a commenté Hanan Achraoui, membre de la direction de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
"Une entente entre les éléments les plus extrémistes et irresponsables en Israël et à la Maison blanche n'est pas de nature à produire une politique étrangère responsable", a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Benjamin Netanyahu s'était engagé en faveur de cette solution à deux Etats lors d'un discours prononcé en 2009 et a plusieurs fois réaffirmé cet objectif par la suite. Mais de nombreux membres de son gouvernement estiment que la situation n'est pas propice à la création d'un Etat palestinien en raison de l'instabilité régionale et des divisions palestiniennes.
Donald Trump définit la paix au Proche-Orient comme une priorité, a assuré le responsable de la Maison blanche et il a confié à son gendre, Jared Kushner, la mission de négocier un accord de paix.
Depuis l'investiture de Trump le 20 janvier, Netanyahu a approuvé la construction de 6.000 logements supplémentaires en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, s'attirant une condamnation de la communauté internationale et de l'Onu à laquelle les Etats-Unis ne se sont pas joints.
Au cours des derniers jours, l'administration Trump a semblé adopter une position plus nuancée à l'égard d'Israël, admettant que la poursuite de la colonisation ne contribuait pas à l'établissement de la paix.
(Steve Holland avec Jeffrey Heller à Jérusalem et Mostafa Hashem au Caire; Nicolas Delame, Pierre Sérisier et Marc Angrand pour le service français)
reuters.com