Un nouveau parti à gauche en Italie, épine dans le pied de Gentiloni
reuters.com

Un nouveau parti a gauche en italie, epine dans le pied de gentiloni
© Alessandro Bianchi / Reuters
reuters.com

Un nouveau parti a gauche en italie, epine dans le pied de gentiloni
© Alessandro Bianchi / Reuters
par Crispian Balmer
ROME (Reuters) - Un nouveau mouvement de gauche détient l'équilibre du pouvoir au sein du Sénat italien, ce qui complique les choses pour le président du Conseil Paolo Gentiloni alors qu'il va devoir prendre une série de décisions économiques délicates.
Le Mouvement démocratique et progressiste (MDP) a été créé par plusieurs "frondeurs" qui ont fait scission avec le reste du Parti démocrate (PD, centre gauche) durant le week-end, à la suite d'une brouille avec l'ex-chef du gouvernement Matteo Renzi, lequel a remis en jeu son mandat à la tête du parti afin de réaffirmer son contrôle sur les instances dirigeantes.
Plutôt que d'essayer de faire élire à la tête du PD l'un des leurs, les frondeurs ont préféré partir et créer un nouveau parti; ils ont annoncé mardi qu'ils avaient le soutien de 37 députés à la chambre basse et de 14 sénateurs.
Lorsque la rumeur de la scission a enflé la semaine dernière, certaines sources au sein du PD laissaient entendre qu'un nombre plus grand de parlementaires allaient quitter le parti. Mais même si, au bout du compte, ils sont relativement peu, ils risquent de causer des problèmes à Paolo Gentiloni.
"Il suffit de quelques voix pour que la coalition tangue au Sénat", a déclaré le chef de la faction PD à la chambre haute, Luigi Zanda. "Sans aucun doute, cette scission accroît l'instabilité du pays", dit-il au journal Il Messaggero.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

LE M5S, BENEFICIAIRE DES TURBULENCES?
Matteo Renzi a démissionné de la tête du gouvernement en décembre à la suite de sa cinglante défaite au référendum sur la réforme constitutionnelle, et il a été remplacé par Paolo Gentiloni, un pilier du Parti démocrate.
Pour entrer en fonctions, celui-ci a dû obtenir la confiance des parlementaires, et si cela a été aisé à la Chambre des députés, il n'a eu que onze sièges de majorité au Sénat, ce qui signifie que le MDP dispose de suffisamment de sièges pour le faire tomber lors des votes à venir, si tel est son souhait.
Le nouveau mouvement, qui compte parmi ses partisans l'ancien président du Conseil Massimo D'Alema et l'ex-ministre de l'Industrie Pier Luigi Bersani, s'est engagé à soutenir Paolo Gentiloni, mais sa fidélité effective sera testée dès les semaines à venir, lorsque le gouvernement devra affronter le casse-tête budgétaire.
L'Union européenne demande à l'Italie de réduire de 3,4 milliards d'euros le budget de l'Etat cette année. Le cabinet Gentiloni n'a pas dit pour l'heure s'il s'y soumettrait, mais si tel est le cas, il pourrait envisager de procéder soit à des privatisations soit à des hausses d'impôt - ce que le MDP risque fort de frapper d'anathème, alors même qu'il doit affirmer son image de gauche.
L'un des grands bénéficiaires des turbulences au sein de la gauche italienne pourrait bien être le parti anti-establishment M5S, qui, à en croire certains sondages, dépasse d'ores et déjà le PD en termes d'intentions de vote.
(Eric Faye pour le service français)
reuters.com