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Le patron de l'Eurogroupe au coeur d'une vive polémique

reuters.com

Publié le 22 mars 2017 à 12:36 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:40

Dijsselbloem, le president de l'eurogroupe, cree la controverse

Dijsselbloem, le president de l'eurogroupe, cree la controverse

FRANCOIS LENOIR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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BRUXELLES (Reuters) - Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, est au centre d'une vive polémique à la suite de propos sur les pays du sud de l'Europe jugés xénophobes, racistes et sexistes.

Le ministre néerlandais des Finances a répondu mercredi à ceux qui réclament sa démission qu'il excluait de quitter ses fonctions.

Dans un entretien publié lundi par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, il semble établir une comparaison entre les pays du sud de l'Europe ayant reçu une aide financière de l'Union européenne et un individu qui dépenserait tout son argent "en alcool et en femmes".

"Durant la crise de l'euro, les pays du nord ont fait montre de solidarité avec les pays touchés par la crise. En tant que social-démocrate, j'accorde une importance exceptionnelle à la solidarité. Mais on a aussi des obligations. Je ne peux pas dépenser tout mon argent en 'schnaps' et en femmes et ensuite vous demander de l'aide", dit-il.

"Ce principe vaut aux niveaux personnel, local, national et même européen", ajoute-t-il.

Dénonçant des propos "racistes, xénophobes et sexistes", le Portugal a réclamé mercredi sa démission.

"L'Europe ne sera crédible que le jour où M. Dijsselbloem aura démissionné de la présidence de l'Eurogroupe et aura clairement présenté des excuses à tous les pays et à tous les peuples qu'il a profondément offensés", a dit le Premier ministre portugais, Antonio Costa, dont le pays, à l'instar de la Grèce, a dû en passer par un plan de renflouement financier.

L'ancien président du Conseil italien Matteo Renzi a suggéré au président de l'Eurogroupe de réserver ses insultes envers l'Italie "au bar des sports en bas de chez lui, mais pas en sa qualité de représentant institutionnel".

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"JE REGRETTE"

Jeroen Dijsselbloem a exprimé mercredi ses regrets pour les propos tenus dans l'interview mais a exclu de démissionner.

"Je regrette que mes propos aient pu blesser. C'était direct, et cela peut s'expliquer par la culture néerlandaise et calviniste de franchise", a-t-il dit. "Je n'ai pas l'intention de démissionner", a-t-il ajouté.

En Espagne, dont le secteur bancaire a bénéficié d'un soutien financier, le député Esteban Gonzalez Pons a déploré "une insulte raciste et machiste aux pays du Sud et à leurs femmes". Lui aussi a réclamé la démission du Néerlandais.

A Bruxelles, la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a estimé qu'il avait commis une erreur. "Je peux dire que je n'aurais pas dit cela. Et je pense que c'est une erreur", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

Le gouvernement néerlandais a réaffirmé son plein soutien à Jeroen Dijsselbloem. "Notre position n'a pas changé", a dit à Reuters un responsable gouvernemental proche du Premier ministre, Mark Rutte. "Le Premier ministre (Mark) Rutte a assuré que nous soutenions pleinement Dijsselbloem dans son rôle au sein de l'Eurogroupe".

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a lui aussi volé au secours du président de l'Eurogroupe, déclarant qu'il appréciait beaucoup son travail à ce poste et ne souhaitait pas commenter des propos tenus dans une interview.

Le mandat du Néerlandais à la présidence de l'Eurogroupe s'achève en janvier 2018. Il jouit de la considération des 18 autres ministres des Finances de l'Eurogroupe et des institutions de l'UE mais la débâcle de sa formation politique, le Parti travailliste (PvdA), aux élections législatives, mercredi dernier aux Pays-Bas, a fragilisé sa situation.

Jeroen Dijsselbloem était ministre des Finances du gouvernement sortant de coalition. Le groupe travailliste au Parlement ayant fondu de 38 à neuf élus, la participation du PvdA au futur gouvernement semble très compromise et son mandat pourrait donc être remis en question.

(Jan Strupczewski, avec Andrei Khalip et Axel Bugge à Lisbonne, Paul Carrel à Berlin,; Véronique Tison, Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

reuters.com

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