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Macron exige la solidarité de ses ministres sur le cas Ferrand

reuters.com

Publié le 31 mai 2017 à 07:34 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:23

Ferrand pret a s'expliquer mais pas a demissioner

Ferrand pret a s'expliquer mais pas a demissioner

Philippe Wojazer

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a pressé mercredi le gouvernement d'être solidaire face aux difficultés rencontrées par Richard Ferrand et de faire le tri entre le grain et "l'avanie", soulignant que seule la justice pouvait dire ce qui constituait "une affaire".

Le ministre de la Cohésion des territoires est mis sous pression depuis dix jours par des informations sur ses activités passées à la tête des Mutuelles de Bretagne et comme député.

Ce fidèle de la première heure du chef de l'Etat, qui a reçu mardi soir le soutien du Premier ministre, Edouard Philippe, a indiqué mercredi matin sur France Inter qu'il n'avait pas l'intention de démissionner.

Face à ce qui est considérée comme la première épreuve du quinquennat, Emmanuel Macron a tenu lors du conseil des ministres "à appeler à la solidarité, à la responsabilité au sein du conseil des ministres, à faire le tri en le grain et l'ivraie voire quelquefois l'avanie", a fait savoir le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

Emmanuel Macron a ajouté que "seule la justice dans ce pays est habilitée à décider ce qui relève d'une affaire, donc d'une instruction, d'une enquête", a-t-il poursuivi lors du compte rendu du conseil.

L'exécutif ne doit jamais "gêner une quelconque procédure", a dit le chef de l'Etat, en ajoutant que "les choses ne vont pas forcément bien quand la presse devient juge", a-t-il ajouté.

Le Parquet national financier et le parquet de Brest ont jusqu'à présent refusé d'ouvrir une enquête sur des faits qui, selon eux, ne le justifient pas.

Au coeur de la polémique éclaboussant le ministre de la Cohésion des territoires, la création d'une société civile immobilière (SCI) qui a permis à la compagne de Richard Ferrand, Sandrine Doucen d'acquérir à bon compte des locaux loués par les Mutuelles de Bretagne quand il les dirigeait.

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Le Monde a pour sa part décrit mardi ce qu'il a présenté comme le "système Ferrand", "mélange des genres entre intérêts publics et privés" sur 20 ans.

LE DOUTE, "POISON DE LA DÉMOCRATIE"

Prié de dire s'il avait proposé au chef de l'Etat de se retirer, l'ancien député socialiste a répondu à France Inter :

"Je ne le ferai pas pour deux raisons : d'abord j'ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice de la République (...) Et puis j'ai une mission très importante, celle de la cohésion des territoires."

Sept Français sur dix jugent que Richard Ferrand, devrait démissionner, selon un sondage Harris Interactive pour RMC et Atlantico.

"Je comprends que petit à petit le doute a été créé et le doute c'est un poison, la suspicion c'est un poison de la démocratie et c'est normal que les Française et les Français s'interrogent", a déclaré Richard Ferrand.

Il a dit vouloir répondre aux interrogations des Français, dont il a admis qu'ils pouvaient être "déçus" après les promesses de moralisation de la vie publique faites par Emmanuel Macron pendant la campagne de l'élection présidentielle.

"Je ne suis pas un faux-cul, je sais qu'il faut répondre aux questions des Françaises et des Français", a-t-il déclaré.

"Ce que je lis (...) laisse apparaître des soupçons de duplicité, de vénalité et donc cela peut créer de la déception", a-t-il poursuivi. Mais "nous n'avons rien trahi."

S'il s'est abrité derrière le fait que la justice n'ait pas trouvé jusqu'ici matière à enquêter dans les informations publiées par la presse, il a néanmoins dit que, "par définition, il n'y a que la justice qui puisse lever le soupçon".

Le ministre a toutefois ajouté : "Tout ce que j'ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public, transparent (...) Je suis un homme honnête." Et il a dit vouloir désormais se consacrer aux priorités de son ministère.

L'association Front républicain d'intervention contre la corruption a annoncé son intention de déposer une plainte en début de semaine prochaine auprès du procureur de Brest, pour délit d'entrave aux fonctions de commissaire aux comptes.

"Elle estime que les Mutuelles de Bretagne et leur directeur de l'époque Richard Ferrand auraient dû faire valider le montage immobilier permettant à la SCI de sa compagne de louer un local au réseau mutualiste par les commissaire aux comptes, ce qui n'a pas été le cas", écrit-elle sur son site internet.

(Jean-Baptiste Vey, Marine Pennetier et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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