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Santé: Les candidats rivalisent sur les remboursements

reuters.com

Publié le 21 février 2017 à 17:51 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:48

Sante: les candidats rivalisent sur les remboursements

Sante: les candidats rivalisent sur les remboursements

© Regis Duvignau / Reuters

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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les principaux candidats à l'élection présidentielle rivalisent de propositions pour améliorer les remboursements de soins et comptent sur la prévention et une rationalisation du système de santé français pour réduire le déficit de la Sécurité sociale.

Une convergence qui colle aux souhaits des Français révélés par un sondage publié à l'occasion d'une audition de cinq candidats organisée mardi par la Mutualité Française.

Selon cette enquête, les Français font de l'accès aux soins pour tous et du financement de la protection sociale deux enjeux majeurs de la campagne présidentielle.

Plus de huit sur dix jugent que la réduction du déficit de la Sécurité sociale passe d'abord par l'amélioration du système de santé (89%), le contrôle des abus (88%) et la prévention (83%), non par des restrictions de remboursement (25% à 37%).

Le candidat de la droite, François Fillon, a définitivement enterré lundi l'idée, décriée jusque dans son camp, de centrer l'assurance maladie sur les affections graves et de laisser mutuelles et assurances privées couvrir "les petits risques".

"J'ai voulu placer la santé au coeur de mon projet. Ça m'a valu d'être caricaturé, d'être dénoncé comme le chantre de la privatisation de la Sécurité sociale et le faux nez des assureurs privés", s'est-il encore plaint lors de son audition.

Son projet révisé, également exposé dans Le Parisien, ressemble désormais sur nombre de points à celui d'Emmanuel Macron et sur d'autres aux propositions de la présidente du Front national, Marine Le Pen.

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L'ex-ministre de l'Economie de François Hollande n'a d'ailleurs pas manqué d'ironiser : "Parfois on dit que vous n'avez pas de programme, mais on peut le recopier."

FILLON : 20 MILLIARDS D'EUROS D'ÉCONOMIES EN CINQ ANS

François Fillon veut ramener l'assurance maladie à l'équilibre d'ici à 2022 en faisant 20 milliards d'euros d'économies en cinq ans et en maintenant l'objectif annuel d'évolution des dépenses (Ondam) sous 2%.

Il mise notamment sur la chasse aux soins inutiles, au "recours excessif à l'hôpital", aux fraudes et abus, à la "bureaucratie excessive", notamment dans les établissements hospitaliers, ainsi que sur le développement du numérique.

Comme Marine Le Pen, il promet de supprimer l'aide médicale d'Etat (AME) "pour mettre fin à la pression de l'immigration irrégulière" sur le système de santé.

Il propose en revanche que l'Assurance maladie rembourse à 100% le coût de "lunettes de qualité" pour les enfants.

Il vise un remboursement le "plus proche possible" de 100% d'ici 2022 pour les dépenses les plus coûteuses, dont l'optique, les prothèses dentaires et audio, les dépassements d'honoraire.

Cela suppose, a-t-il précisé, "un nouveau partenariat entre la Sécurité sociale et les complémentaires", sous la houlette d'une "Agence de garantie de la couverture solidaire", qui contrôlera l'évolution des cotisations des mutuelles.

Il promet en revanche d'abroger le tiers payant obligatoire et généralisé, mis en place pendant l'actuel quinquennat.

En matière de prévention, il promet un "grand plan santé à l'école" et une consultation approfondie et remboursée tous les deux ans pour tous les Français.

Contre les déserts médicaux, il propose de régionaliser le "numerus clausus" pour les études médicales, de développer les structures d'urgence pour les premiers soins, et d'inciter les médecins retraités à reprendre une activité à temps partiel.

Etablissements de santé privés et médecins libéraux auront pour leur part la possibilité d'exercer des missions de service public au sein de "groupements de santé de territoire".

L'entourage du candidat admet que la modernisation du système de santé aura un coût, qu'il ne chiffre pas. Il assure en revanche que rembourser à 100% les lunettes ne coûtera que "quelques centaines de millions d'euros" en plus.

