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Le Pen semble repousser sa sortie programmée de l'euro

reuters.com

Publié le 29 avril 2017 à 09:38 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:31

La sortie de l'euro pourrait prendre un an et demi, selon le pen

La sortie de l'euro pourrait prendre un an et demi, selon le pen

ERIC GAILLARD

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - A une semaine du second tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen semble avoir revu le calendrier censé aboutir, si elle est élue, à l'abandon de l'euro en tant que monnaie unique, sans lever toutes les interrogations sur son projet.

La candidate du Front national avait initialement annoncé son intention d'entamer, après son éventuelle élection, des négociations longues de six mois avec les partenaires européens, préalable à un référendum sur l'avenir de la France dans l'UE.

Elle a précisé au cours de la campagne que ces tractations débuteraient après les élections fédérales en Allemagne, prévues à la fin du mois de septembre.

Mais des déclarations de Marine Le Pen elle-même et de sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, ont relancé samedi les questions sur les ambitions exactes du FN, qui a conscience de l'impopularité d'une telle mesure dans l'opinion.

"Si tout le monde est d'accord, on peut mettre un an, un an et demi pour organiser un retour concerté à la monnaie nationale", déclare la présidente en congé du parti d'extrême droite dans un entretien à Sud Ouest paru samedi.

"Je veux être pragmatique. Je ne veux pas le chaos. Notre pays est assez brutalisé pour ne pas créer une perturbation supplémentaire (...). Mais le fait est qu'en l'état, l'euro participe largement à la situation de dépréciation de notre économie", ajoute-t-elle.

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Le retour à une devise franco-française ne figure nulle part dans la profession de foi de Marine Le Pen, dévoilée vendredi par la Commission nationale de contrôle de la campagne.

L'accord de gouvernement scellé en fin de semaine avec le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan précise par ailleurs que "la transition de la monnaie unique à la monnaie commune européenne n'est pas un préalable à toute politique économique".

"Ça signifie qu'il y a beaucoup de mesures à mettre en oeuvre qui, toutes, ne dépendent pas de la transition de la monnaie unique vers la monnaie commune. Je pense (...) à la mise en oeuvre immédiate des budgets du CICE et des budgets qui sont actuellement accordés aux grands groupes pour la baisse des charges vers les TPE-PME", a précisé la candidate, samedi, lors d'une conférence de presse conjointe avec son nouvel allié.

"POSITION PAS TOUT À FAIT RÉALISTE"

En marge de cette conférence, Marion Maréchal-Le Pen a livré un calendrier apparemment différent de celui de sa tante, qui pourrait s'étaler sur plusieurs années, au-delà des six mois de négociations théoriquement prévus.

"De toute façon, cette position, même sur le plan des traités stricto sensu et du droit, n'apparaissait pas tout à fait réalisable. Non, ce sera un long processus, un processus mûri", a-t-elle dit à des journalistes.

"Nous attendrons 2018, c'est-à-dire des élections en Europe, dans l'espoir de voir émerger des alliés européens qui sont déjà très forts dans leurs pays respectifs, notamment en Italie, afin d'entamer ces fameuses négociations, dont la question monétaire fait partie", a ajouté la député du Vaucluse.

Le débat durera "vraisemblablement peut-être plusieurs mois ou peut-être plusieurs années", a encore dit Marion Maréchal-Le Pen, pour qui la "question de la monnaie n'est pas le seul problème économique en France".

Dans tous les cas, un référendum sera organisé à la fin du processus, assure la nièce de Marine Le Pen.

Le coordinateur du programme frontiste, que Reuters a tenté de contacter pour obtenir des précisions, n'était pas joignable dans l'immédiat.

Le sujet fait débat au sein du parti, certains cadres jugeant la promesse d'une sortie de la zone euro beaucoup trop coûteuse, voire suicidaire sur le plan électoral.

Selon un sondage Ifop pour Le Figaro et la Fondation Robert Schuman paru fin mars, près de trois quarts des Français (72%) se déclarent hostiles à un abandon de l'euro.

A l'issue de son dernier conseil européen, à Bruxelles, François Hollande a attiré samedi l'attention sur le programme du FN en la matière.

"En même temps qu'ils continuent de le penser, qu'ils continuent de le prévoir, qu'ils continuent de le préparer, ce projet dangereux de sortie de la France de la zone euro et de l'Union européenne, ils le camouflent", a-t-il estimé.

Les pourfendeurs de l'UE agissent ainsi "parce qu'ils savent bien que les Français ne veulent pas que la France sortent de l'Union et se prive de l'euro", a ajouté le président français.

Le second tour de la présidentielle, qui aura lieu le 7 mai, opposera Marine Le Pen à Emmanuel Macron, lequel a fait de ses convictions pro-européennes un argument de campagne.

(Simon Carraud, édité par Pierre Sérisier)

reuters.com

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