L'UE et la Chine unies sur le climat, pas sur le commerce
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L'ue et la chine vont afficher leur unite sur le climat
Francois Lenoir
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L'ue et la chine vont afficher leur unite sur le climat
Francois Lenoir
par Philip Blenkinsop
BRUXELLES (Reuters) - La Chine et l'Union européenne ont promis vendredi de s'unir pour lutter contre le changement climatique, au lendemain de la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, mais ne sont pas parvenues à s'entendre sur les questions commerciales.
Lors du sommet annuel UE-Chine, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, et les représentants des Vingt-Huit se sont mis d'accord pour mettre totalement en oeuvre l'Accord de Paris sur le climat.
Par cette déclaration commune, la première entre la Chine et l'UE, Pékin et Bruxelles s'engagent à réduire l'utilisation de combustibles fossiles, développer les technologies vertes et à contribuer au financement d'un fonds annuel de 100 milliards de dollars (près de 90 milliards d'euros) d'ici à 2020 pour aider les pays les plus pauvres à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
La Chine est le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre depuis 2007, quand elle est passée devant les Etats-Unis.
Ce chiffre de 100 milliards de dollars avait été établi avant l'annonce du retrait américain. On ne sait pas si la Chine et l'UE devront rajouter des fonds pour compenser un éventuel manque à gagner venant des Etats-Unis.
La Chine s'est rapprochée ces derniers temps de l'Europe dans plusieurs domaines comme le libre-échange ou la sécurité, et les discussions de Bruxelles devaient également porter sur le programme balistique nord-coréen ou les surcapacités d'acier dans le monde.
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Le commissaire européen chargé du climat, Miguel Arias Canete, a déclaré à la presse qu'il regrettait profondément le retrait des Etats-Unis et a dit, comme plusieurs dirigeants européens, que l'Accord de Paris ne pouvait pas être renégocié.
"L'Accord de Paris demeure et ses 29 articles ne sont pas renégociables", a-t-il dit après avoir rencontré son homologue chinois.
SOLUTIONS MONDIALES
Avant l'ouverture proprement dite du sommet Chine-UE, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré lors d'une conférence à Paris que la Chine et l'UE reconnaissaient la nécessité de solutions mondiales et que ceci était plus important que la mise en oeuvre de l'Accord de Paris.
"Il n'y a pas de marche arrière pour la transition énergétique. On ne peut pas reculer sur l'Accord de Paris", a-t-il dit lors d'une conférence de presse avant de rencontrer Li Keqiang et le président du Conseil européen, Donald Tusk.
Le communiqué final devrait évoquer d'autres questions ayant été abordées lors du sommet, notamment le libre-échange et les mesures requises pour réduire la surproduction mondiale d'acier.
Sur ces sujets, la Chine et l'UE sont beaucoup moins unies.
La Chine se classe au 78e rang des pays en ce qui concerne la possibilité de faire des affaires sur 190 pays radiographiés par la Banque mondiale, a déclaré Jean-Claude Juncker. "Une grande puissance économique doit être plus haut qu'à la moitié du classement", a déclaré le président de la CE.
Le projet de traité d'investissement UE-Chine doit être mené à bonne fin pour assurer la réciprocité des relations, a-t-il ajouté.
La France, l'Allemagne et l'Italie ont pensé autoriser l'UE à bloquer les investissements chinois en Europe, notamment en raison des risques relatifs à l'acquisition par la Chine de techniques européennes très convoitées mais aussi parce que les entreprises européennes se voient refuser un accès similaire en Chine.
Jean-Claude Juncker a parlé de "surcapacités préoccupantes", notamment dans le domaine de l'acier chinois et a invité Pékin à autoriser les sociétés européennes à participer aux programmes d'infrastructures de la Nouvelle route de la soie.
Li Keqiang a souligné en réponse que pour l'instant en matière de tourisme entre la Chine et l'UE, le déséquilibre était en faveur de l'Europe. Quant aux possibilités d'investissement, a-t-il dit, elles sont bien différentes aujourd'hui de ce qu'elles étaient quand la Chine a commencé à s'ouvrir.
"J'espère vraiment que vous pourrez replacer les choses dans leur contexte", a dit le chef du gouvernement chinois. "Nous avons trouvé des problèmes, mais nous y travaillons. Notre classement s'améliore."
(Avec Robert-Jan Bartunek, Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
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