MACRON : UN SERVICE SANITAIRE DE TROIS MOIS

Le candidat d'"En Marche !" propose de faire 15 milliards d'euros d'économies par rapport à la tendance spontanée de croissance des dépenses de santé pendant le quinquennat, tout en maintenant l'Ondam à 2,3% sur la période.

"On ne peut pas avoir un système de santé qui a une augmentation substantiellement et durablement supérieure à notre croissance", déclare-t-il, tout en assurant qu'"aucun soin utile ne doit être déremboursé", qu'il soit "petit ou gros".

Il mise sur la prévention, qu'il veut développer en jouant notamment sur la rémunération des professionnels de santé, dont les médecins libéraux.

Il propose aussi un "service sanitaire" de trois mois auquel seront astreints les 48.000 étudiants des professions de santé, pour faire du dépistage et de la prévention, en priorité dans les zones rurales et les quartiers difficiles.

Il souhaite plafonner à 50% la tarification à l'activité pour les hôpitaux, afin de permettre un financement équilibré "avec des rémunérations plus pertinentes".

Il s'engage par ailleurs à généraliser la vente des médicaments à l'unité, à développer la médecine ambulatoire "pour que les gens restent moins à l'hôpital" et à porter à 2.000 le nombre de maisons de santé.

Il propose de revenir sur le tiers payant généralisé, pour le laisser "à la main des professionnels", afin de "permettre son augmentation régulière".

Il promet en revanche 100% de prise en charge des lunettes, des prothèses dentaires et audio à l'horizon 2022.

Une mesure assortie de la mise en concurrence des mutuelles et des assureurs d'une part, des fabricants d'autre part.

Emmanuel Macron propose enfin d'investir cinq milliards d'euros en cinq ans dans l'innovation technique médicale.

LE PEN : UNE NOUVELLE BRANCHE DE LA SÉCURITÉ SOCIALE

Marine Le Pen, qui n'a pas participé au débat organisé par la Mutualité française, propose de créer une nouvelle branche de la Sécurité sociale dédiée à la dépendance et plaide pour une prise en charge collective de son coût.

Pour assainir les finances du système de santé, la candidate du FN propose, outre la suppression de l'AME, de créer une nouvelle Carte vitale, biométrique et fusionnée avec la carte d'identité pour lutter contre la fraude.

Selon un document du FN, elle promet d'engager un "bras de fer avec l'industrie pharmaceutique pour faire baisser le prix des médicaments" tout en généralisant la vente à l'unité.

Elle s'engage à relever le numerus clausus, qui limite aujourd'hui l'accès aux études de santé, afin de remplacer les nombreux médecins partant à la retraite et d'éviter "le recours massif aux médecins étrangers", précise le document du FN.

Pour lutter contre les déserts médicaux, elle propose d'instaurer un stage d'internat dans les zones concernées, de maintenir "au maximum les hôpitaux de proximité" et d'augmenter les effectifs de la fonction publique hospitalière.

HAMON : PRIORITE A LA LUTTE CONTRE LES MALADIES CHRONIQUES

Le candidat socialiste, Benoît Hamon, veut donner la priorité à la lutte contre les maladies chroniques, dont souffrent selon lui 15 millions de personnes en France.

"Il s'agit de prendre le tournant de la santé environnementale", a-t-il expliqué.

Cela passe aussi, selon lui, par la lutte contre les addictions, notamment à l'alcool et au tabac, par un plan en faveur d'une alimentation équilibrée, par l'éradication des perturbateurs endocriniens, de la pollution aux particules fines, notamment des moteurs diesel.

Il propose le remboursement par la Sécurité sociale d'une activité physique adaptée pour tout patient souffrant d'une maladie chronique.

Il promet par ailleurs, pour faciliter l'accès aux soins des plus défavorisés, d'intégrer le régime de l'AME à la couverture maladie universelle et s'engage à faire en sorte que le prix des médicaments coûteux soit renégocié à la baisse.

Il souhaite enfin "faciliter la reconnaissance du burn out" en tant que maladie professionnelle et plaide pour une aide médicale à mourir dans la dignité en cas de maladie incurable.

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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