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Le Parti socialiste risque une débâcle historique

reuters.com

Publié le 06 juin 2017 à 13:24 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:21

Le parti socialiste risque une debacle historique

Le parti socialiste risque une debacle historique

Vincent Kessler

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par Cyril Camu

PARIS (Reuters) - Sonné par le faible score de Benoît Hamon, son candidat à la présidentielle, le Parti socialiste avance vers les élections législatives affaibli et plus divisé que jamais.

Contraint de se réinventer, sous peine de tirer un trait sur plus de 100 ans d'histoire, le PS se trouve pris en tenaille entre la tentation de nombreux socialistes de se revendiquer "majorité présidentielle" et une France insoumise qui entend le remplacer comme force principale à gauche.

Dans l'Assemblée sortante, le groupe parlementaire socialiste comptait 295 députés. Selon un sondage Opinionway publié jeudi, l'alliance entre le PS, les Verts et les radicaux de gauche obtiendrait entre 20 et 35 députés seulement.

Soit un nombre d'élus inférieur à celui de la débâcle de 1993, quand le PS n'avait remporté que 57 sièges.

"Il peut y avoir une déroute des socialistes dans une défaite historique de la gauche", reconnaissait lundi sur CNEWS le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis,

Déroulée dans la foulée du mauvais score de 6,3% remporté par son candidat Benoît Hamon à la présidentielle, la campagne socialiste pâtit d'un manque de leadership.

Plusieurs figures connues, comme le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, et l'ancien Premier ministre, Bernard Cazeneuve, ne se représentent pas.

Un temps pressenti pour mener le combat, ce dernier a laissé ce rôle à Jean-Christophe Cambadélis, fragilisé au PS et pas certain de conserver la circonscription parisienne où il est député depuis 20 ans.

Thierry Mandon, ex-secrétaire d'Etat, lui a même demandé de laisser sa place pour une gouvernance rajeunie et collégiale afin de lancer la "reconstruction" du parti.

HAMON D'UN CÔTÉ, VALLS DE L'AUTRE

La ligne socialiste pour la campagne s'est faite et défaite à plusieurs reprises depuis la première convention pour les investitures, en octobre dernier.

Avec l'accord entre Benoît Hamon et Yannick Jadot, une première version des investitures avait déjà été révisée afin de faire place à des candidats Europe Ecologie-Les Verts. Parmi les socialistes désinvestis, certains ont lancé des candidatures dissidentes.

La déroute de la présidentielle a ajouté à la confusion.

Dans le sillage de Manuel Valls, l'aile droite du PS a fait campagne pour la "majorité présidentielle" quand la ligne officielle du parti est l'opposition à Emmanuel Macron, avec un programme oublieux des principales propositions de Benoît Hamon.

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Jugeant le PS "mort", l'ancien Premier ministre a exhorté les "progressistes" à suivre La République en marche, qui ne l'a pas investi mais n'a pas présenté de candidat contre lui dans l'Essonne. [nL8N1IB123]

D'autres, comme Marisol Touraine, ont remplacé la rose par l'inscription "majorité présidentielle" sur leur affiche de campagne mais sont toujours investis par le PS, au grand dam de certaines fédérations locales. [nL8N1IO3O5]

Sans attendre les résultats du 18 juin, le parti né à Epinay en 1971 se déchire et envisage d'ores et déjà de changer de nom.

Candidat dans les Yvelines, Benoît Hamon lancera une initiative le 1er juillet aux côtés de Yannick Jadot. L'ex-frondeur a appelé à faire battre une dizaine de candidats socialistes, dont Manuel Valls et Myriam El Khomri. Une position "inacceptable", selon Jean-Christophe Cambadélis.

L'aile gauche du parti a, un temps, tendu la main à La France insoumise.

Mais en se présentant à Marseille contre le socialiste Patrick Mennucci, et non dans une circonscription convoitée par le Front national comme en 2012, Jean-Luc Mélenchon a montré sa volonté d'imposer son camp comme la principale force à gauche, au détriment du PS. [nL8N1IC20B]

Le PS contrôle cinq régions et une quarantaine de départements.

Outre son poids politique, il a beaucoup à perdre d'un point de vue financier. Majoritaire dans l'Assemblée sortante, il était jusqu'ici le principal bénéficiaire du financement public avec près de 25 millions d'euros touchés en 2015.

(Avec Myriam Rivet, édité par Elizabeth Pineau et Yves Clarisse)

reuters.com

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