Le président turc reprend la direction de l'AKP
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ANKARA (Reuters) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a retrouvé dimanche la présidence du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), a promis de lutter contre les ennemis de la nation turque, sur son territoire comme à l'étranger.
"Nous allons poursuivre notre lutte contre toutes les organisations terroristes", a lancé le chef de l'Etat sous les applaudissements de plusieurs milliers de ses partisans massés dans un stade couvert d'Ankara, où se tenait le congrès de l'AKP.
"Nous allons travailler dur", a-t-il ajouté.
Erdogan, qui a fondé l'AKP en 2001 avant de l'amener au pouvoir par les urnes l'année suivante, avait été contraint d'en quitter la direction il y a près de trois ans quand il avait été élu à la présidence de la Turquie.
La Constitution ne permettait pas alors que le chef de l'Etat soit aussi membre d'un parti. Mais la situation a changé avec la réforme constitutionnelle votée par référendum le 16 avril qui crée un système présidentiel accordant plus de pouvoirs au chef de l'Etat et l'autorise à être membre d'un parti et à le diriger.
Recep Tayyip Erdogan, qui n'avait aucun adversaire au congrès de dimanche, succède à ce poste au Premier ministre Binali Yildirim et devient le premier président turc à diriger un parti depuis Ismet Inonu, successeur du fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Atatürk, et chef de l'Etat jusqu'en 1950.
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De tels changements politiques, dit le président Erdogan, sont vitaux pour assurer la stabilité du pays.
Il met en avant la lutte contre les séparatistes kurdes du PKK et contre les djihadistes de l'organisation Etat islamique (EI) et le contexte du coup d'Etat militaire manqué du 15 juillet dernier, attribué par Ankara aux partisans du religieux Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis.
Deux personnes soupçonnées d'être des combattants de l'EI ont été tuées dans la nuit de samedi à dimanche lors d'une perquisition de la police dans un appartement d'Ankara.
"TÊTE HAUTE"
"Plutôt que de regarder demain notre peuple la tête basse, nous préférons garder aujourd'hui la tête haute contre la lie, ici et à l'étranger", a-t-il dit à ses partisans.
"Les mois à venir seront un bond en avant pour la Turquie, depuis son combat contre le terrorisme jusqu'à l'économie, depuis le développement des droits et des libertés jusqu'aux investissements", a-t-il poursuivi lors d'une brève allocution après son élection.
Erdogan a également évoqué les liens houleux avec l'Union européenne.
"Nous n'avons plus à supporter le deux poids, deux mesures de l'Union européenne", a-t-il dit, réclamant que les Européens tiennent leurs engagements sur la levée des visas pour les voyageurs turcs, l'aide financière pour la prise en charge des réfugiés et les progrès dans les négociations d'adhésion.
Avant le vote interne, il avait prononcé un long discours, s'adressant pendant une heure trois quarts à ses partisans et appelant à un "renouvellement sérieux" du parti, dont le conseil exécutif a été largement remanié au cours du congrès, avec l'arrivée de 19 nouveaux membres sur 50.
(Tuvan Gumrukçu et Ercan Gurses; Danielle Rouquié, Gilles Trequesser et Henri-Pierre André pour le service français)
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