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Hollande ne veut pas être la "mouche du coche" de Macron

reuters.com

Publié le 11 mai 2017 à 11:28 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:28

Hollande ne veut pas etre la "mouche du coche" de macron

Hollande ne veut pas etre la "mouche du coche" de macron

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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande, qui a multiplié les manifestations d'affection parfois paternalistes envers Emmanuel Macron depuis son élection, a déclaré jeudi qu'il n'entendait pas être le "mentor" ou la "mouche du coche" du nouveau président.

Pour son dernier déplacement de chef d'Etat, le président sortant a choisi de promouvoir la France s'engage, fondation encourageant des projets innovants, dans les locaux de Station F, "incubateur de start-ups" situé dans le XIIe arrondissement de Paris. Il souhaite la présider après la fin de son mandat.

Lors d'un aparté avec des journalistes, le président a dit son intention de "tout faire pour que ce soit simple, clair et amical" avec Emmanuel Macron, élu avec 66,1% des voix face à la candidate du Front national, Marine Le Pen, lors de la passation de pouvoirs qui aura lieu à l'Elysée dimanche prochain.

"Je ne passe pas mon pouvoir à un opposant politique, c'est quand même plus simple", a dit François Hollande dans un sourire.

Lors du traditionnel entretien qui précédera la cérémonie de passation de pouvoir, il souhaite que "toutes les informations, y compris les plus sensibles soit données pour qu'[Emmanuel Macron] puisse être directement en activité dès la première heure de son mandat".

"Je souhaite qu'il puisse réussir le mandat qui lui a été confié", a-t-il insisté.

Bien qu'il n'ait aucune envie de se retirer de la vie politique, François Hollande entend se mettre en retrait pour laisser son successeur de 39 ans travailler sereinement.

"MOUCHE DU COCHE"

"Je ne vais pas commenter ses premières décisions", a-t-il précisé. "Je ne l'aurais pas admis pour moi-même et je pense que ce n'est pas la bonne façon de servir la France".

"Il faut laisser le président prendre des décisions, assumer les choix. Et ne pas paraître comme un conseiller, un mentor ou pire encore, une mouche du coche", a ajouté François Hollande, qui est pourtant à l'origine de l'ascension politique d'Emmanuel Macron.

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"Il faut bien prendre la mesure de ce que doit être la fonction présidentielle et un ancien président doit contribuer, aider, mais en aucun cas gêner", a-t-il insisté.

Après son départ de l'Elysée, François Hollande se rendra au siège du Parti socialiste, dont il a été onze ans durant le premier secrétaire et deux ans porte-parole. Un geste qui rappelle celui du président François Mitterrand, en 1995.

"Le Parti socialiste fait partie de mon histoire, je me suis engagé très tôt, étudiant, après je l'ai dirigé", a-t-il rappelé.

"Je ne l'efface pas de mon histoire, il a une histoire, il a un avenir", a-t-il ajouté en réponse à ceux qui, comme l'ancien Premier ministre Manuel Valls, considèrent le parti né en 1971 comme "mort."

"Son avenir dépend de lui-même. Comment il faut s'organiser, se situer, quelle est sa ligne, c'est au Parti socialiste d'en décider", a ajouté François Hollande.

Après son départ, le président sortant prendra quelques jours de vacances hors de Paris, mais en France.

François Hollande a trouvé des bureaux rue de Rivoli, ainsi qu'un logement à louer dans la capitale.

Pour ce qui est des mois qui viennent, il est resté sibyllin, exprimant son désir de voyager, d'écrire, tout en restant "attentif à la situation de (s)on pays".

Interrogé sur son avenir proche, qu'il rechigne généralement à envisager, François Hollande s'est livré à une rare confidence.

Le pouvoir "ça remplit un homme", a-t-il reconnu. "Cela laisse un sentiment de vide quand on ne l'exerce plus. Je lutte contre ce sentiment".

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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