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Emmanuel Macron promet une loi anti-"népotisme"

reuters.com

Publié le 02 mars 2017 à 06:38 - Mis à jour le 02 mars 2017 à 11:50

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PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron propose un plan de moralisation de la vie publique en réponse aux affaires qui fragilisent la campagne du candidat de la droite à l'élection présidentielle, François Fillon, dans son projet présenté jeudi.

L'ancien ministre de l'Economie et candidat d'"En Marche !" promet, s'il est élu en mai, d'interdire aux élus et ministres toute embauche d'un membre de leur famille et d'interdire aux parlementaires d'exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat, pour mettre fin aux conflits d'intérêts.

Il s'engage également à ce que toutes les indemnités des parlementaires, soient soumises à l'impôt.

"Nous fiscaliserons l'intégralité de la rémunération des parlementaires, notamment l'indemnité représentative de frais de mandat", explique-t-il dans une longue interview accordée au Parisien. Si un parlementaire a des frais liés à son activité, "il peut les déduire mais il doit donner ses justificatifs, contrôlables par le fisc."

Ces mesures, destinées à s'inscrire dans une "grande loi de moralisation de la vie publique", veulent répondre aux questions soulevées par les soupçons qui valent au candidat de la droite, François Fillon, d'être convoqué par des juges d'instruction le 15 mars.

C'est aussi un des engagements pris par le candidat d'"En Marche !" dans le cadre de son alliance avec le président du MoDem, François Bayrou. Il s'agit de "mettre fin au népotisme", souligne-t-il dans Le Parisien.

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Il promet aussi de supprimer le régime spécial de retraite des parlementaires pour les rattacher au régime général.

"Il faudra aussi que des nouvelles règles s'appliquent à toutes les fonctions électives et ministérielles", dit-il.

Plus généralement, il s'engage à rénover la démocratie par une série de réformes institutionnelles, dont certaines nécessitent sans doute une révision de la Constitution.

MOINS DE PARLEMENTAIRES ET DE DÉPARTEMENTS

Il promet ainsi de réduire "d'environ un tiers" le nombre de députés et sénateurs, d'interdire le cumul de plus de trois mandats identiques successifs et de contraindre les partis à respecter une parité réelle dans la représentation nationale.

Dans le document de synthèse de son projet, il n'est en revanche pas question d'un changement de mode de scrutin.

Lors d'une conférence de presse, il s'est déclaré favorable à l'introduction d'une "dose de proportionnelle" dans les élections mais s'est borné à dire qu'il aurait à "travailler" sur cette question, sans fixer d'échéance.

"Nous allons maintenant travailler aux modalités, d'abord de mise en oeuvre et ensuite d'équilibre", a-t-il dit. "Je ne suis pas favorable à la proportionnelle intégrale mais je suis favorable à une dose de proportionnelle qui, je pense, permet de mieux refléter le pluralisme de notre vie politique."

Emmanuel Macron s'engage par ailleurs à supprimer "au moins un quart" des départements, lit-on dans le document de synthèse du "contrat avec la nation" qu'il propose.

Pour accélérer l'examen des textes législatifs, il entend faire de la procédure d'urgence la procédure "par défaut".

Il souhaite que les parlementaires passent plus de temps à évaluer et contrôler l'action du gouvernement et mettent en place de nouveaux dispositifs d'évaluation du travail législatif associant leurs administrés, comme des jurys citoyens ou des compte-rendus de mandat sur les réseaux sociaux.

Il promet de rendre compte lui-même chaque année, s'il est élu, de la mise en oeuvre de ses engagements et de son "bilan national et européen" devant le Parlement réuni en Congrès.

Dans Le Parisien, Emmanuel Macron refuse de qualifier son programme "de droite", "de gauche", "du centre" ou ni l'un ni l'autre. "La seule chose qui compte, c'est l'efficacité. Il y a simplement des programmes qui marchent et d'autres qui ne marchent pas", explique-t-il.

S'il s'engage personnellement sur une douzaine de chantiers prioritaires - la réforme de l'école, les rapports au travail, la modernisation de l'économie et du modèle de croissance "qui doit être plus écologique", la moralisation de la vie publique et la relance de l'Europe - il assure qu'il n'entend pas être un président "responsable de tout".

"Mais je veux un Premier ministre fort, pas un collaborateur", ajoute l'ancien ministre de François Hollande. Une allusion à la façon dont l'ancien président Nicolas Sarkozy avait qualifié son chef de gouvernement, François Fillon.

(Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet)

reuters.com

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