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Le Maire joue en Normandie son maintien au gouvernement

reuters.com

Publié le 07 juin 2017 à 09:01 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:21

Le maire joue son maintien au gouvernement

Le maire joue son maintien au gouvernement

BENOIT TESSIER

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Elizabeth Pineau

EVREUX, Eure (Reuters) - Ses souliers cirés plantés près d'un champ de blé frémissant sous le frais vent normand, Bruno Le Maire pose tout sourire avec des agriculteurs et Séverine Gipson, sa suppléante pour les élections législatives des 11 et 18 juin.

A quelques jours du premier tour, le ministre de l'Economie achève dans l'Eure une campagne-éclair dont l'issue décidera de son maintien, ou non, dans le gouvernement d'Edouard Philippe.

Elu depuis dix ans sous la bannière UMP puis Les Républicains dans un secteur qui comprend une partie de la ville d'Evreux, de sa banlieue et des zones rurales, l'ancien candidat à la primaire de la droite a délaissé mardi ses activités à Bercy pour une demi-journée, le temps de la visite d'une ferme et d'un meeting dans une salle des fêtes comble.

Devant quelque 300 personnes, Bruno Le Maire, qui devra quitter le gouvernement s'il est battu dans son fief, a vanté la recomposition politique voulue par Emmanuel Macron, signe selon lui du "génie français" exprimé dans les urnes.

"Cette révolution à laquelle nous assistons vous met le sourire aux lèvres, à vous qui avez choisi le renouvellement contre le conservatisme, la raison plutôt que les illusions des extrêmes, le rassemblement plutôt que la dispute", a lancé celui qui fut ministre de Nicolas Sarkozy et soutien de François Fillon pour la présidentielle avant de rejoindre le camp du nouveau président.

"Là où d'autres peuples ont choisi de s'abandonner au populisme, vous avez fait le choix de la grandeur, de la dignité, le choix de l'audace", a-t-il poursuivi, en référence au "Brexit" et à l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis.

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Alors que les sondages prédisent pour la République en marche une majorité absolue à l'Assemblée nationale, Bruno Le Maire s'est voulu optimiste.

"Le 18 juin, vous allez donner une large majorité au président de la République pour qu'il puisse mener à bien les réformes nécessaires que nous avons été incapables de mener depuis 30 ans", a-t-il lancé sous les yeux d'un autre transfuge des Républicains, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin venu le soutenir en Normandie.

"IL FAUT QUE ÇA MARCHE"

"Edouard Philippe, Gérald Darmanin et moi-même, si nous nous trouvons dans le même gouvernement, c'est peut-être parce que nous avons toujours préféré notre pays à notre parti", a dit le ministre de l'Economie pour justifier ses choix, désapprouvés par une partie de son ancienne famille politique.

Dans le public où retentissent quelques "Bruno, Bruno", on acquiesce.

"De toute façon, il faut que ça marche, on est là pour En Marche, même si on n'est pas d'accord avec ce qu'il a fait avec les Républicains", a dit à Reuters un élu local, Christophe Olivier, venu avec son épouse. "Maintenant, je comprends mieux sa démarche et je pense que je ne suis pas le seul".

En fin d'après-midi, Bruno Le Maire a revêtu son costume d'ex-ministre de l'Agriculture pour répondre longuement aux questions d'exploitants agricoles dans le hangar d'une ferme céréalière transformé en salle de réunion décorée d'antiques tracteurs et de fleurs des champs.

"Sur mes affiches, il n'y a aucune étiquette, c'est beaucoup plus simple", a-t-il expliqué sur son choix de présenter sa candidature sous son seul nom.

Soutenu par la majorité présidentielle, le ministre de l'Economie sera notamment confronté dimanche prochain à la candidate investie par Les Républicains, Coumba Dioukhané, élue locale qui fut son ancienne collaboratrice, et à la représentante du Front national, Fabienne Delacour.

Dans un secteur où Marine Le Pen est arrivée en tête au premier tour de l'élection présidentielle (avec un score de 45% au second), un duel final entre Bruno Le Maire et la candidate d'extrême droite est le scénario qu'un sondage et les observateurs locaux jugent le plus probable.

Dans le quartier populaire de La Madeleine, à Evreux, Isa Gorgulu, entrepreneur de 41 ans, raconte qu'il votera Le Maire, même s'il aurait préféré avoir affaire à un nouveau visage.

"Oui, j'aurais préféré une nouvelle tête, quelqu'un qui puisse vraiment représenter les gens d'ici", a-t-il dit à Reuters. "Mais bon, je ne voudrais pas qu'il perde sa place. Ce que je souhaite, c'est qu'il écoute les gens d'ici, qu'il fasse de son mieux, des choses concrètes, surtout pour l'emploi."

(Avec Johnny Cotton et Tatiana Chadenat, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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