Syrie: Heurts après l'entrée en vigueur de l'accord d'Astana
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par Lisa Barrington
BEYROUTH (Reuters) - L'accord d'Astana sur la création de zones de "désescalade" en Syrie a permis de réduire les violences même si des combats se poursuivent dans la région de Hama, ont dit samedi un chef rebelle et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Ce pacte tripartite scellé jeudi par la Russie, la Turquie et l'Iran est entré en vigueur vendredi à minuit.
Il prévoit la création de quatre zones où les forces gouvernementales et l'opposition armée doivent cesser tout combat, ce qui inclut aussi les frappes aériennes, selon le texte de l'accord diffusé samedi par le ministère russe des Affaires étrangères.
Moscou, Ankara et Téhéran s'engagent cependant à prendre toutes les mesures nécessaires pour poursuivre la lutte contre l'organisation Etat islamique, l'ex-front al Nosra et d'autres groupes "terroristes" à l'intérieur et à l'extérieur de ces zones de sécurité.
L'arrêt des hostilités doit s'étendre sur une période de six mois, éventuellement renouvelable après accord des trois Etats parrains du processus.
L'accord prévoit enfin que ces zones permettront l'accès à l'aide humanitaire et à l'assistance médicale et favoriseront le retour des déplacés et la reconstruction des infrastructures.
L'accord d'Astana a été rejeté par la rébellion, qui accuse la Russie, alliée de Damas, de ne pas avoir la volonté ou la capacité de contraindre le régime de Bachar al Assad et les milices chiites soutenues par l'Iran à respecter les trêves.
Le gouvernement syrien a dit soutenir l'initiative mais prévenu qu'il poursuivrait dans tout le pays sa lutte contre les groupes "terroristes".
UNE CARTE D'ICI DÉBUT JUIN
Sur le terrain, l'OSDH a constaté samedi une réduction de la violence, tout en estimant qu'il était encore trop tôt pour juger des chances de voir cet accord s'installer dans la durée.
Aucun décès n'a été enregistré depuis vendredi soir minuit, a ajouté l'ONG basée à Londres.
Le village d'al Zalakiyat, tenu par les rebelles, et des positions voisines ont été touchés par des frappes aériennes, a précisé l'OSDH. Les forces gouvernementales ont également visé les localités voisines de Kafr Zita et Latamneh.
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Mohamed Rachid, porte-parole du groupe insurgé Djaïch al Nasser basé à Hama, a confirmé que des combats s'étaient poursuivis après minuit.
L'armée syrienne n'a pas fait de commentaire.
D'après le texte de l'accord diffusé samedi, les trois Etats parrains du processus engagé à Astana, capitale du Kazakhstan, pour consolider un cessez-le-feu proclamé fin décembre, définiront d'ici au 4 juin les cartes des zones de désescalade.
Le ministère russe de la Défense a indiqué que la plus grande zone de sécurité allait couvrir la totalité de la province d'Idlib, entièrement aux mains des rebelles, ainsi que des secteurs adjacents des provinces de Lattaquié, Alep et Hama abritant en tout plus d'un million d'habitants.
Les trois autres zones se trouvent dans le nord de la province de Homs, dans la région de la Ghouta orientale à l'est de Damas, et le long de la frontière jordanienne dans le sud de la Syrie.
L'accord d'Astana a été salué comme un pas dans la bonne direction par l'envoyé spécial des Nations unies sur la Syrie, Staffan de Mistura, qui s'emploie parallèlement à encourager des pourparlers de paix entre belligérants à Genève.
Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, s'est dit encouragé par l'initiative.
Les Etats-Unis, qui ont mené un raid contre le régime syrien après l'attaque à l'arme chimique de Khan Cheikhoune début avril, imputée à Damas, ont exprimé leur scepticisme.
"Nous continuons à avoir des réserves sur l'accord d'Astana, concernant notamment l'implication de l'Iran comme soi-disant 'garant'," a déclaré jeudi le département d'Etat dans un communiqué.
(Avec Ellen Francis et Maria Kiselyova à Moscou; Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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