Donald Trump a ordonné des frappes sur une base du régime syrien
reuters.com

Donald trump a ordonne des frappes sur une base du regime syrien
CARLOS BARRIA
reuters.com

Donald trump a ordonne des frappes sur une base du regime syrien
CARLOS BARRIA
par Phil Stewart et Steve Holland
PALM BEACH, Floride (Reuters) - Le président américain a annoncé jeudi avoir ordonné une frappe militaire ciblée sur une base aérienne en Syrie d'où a été menée l'attaque chimique de mardi, déclarant avoir agi dans "l'intérêt de la sécurité nationale" contre le président syrien Bachar al Assad.
Signe d'une intensification soudaine de l'action des Etats-Unis en Syrie, 59 missiles ont été tirés sur une base aérienne du gouvernorat d'Homs, depuis deux navires de guerre américains en Méditerranée en réponse à l'attaque au gaz de Khan Cheikhoune, ont précisé des responsables américains.
Avec cette frappe, Donald Trump a pris la mesure militaire américaine la plus directe depuis le début de la guerre en Syrie il y a six ans. Une décision qui accroît le risque d'une confrontation avec la Russie et l'Iran, les deux principaux alliés de Bachar al Assad.
L'opération est ponctuelle, a déclaré un responsable du Pentagone, ce qui laisse douter que les tirs augurent d'un changement radical de la politique américaine en Syrie, Trump ayant promis à ses électeurs de faire passer les affaires intérieures en premier.
"Pendant des années les tentatives pour changer le comportement d'Assad ont toutes échoué, échoué lamentablement", a déclaré Trump depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, où il recevait le président chinois Xi Jinping.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Le président américain a estimé que le rôle du régime dans l'attaque de Khan Cheikhoune qui a fait au moins 70 morts, dont de nombreux enfants, était incontestable. Le gouvernement syrien a démenti toute implication.
"Il est dans l'intérêt vital pour la sécurité nationale des Etats-Unis de prévenir et dissuader la propagation et l'usage d'armes chimiques mortelles", a déclaré le président américain.
"Ce soir j'appelle toutes les nations civilisées à nous rejoindre pour chercher à mettre fin au massacre et au bain de sang en Syrie et également à mettre fin aux terrorismes de tous types", a-t-il ajouté.
LA RUSSIE PRÉVENUE
Le secrétaire d'Etat Rex Tillerson a justifié la frappe par l'échec de Moscou à faire respecter l'accord sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien en 2013, estimant que la Russie était soit complice, soit incompétente, sur le sujet.
"Nous pensons que la frappe était proportionnée", a-t-il déclaré.
Le Pentagone a fait savoir que les forces russes avaient été informées à l'avance des tirs de missile sur la base aérienne et que les zones susceptibles de les abriter n'avaient pas été visées. Les Etats-Unis n'ont cependant pas cherché à obtenir l'aval de Moscou, a-t-on précisé.
L'armée américaine a eu de "multiples" conversations avec les forces russes jeudi avant l'attaque, par le biais d'une ligne de communication établie pour éviter des heurts accidentels dans la lutte contre l'Etat islamique, a précisé le capitaine Jeff Davis, porte-parole du Pentagone.
Près de 60 missiles de croisière de type Tomahawk ont été tirés depuis deux destroyers de l'U.S. Navy en mer Méditerranée, contre plusieurs cibles de la base de "Shayrat", dans la région d'Homs, dans l'ouest de la Syrie, a-t-il déclaré.
"Les premières informations indiquent que la frappe a sévèrement endommagé ou détruit des avions syriens, ainsi que des infrastructures et des équipements de la base aérienne de Shayrat, réduisant la capacité du gouvernement syrien à lancer des armes chimiques", a-t-il poursuivi.
Selon un responsable américain, les missiles ont atteint leurs cibles à 03h45 (00h45 GMT) vendredi.
DES "PERTES" ET DES DÉGÂTS MATÉRIELS
La télévision syrienne rapporte qu'une base militaire a été la cible d'une "agression américaine" d'un "certain nombre de missiles". L'attaque a causé "des pertes", rapporte une source militaire citée par la télévision syrienne.
"Je crois - si Dieu le veut -- que les victimes humaines ne sont pas nombreuses, mais il y des dégâts matériels. Nous espérons qu'il n'y aura pas de nombreuses victimes et martyrs", a déclaré le gouverneur d'Homs, Talal Barazi, joint par Reuters.
Le gouverneur de la province de l'ouest a dénoncé en outre une frappe servant la cause des "groupes terroristes".
L'attaque chimique commise mardi matin sur Khan Cheikhoune, un village sous contrôle rebelle du nord-ouest de la Syrie, a provoqué un changement de ton aux Etats-Unis. "Quelque chose doit se produire" en Syrie, avait dit Trump jeudi avant la frappe.
L'émissaire russe aux Nations unies Vladimir Safronkov, a mis en garde jeudi contre les "conséquences négatives" de frappes militaires américaines en Syrie.
A l'été 2013, à la suite d'une précédente attaque chimique qui avait fait des centaines de morts près de Damas, Barack Obama avait jugé que le régime Assad avait franchi une "ligne rouge" et semblait sur le point d'ordonner des frappes militaires avant d'y renoncer au profit de négociations avec la Russie.
Trump a mentionné mercredi cet épisode du conflit syrien, estimant que son prédécesseur démocrate avait alors gâché une "grande occasion" de résoudre la crise.
(avec Kinda Makieh à Damas, Tom Perry et Ellen Francis à Beyrouth, Mohamed el-Sherif au Caire; Julie Carriat pour le service français)
reuters.com