Mélenchon juge "légitime" sa candidature à Marseille
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"je suis legitime partout", dit melenchon a marseille
JEAN-PAUL PELISSIER
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"je suis legitime partout", dit melenchon a marseille
JEAN-PAUL PELISSIER
par Jean-François Rosnoblet
MARSEILLE (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon a déclaré jeudi qu'il était "légitime partout" face à la polémique soulevée par sa candidature aux élections législatives dans la 4e circonscription de Marseille où il affrontera le député socialiste sortant Patrick Mennucci.
"Je suis légitime partout d'une façon générale, mais spécialement ici", a dit à des journalistes le leader de La France insoumise, arrivé en tête à Marseille à l'issue du premier tour de la présidentielle le 23 avril dernier.
"Il ne faut quand même pas oublier que la première fois que j'ai mis le pied sur la terre de France, c'était ici, alors retour aux sources, en quelque sorte", a ajouté l'ancien sénateur de l'Essonne, qui a quitté en 1962 le Maroc, où il est né, pour rejoindre la France.
Sa candidature, qui avait été annoncée dès mercredi, a été perçue comme une déclaration de guerre par le député socialiste sortant Patrick Mennucci qui a dénoncé le parachutage d'un "député plateau télé".
"Marseille semble, du fait de son indigente caste politique, repliée sur elle-même à bavarder entre importants comme des moules accrochées sur leur rocher qui, dès qu'ils voient apparaître quoi que ce soit qui change leurs habitudes, poussent des cris d'orfraie", a riposté Jean-Luc Mélenchon
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La 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, qui regroupe les 1er, 2e et 3e arrondissements de Marseille et une partie des 5 et 6e arrondissement de la ville, est un bastion historique de la gauche.
Au premier tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon y a fini en tête (39,09%) devant Emmanuel Macron (21,81%), Marine Le Pen (14,36%), François Fillon (10,84%) et Benoît Hamon (8,68%). Emmanuel Macron l'a emporté au second tour face à Marine Le Pen avec 78,65% des voix.
Le mouvement du président élu, La République en Marche, a annoncé jeudi l'investiture de Corinne Versini dans cette circonscription.
"CHOIX POLITIQUE"
Sous le feu des critiques depuis son annonce, Jean-Luc Mélenchon s'est défendu d'avoir choisi la facilité en se portant candidat dans une circonscription ancrée à gauche et où le Front national n'a jamais réalisé ses meilleurs scores.
"Je n'ai pas choisi une circonscription tenue par la gauche, c'est Marseille qui m'intéresse", a-t-il dit. "Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer. Nous allons tourner la page des gens qui nous ont trahi pendant cinq ans".
"Ce n'est pas un choix qui se fait sur les paysages, c'est un choix politique", a-t-il poursuivi. "Il est apparu que c'est à Marseille que le message se ferait le mieux entendre parce que Marseille est un petit concentré de la France".
Deux jours après la rupture des négociations avec le Parti communiste français (PCF) de Pierre Laurent sur un accord en vue des législatives des 11 et 18 juin, il a tendu la main aux communistes locaux.
"Je vais rencontrer mes camarades communistes dans les heures qui viennent pour, en dépit de l'attitude absolument lamentable de leurs dirigeants nationaux, trouver un moyen d'agir ensemble de manière raisonnable" à Marseille, a-t-il indiqué.
Le Parti communiste local a de son côté fait savoir qu'il pourrait renoncer à présenter des candidats dans quatre ou cinq circonscriptions des Bouches-du-Rhône "où il existe un fort risque" Front national, dont la 4e.
"J'espère que ma présence catalyse des énergies, déchaîne des enthousiasmes qui fassent tomber les murs dans lesquels cette ville a été enfermée", a dit Jean-Luc Mélenchon. "Nous allons faire avec Marseille une voix qui parle au pays".
(avec Marine Pennetier à Paris, édité par Yves Clarisse)
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