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Marine Le Pen refuse d'être entendue sur les assistants du FN

reuters.com

Publié le 24 février 2017 à 09:55 - Mis à jour le 24 février 2017 à 16:00

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

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par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a refusé de se rendre mercredi dernier à une convocation de la police dans l'enquête sur les assistants parlementaires du Front national au Parlement européen, a-t-on appris auprès de son avocat et de source judiciaire.

La dirigeante du parti d'extrême droite était convoquée à Nanterre (Hauts-de-Seine) dans le cadre d'une audition libre, a précisé à Reuters son avocat, Me Rodolphe Bosselut, confirmant une information du Monde.

Marine Le Pen "a été convoquée mercredi par une convocation dont elle a pris connaissance le mardi soir tard à son retour du Liban", a-t-il dit.

"Elle considère que le risque c'est l'instrumentalisation de la justice durant la campagne électorale", a-t-il ajouté.

"Elle se rendra à toute convocation après les élections", a assuré Me Bosselut, refusant de préciser s'il parlait des élections présidentielle ou législatives.

Selon Le Monde, le courrier qu'elle a adressé aux enquêteurs indique qu'elle ne se rendra à aucune convocation jusqu'aux législatives des 11 et 18 juin.

Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a dénoncé l'attitude d'une dirigeante qui ne saurait "se placer au-dessus des lois".

"Aucun responsable politique ne peut refuser s'il est républicain de déférer à une convocation de la Justice. Le respect de l'autorité de l'Etat et des institutions commence par cela", a-t-il déclaré à la presse. "Lorsqu'on prétend aux plus hautes responsabilités, on ne peut se placer au-dessus des lois de la République".

L'information judiciaire sur les assistants parlementaires du Front national au Parlement européen, ouverte en décembre dernier par le parquet de Paris, a connu une forte accélération cette semaine, alors que Marine Le Pen était en déplacement au Liban.

Lundi, le siège du FN à Nanterre a fait l'objet d'une perquisition.

Mercredi, la chef de cabinet de Marine Le Pen, Catherine Griset, et son garde du corps, Thierry Légier, ont été placés en garde à vue. La justice soupçonne Catherine Griset et Thierry Légier d'avoir été employés fictivement à Bruxelles. La dirigeante d'extrême droite assure qu'ils l'assistaient à la fois au Parlement européen et au FN.

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A l'issue de sa garde à vue mercredi, Thierry Légier a été relâché sans qu'il soit présenté à des juges d'instruction "en l'état", avait-on alors appris de source judiciaire. Catherine Griset a de son côté été présentée aux magistrats, et mise en examen pour recel d'abus de confiance.

C'est le même jour que Marine Le Pen était convoquée.

LA JUSTICE NE DOIT PAS "PERTURBER" LA CAMPAGNE

Ce soir-là, sur TF1, la présidente du FN avait fustigé un "risque très lourd d'instrumentalisation de la justice", ajoutant contester "formellement" les faits.

"Cette enquête a été ouverte il y a deux ans, c'est quand même assez étonnant que brutalement, deux mois avant la présidentielle, il y ait cette très forte activité judiciaire", avait-elle dit.

"La justice (...) ne doit pas venir perturber (...) la campagne présidentielle car c'est un moment démocratique fondamental pour notre pays."

Marine Le Pen est protégée par l'immunité parlementaire que lui confère son mandat de député européenne, et elle ne peut faire l'objet d'aucune mesure coercitive. Pour cela, il faudrait que les juges demandent la levée de son immunité, ce qui n'a pas été fait "pour le moment", a-t-on appris de source judiciaire.

Le vice-président du FN, Florian Philippot, a prévenu au début du mois que Marine Le Pen resterait candidate à la présidentielle même si elle était mise en examen.

L'enquête vise de possibles faits d'abus de confiance, escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé. Tout a démarré avec un rapport de l'Office européen de lutte contre la fraude (Olaf), qui a conduit le Parlement européen a réclamer à la présidente du FN le remboursement de près de 300.000 euros, ce qu'elle refuse.

Marine Le Pen, dont la popularité n'a pas été atteinte jusqu'à présent par cette affaire, et qui caracole toujours en tête des sondages pour le premier tour de l'élection présidentielle, estime que les soupçons de l'Olaf ont été nourris par une simple régularisation comptable dont elle dit avoir fourni "toutes les preuves".

Elle dénonce une "collusion" entre l'Olaf et le Parlement européen et a déposé une plainte auprès du parquet de Bruxelles pour "faux intellectuel" visant la directrice de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) et le secrétaire général du Parlement européen, Klaus Welle.

(avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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