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Distancé, Hamon cible Macron, Mélenchon et le PS

reuters.com

Publié le 15 avril 2017 à 10:39 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:34

Distance, hamon cible macron, melenchon et le ps

Distance, hamon cible macron, melenchon et le ps

Eric Gaillard

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Benoît Hamon, largement distancé dans les sondages, récuse une nouvelle fois l'hypothèse d'un "vote utile" pour contrer le Front national et accentue ses attaques contre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, dans un entretien publié samedi dans Libération, à huit jours du premier tour de l'élection présidentielle.

Crédité de moins de 10% des intentions de vote, loin du quatuor de tête associant Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon , le candidat socialiste à l'élection présidentielle commence également à régler ses comptes avec certains membres du parti socialiste.

"L'emballement final commence", estime Benoît Hamon. "L'adversité me mobilise. Je finis la campagne en très grande forme", dit-il en se décrivant comme "un combattant".

Alors que de nombreuses figures socialistes, dont le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et l'ex-Premier ministre Manuel Valls, ont porté leur choix sur Emmanuel Macron pour contrer Marine Le Pen, le vainqueur de la primaire de la gauche se dit "confiant dans le fait que c'est l'intelligence et pas l'émotion ou les sondages qui guideront le choix des électeurs de gauche".

"Que ce soit bien clair, je suis en campagne jusqu'au bout pour convaincre et éviter que les électeurs soient tentés de choisir un 'bon candidat', alors que l'enjeu est de choisir un bon président", précise-t-il.

D'autant plus que selon lui, si Marine Le Pen a "peu de chance" de remporter la présidentielle, l'accession à l'Elysée du candidat du mouvement En Marche ! se solderait à terme par un renforcement du Front national.

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"Avec Emmanuel Macron, les classes moyennes et populaires seront plus faibles dans cinq ans qu'elles ne le sont aujourd'hui", déclare-t-il.

"Je ne vois pas en quoi cela fera baisser le FN quand ce type de programmes fait grimper l'extrême droite partout en Europe", dit-il en ajoutant qu'"Emmanuel Macron n'est pas prêt à gouverner."

"PAS DÉSIRABLE DU TOUT"

Benoît Hamon durcit également le ton contre Jean-Luc Mélenchon, qui connaît à l'inverse une dynamique favorable dans les sondages depuis quelques semaines et s'ancre dans le carré de tête des intentions de vote.

Il dénonce notamment l'"indulgence" du candidat de La France insoumise "à l'égard de pays qui restreignent les libertés publiques", ainsi que la "zone grise qu'il a volontairement entretenue sur la Russie de (Vladimir) Poutine et sur (le président syrien Bachar) al Assad".

Il réaffirme aussi ses divergences avec le cofondateur du Front de gauche sur la question européenne, qui ont fait voler en éclat le pacte de non agression que les deux candidats avaient conclu après leurs tentatives infructueuses de rapprochement.

"Je ne peux pas avoir fait ma campagne sur un futur désirable et faire l'impasse sur le fait qu'il propose de sortir de l'Europe et de l'euro ! Ce n'est pas désirable du tout", dit Benoît Hamon.

"La France a besoin de la gauche que je représente : sociale, écologiste, européenne et ouverte", estime-t-il.

Dans cet entretien, Benoît Hamon épingle également les membres de son propre parti ayant apporté leur soutien à Emmanuel Macron, évoquant "le feuilleton qui tenait du supplice chinois consistant à organiser (son) affaiblissement : celui des défections".

L'ex-frondeur critique notamment l'ancien Premier ministre Manuel Valls, qu'il avait battu lors du second tour de la primaire de la gauche fin janvier et qui a annoncé fin mars qu'il voterait pour Emmanuel Macron.

"Ce n'est pas surprenant de voir Manuel Valls ne pas respecter la démocratie puisque c'est l'homme du 49-3", dit-il en faisant allusion à l'article de la Constitution qui permet de faire adopter un texte sans vote, utilisé à deux reprises par l'ex-Premier ministre, sur la loi Travail d'août 2016 (dite "loi El Khomri") et la loi d'août 2015 sur la croissance (dite "loi Macron").

Dans un entretien de même tonalité paru samedi dans Sud-Ouest, Benoît Hamon prend date pour une clarification au sein d'un PS dont les divisions sont apparues de plus en plus flagrantes au cours de la campagne électorale.

"Le temps viendra d'analyser ce qui s'est passé et notamment les défections", indique le candidat socialiste dans les colonnes du quotidien régional en évoquant ceux qui ont fait "le choix de la défaite de leur propre camp" après la primaire.

"Dans mon camp, on a cherché à entraver ma campagne, j'en ai conscience, les électeurs sont juges", dit-il.

(Myriam Rivet, édité par Tangi Salaün)

reuters.com

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