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L'armée irakienne contrainte de repenser sa stratégie à Mossoul

reuters.com

Publié le 27 mars 2017 à 15:51 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:39

L'armee irakienne doit repenser sa strategie pour reprendre mossoul

L'armee irakienne doit repenser sa strategie pour reprendre mossoul

YOUSSEF BOUDLAL

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Patrick Markey

MOSSOUL, Irak (Reuters) - Perchés sur les toits de bâtiments dévastés à Mossoul, les tireurs d'élite de l'armée irakienne ont en ligne de mire le minaret de la mosquée Al Nouri.

C'est un lieu symbolique, car c'est là où le chef du groupe Etat islamique, Abou Bakr al Baghdadi, proclama en 2014 un califat à cheval sur l'Irak et la Syrie.

L'édifice, sur lequel flotte toujours le drapeau noir des djihadistes, semble narguer les forces gouvernementales dont la progression s'est arrêtée à l'entrée de la Vieille ville, sur la rive ouest du Tigre.

Seules quelques centaines de mètres séparent la ligne de front de la mosquée, mais leur franchissement s'annonce comme la partie la plus difficile de la reconquête de la ville lancée il y a six mois.

Le tissu urbain est fait d'un enchevêtrement de rues étroites et de ruelles interdisant le passage de véhicules blindés. Même ceux qui sont nés dans ce quartier, dont les origines remontent à l'empire assyrien, reconnaissent qu'il leur arrive parfois de s'y égarer.

Exploitant au mieux cette topographie complexe, les djihadistes, certains irakiens, d'autres étrangers, mais tous parfaitement préparés et entraînés, ont creusé des tunnels pour se déplacer à l'abri.

"Ils circulent à moto à la recherche de positions élevées sur des immeubles et ils ont des tunnels entre les maisons", raconte Walid, un habitant qui a réussi à fuir.

La progression des troupes irakiennes devra se faire porte par porte au milieu des pièges, voitures ou engins explosifs artisanaux, dissimulés par les djihadistes qui sont déterminés à opposer une résistance farouche.

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"On n'entre pas dans les ruelles, c'est trop dangereux. Parfois, on tombe sur eux par surprise, parfois c'est eux qui nous surprennent", explique Abou Taïb, un policier fédéral.

Le quartier de la Vieille ville présente un autre inconvénient : il est densément peuplé. Le risque de pertes civiles est d'autant plus grand que les combattants de Daech utilisent des boucliers humains, selon plusieurs témoignages.

DEUXIÈME FRONT

La progression de la coalition progouvernementale a été ralentie depuis plus d'une semaine par un incident qui aurait fait, selon les différents bilans, entre 60 et plus de 200 morts.

Un bombardement aérien sur des positions de l'EI dans le quartier d'Al Djadidah aurait provoqué le 17 mars l'effondrement d'un immeuble, engloutissant sous les décombres des dizaines de victimes.

Les circonstances du drame n'ont toujours pas été clairement établies. Certains évoquent l'explosion d'un véhicule piégé. Mais il pourrait s'agir de la bavure la plus meurtrière depuis le début de l'intervention américaine en Irak en 2003.

Si la prise de la partie est de Mossoul s'est faite avec une relative rapidité, celle de la partie ouest oblige à repenser la stratégie militaire de la coalition.

Les forces irakiennes envisagent d'isoler la Vieille ville tout en ouvrant un second front au nord afin de diviser les forces djihadistes et d'affaiblir leur capacité de résistance, explique le général américain John Richardson, membre du commandement coalisé.

"Ils savent que la Vieille ville est le centre de gravité et qu'ils devront finir par la nettoyer. La mosquée est symbolique. Ils rencontrent une résistance plus forte mais cela tient au terrain plus qu'à l'ennemi", dit-il.

Selon des sources policières et militaires, la stratégie initiale était de boucler la Vieille ville et d'évacuer les civils afin de permettre aux hommes du Service du contre-terrorisme de mener des incursions.

Faire appel à la 9e division de l'armée irakienne dans le nord obligerait les djihadistes à combattre sur un second front en dehors de la seule Vieille ville, afin de réduire les risques de pertes civiles.

"On sait qu'une fois la mosquée tombée, ce sera la fin du califat", résume le sergent Hassan, tireur d'élite de la police fédérale irakienne. "Mais pour l'instant, on essaie de protéger les familles qui s'enfuient".

(Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

reuters.com

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