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Le duel à distance entre Fillon et Macron tourne à l'aigre

reuters.com

Publié le 11 avril 2017 à 07:57 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:36

Le duel a distance entre fillon et macron tourne a l'aigre

Le duel a distance entre fillon et macron tourne a l'aigre

© Charles Platiau / Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - François Fillon, engagé dans un duel acrimonieux avec Emmanuel Macron, favori des sondages pour la présidentielle, l'a accusé mardi de mensonge et d'inconstance, s'attirant une réplique du candidat d'En Marche! sur son "peu de valeur" morale.

Distancé dans les sondages sous le poids des affaires judiciaires et des révélations sur son train de vie, voire détrôné de la troisième place par Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la droite et du centre n'a de cesse d'attaquer Emmanuel Macron, rival dont l'électorat est jugé le plus volatil à l'approche du premier tour du 23 avril.

L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, dont le socle électoral se maintient entre 17% et 20% malgré les turbulences, est convaincu de pouvoir refaire son retard dans les ultimes moments de cette campagne inédite, comme il y est parvenu pour la primaire de novembre 2016.

Son directeur de campagne, Vincent Chriqui, évoque une possible "remontée spectaculaire" au vu de l'indécision qui domine encore.

Dans ce scénario, Emmanuel Macron est jugé le plus à même de décrocher pour l'équipe de François Fillon, qui y voit la promesse d'une qualification pour le second tour.

Les soutiens du candidat veulent croire que le retour dans le giron filloniste d'électeurs de droite tentés, par dépit ou adhésion, de voter Emmanuel Macron, Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan, est encore possible, notamment grâce à la promotion inlassable du programme du député de Paris.

En 2012, le président sortant Nicolas Sarkozy avait recueilli 27,18% au premier tour de la présidentielle, un score semble-t-il hors de portée pour François Fillon à ce stade.

Qu'à cela ne tienne, le candidat pilonne le fondateur d'En Marche!, ancien ministre de l'Economie de François Hollande, dans l'espoir d'éroder sa cote de popularité.

Il insiste sur son inexpérience présumée, son incapacité à former, selon lui, une future majorité cohérente, et la "supercherie" de son aspiration au renouvellement des pratiques politiques, lui "l'héritier" de François Hollande qu'il a surnommé "Emmanuel Hollande".

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"UN HOMME DE PEU DE VALEUR"

A ces griefs, l'ancien Premier ministre a ajouté le mensonge et la versatilité en évoquant dimanche un échange privé avec Emmanuel Macron prouvant selon lui ses revirements sur la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité.

La réplique d'Emmanuel Macron, invité de Public Sénat et Sud Radio, a été cinglante : "François Fillon est un homme de peu de valeur, (...) Il a perdu tout repère : éthique, moral, de comportement."

Officiellement peu enclin à céder aux "petites phrases", Emmanuel Macron a usé du même registre dimanche dernier sur France 3 en baptisant son adversaire "François Balkany", une allusion au député LR des Hauts-de-Seine Patrick Balkany, condamné plusieurs fois par la justice.

Pour François Fillon, c'est le signe que le candidat d'En Marche! "perd ses nerfs". "Il ne supporte pas les critiques, dès qu'on le critique, il s'énerve, et il insulte ses adversaires", a-t-il dit mardi sur France 2.

"Moi je l'ai appelé Emmanuel Hollande, c'est assez différent, non? Moi je me place sur le plan de la politique et de son projet. Ça montre une chose, c'est qu'il n'a pas la carrure pour être président de la République."

Il a en outre dénoncé en lui une incarnation du "marketing politique".

"J'ai toujours défendu cette idée que la volonté de se faire aimer des hommes politiques aboutissait à l'impuissance, parce que pour se faire aimer, il faut essayer de satisfaire tout le monde, il faut être gentil avec tout le monde, il faut répondre à toutes les revendications."

"C'est exactement la situation d'Emmanuel Macron, un petit truc à gauche, à un petit truc à droite, un programme qui change en permanence, et à la fin, c'est du marketing politique", a-t-il estimé.

"François Fillon a perdu l'autorité morale qui lui permettrait d'être président de la République", a répliqué Emmanuel Macron en référence aux affaires judiciaires.

"Si le jour d'après d'après, on a quelqu'un qui n'est pas aimé, qui est disqualifié moralement, est-ce qu'on pense une seule seconde qu'il peut présider?"

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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