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Valls lâche Hamon et veut préparer une future majorité

reuters.com

Publié le 13 mars 2017 à 22:21 - Mis à jour le 14 mars 2017 à 22:10

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PARIS (Reuters) - Manuel Valls ne parrainera pas le candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, et compte, avec des élus de sa sensibilité, empêcher un second tour Le Pen-Fillon et se préparer à participer à une future majorité présidentielle.

Réunis mardi soir à l'Assemblée nationale autour du finaliste malheureux de la primaire de la gauche, de nombreux élus de l'aile social-démocrate du PS ont décidé d'attendre avant d'éventuellement choisir de soutenir Emmanuel Macron.

L'ancien ministre de l'Economie de Manuel Valls est, selon les sondages, le meilleur candidat pour empêcher une victoire de la candidate du Front national, Marine Le Pen, le 7 mai.

"Nous regarderons à l'aune de ce qui pourrait se passer dans les semaines qui viennent du risque d'un deuxième tour Front national-droite pour voir ce que nous ferons", a déclaré Didier Guillaume, proche de Manuel Valls, résumant la réunion à des journalistes.

"Nous prendrons nos responsabilités mais aujourd'hui il faut que la campagne se déroule, il faut laisser passer la fin des parrainages, il faut laisser passer le week-end, le débat de lundi", a ajouté le président du groupe socialiste au Sénat, une référence au premier débat télévisé entre les grands candidats.

Il faut, a poursuivi Didier Guillaume, rester groupés et "penser d'ores et déjà à créer les conditions d'une majorité parlementaire (...) sans négocier quoi que ce soit".

"Il n'y a aucun intérêt à aller vers quelque maison d'hôtes que ce soit à l'heure actuelle", a-t-il ajouté, une référence à Emmanuel Macron qui a déclaré qu'il n'avait "pas fondé une maison d'hôtes (...) On n'est pas encore aux législatives".

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VALLS MET EN GARDE CONTRE UNE "DÉRIVE SECTAIRE"

Manuel Valls, a expliqué sa décision de ne pas parrainer le candidat socialiste par "les dérives stratégiques voulue par Benoît Hamon", en précisant qu'il ne parrainerait personne, et "il a évoqué les risques de dérive sectaire liés au fait par exemple (de) dire qu'Emmanuel Macron est le marchepied du Front national", a poursuivi Didier Guillaume.

Benoît Hamon a déploré l'absence de soutien de Manuel Valls.

"Je ne me sens pas trahi mais sans doute les électeurs de la primaire se sentent-ils aujourd'hui trahis", a dit l'ancien ministre de l'Education, quatrième dans les intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle, sur TF1.

"En démocratie, le respect de la parole donnée, c'est important. En démocratie, le respect de l'issue du scrutin, c'est important", a-t-il ajouté. "Comment lutter efficacement contre le Front national quand soi-même on ne respecte pas le verdict des urnes ?", s'est-il interrogé.

Lors de la primaire organisée par le PS, en janvier, Manuel Valls s'était engagé à se conformer au résultat en soutenant, même de loin, le vainqueur en dépit de ses désaccords de fond.

Face à la perspective d'un score très élevé de Marine Le Pen au premier tour, suggéré par les sondages qui la placent en tête, la question du "vote utile" se fait de plus en plus pressante au sein du PS et au sein même du gouvernement.

L'entourage de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et poids lourd du gouvernement, a notamment confirmé la semaine dernière qu'il était en "discussion" avec Emmanuel Macron en vue d'un éventuel ralliement.

Benoît Hamon a appelé mardi "ces Français de gauche à submerger les petits calculs, à submerger ceux qui pensent au coup d'après", en faisant de son meeting dimanche à Paris un grand succès.

Plusieurs élus socialistes "réformateurs" s'étaient prononcés mardi matin pour une alliance avec Emmanuel Macron.

"Il faut que les socialistes aujourd'hui réfléchissent à entrer dans une majorité de coalition s'il y en a besoin pour stabiliser le gouvernement" au cas où Emmanuel Macron entrerait à l'Elysée, a dit le député Gilles Savary.

"Il se trouve que la ligne politique d'Emmanuel Macron se situe dans celle que nous défendons depuis longtemps, une ligne progressiste, réformiste, social-démocrate", a renchéri son collègue François Loncle.

(Jean-Baptiste Vey, Emile Picy, Elizabeth Pineau, Myriam Rivet, Bate Felix et Simon Carraud)

reuters.com

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