La France veut porter l'étendard de l'offensive anti-Trump
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Le choix de trump ne sonne pas le glas de l'accord de paris, dit hulot
CHARLES PLATIAU
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Le choix de trump ne sonne pas le glas de l'accord de paris, dit hulot
CHARLES PLATIAU
PARIS (Reuters) - La France s'efforce de prendre la tête de la contre-offensive européenne sur le climat après le retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris, estimant que la décision hautement contestée de Donald Trump peut permettre de "réviser à la hausse" ses ambitions environnementales.
Dans une déclaration en français puis en anglais, Emmanuel Macron a exclu jeudi soir de renégocier à la baisse le premier accord universel sur le climat conclu en France en décembre 2015 par 195 pays, dont les Etats-Unis, et entré en vigueur le 4 novembre 2016 : "Sur le climat, il n'y a pas de plan B parce qu'il n'y a pas de planète B".
Le chef de l'Etat a détourné le slogan de Donald Trump "Make America Great Again" ("Rendre sa grandeur à l'Amérique") pour en faire un cri de ralliement planétaire : "Make Our Planet Great Again" ("Rendre sa grandeur à la planète").
Au-delà du défi des mots, Paris entend passer à l'action avec ses partenaires de l'UE, l'Allemagne au premier chef, pour faire du climat l'un des axes de la refondation européenne qu'Emmanuel Macron appelle de ses voeux.
Vendredi, le président français a profité du retour sur Terre du spationaute Thomas Pesquet pour mettre en exergue "un destin commun, qui est cette planète". Lors d'une visite au Cnes, à Paris, il a confirmé le voeu de la France de "prendre des initiatives fortes" sur le climat et la transition énergétique, "parce qu'elle est d'une importance vitale", dans les prochaines semaines et les prochains mois.
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AXE FRANCO-ALLEMAND
Rien ne filtre pour l'heure de la teneur de ces mesures, mais des sources diplomatiques françaises ont précisé vendredi que l'objectif était de travailler de concert avec Berlin pour "aboutir au G20 des 7 et 8 juillet, ou au conseil des ministres franco-allemand du 13 juillet".
"Il y aura peut-être une première initiative assez rapidement au plan national, puis d'autres", ajoute-t-on.
Emmanuel Macron s'est engagé à consacrer 15 des 50 milliards d'investissements promis durant sa campagne à la transition énergétique et écologique, assortis d'actions dans les transports et l'agriculture. D'ici à 2022, il entend par exemple doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque.
"Il y a peut-être quelque chose de positif qui sort de cette décision", a estimé sur Europe 1 Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire. "Je pense qu'il y a un axe autour de la solidarité universelle qui va se créer. Peut-être un axe inattendu entre l'Europe, la Chine, l'Inde, y compris aux Etats-Unis."
"Plutôt que de baisser nos ambitions, nous allons nous-mêmes les réviser à la hausse et je pense que l'on va entraîner dans notre sillage nombre d'Etats", a-t-il ajouté.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré vendredi, sans plus de précisions, que la France proposerait "des initiatives à destination des forces vives qui souhaitent mettre en œuvre les engagements" de l'accord.
"Nous appuierons l'ensemble des groupements d'acteurs nés de la COP21 qui rassemblent des Etats, des villes, des citoyens et des entreprises, pour continuer la lutte contre le dérèglement climatique partout sur la planète", a-t-il dit.
"LES OUVRIERS DE PITTSBURGH"
L'initiative de Donald Trump est, de fait, loin de faire l'unanimité aux Etats-Unis, où l'opposition de certains Etats (Californie, New York, Washington, notamment), de plusieurs grandes villes et d'une partie des acteurs économiques pourrait se renforcer, selon Nicolas Hulot.
Emmanuel Macron leur a lancé un appel direct jeudi soir, invitant "scientifiques, ingénieurs, entrepreneurs, citoyens engagés" américains à "venir travailler en France sur des solutions concrètes pour le climat", aux côtés des Européens.
"Les ouvriers de Pittsburgh sont sur la même planète que ceux de Paris", a déclaré vendredi sur RTL Edouard Philippe, après que Donald Trump eut marqué sa volonté, par cette décision, de défendre les intérêts des ouvriers de cette ville de Pennsylvanie.
"Un nombre considérable d'acteurs politiques, économiques, syndicaux, associatifs, (...) ont parfaitement conscience que Pittsburgh est sur la même planète. Nous devons continuer à discuter avec eux", a dit le Premier ministre français, exhortant les maires américains à travailler avec les Français pour "essayer de prendre des mesures locales".
Cette péripétie, a-t-il estimé, renforce "la nécessité de rester groupés. Et cela renforce la place de la France dans le souci de chercher constamment des solutions collectives à des problèmes collectifs."
Le PDG de General Electric, Jeff Immelt, a ainsi appelé jeudi soir les milieux d'affaires à prendre la tête du combat contre le réchauffement climatique.
Les Etats-Unis sont le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, derrière la Chine. Ils ne pourront se retirer formellement de l'Accord de Paris qu'après le 4 novembre 2020.
Le texte prévoit de contenir le réchauffement climatique "bien en-dessous de 2°C" par rapport aux niveaux préindustriels.
(Sophie Louet avec Jean-Baptiste Vey et Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)
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