La droite fait bloc en attendant la grande explication
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La droite "constructive" pour appuyer macron a l'assemblee
DAMIR SAGOLJ
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La droite "constructive" pour appuyer macron a l'assemblee
DAMIR SAGOLJ
PARIS (Reuters) - Les Républicains ont renvoyé lundi à l'après-législatives les débats susceptibles de fracturer la droite, divisée sur la conduite à tenir face à Emmanuel Macron et sonnée par la puissance de la vague qui porte le parti présidentiel.
Les hautes instances de la droite, qui avaient déjà renoncé à leur ambition d'imposer une cohabitation au chef de l'Etat, en sont désormais réduites à espérer un groupe de 70 à 110 miraculés à l'Assemblée, selon une projection livrée par le secrétaire général, Bernard Accoyer, lors d'un bureau politique.
Submergée jusque dans des circonscriptions réputées imperdables, y compris dans ses bastions de Paris et des Hauts-de-Seine, la coalition LR-UDI risque donc de voir le nombre de ses députés fondre de moitié par rapport au quinquennat écoulé.
Mais, lors du bureau politique, les dirigeants LR ont remis à plus tard leur examen critique et, par conséquent, les luttes de courants entre "constructifs" - partisans d'une ligne souple à l'égard d'Emmanuel Macron - et l'aile la plus à droite, en espérant limiter les dégâts dimanche prochain.
"Nous sommes face à un séisme politique inédit sous la Ve République", a déclaré Bernard Accoyer, dont l'intérim à la tête du parti devrait s'achever à l'automne avec l'élection d'un président, selon des propos rapportés à Reuters.
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"Le seul ordre du jour pour cette semaine, c'est de soutenir tous nos candidats, LR et UDI. Et après seulement nous aborderons les sujets fondamentaux au lendemain du second tour", a-t-il poursuivi.
"Il faut rester groupés", a renchéri Christian Jacob, chef de file des députés LR dans l'assemblée sortante.
"Après viendra la reconstruction de la droite. De toute façon, cette reconstruction est indispensable. Il ne faut pas qu'on reparte sur les folies que nous avons connues ces derniers mois ou ces dernières années", a jugé Jean-François Copé devant la presse, en marge du bureau politique.
PENCHANT POUR LA GUERRE
Durant la réunion, Jean-Pierre Raffarin, seul porte-parole des "constructifs" présent, s'est levé et a menacé de quitter la pièce, reprochant à ses interlocuteurs leur fermeture d'esprit, avant d'être retenu par François Baroin et Bernard Accoyer, a-t-on dit de source au sein du parti.
"Avant le deuxième tour, il n'était pas question de régler des comptes", a-t-on ajouté.
Signe du consensus provisoire, Alain Juppé, considéré par une partie des modérés comme leur figure tutélaire, a réitéré de Bordeaux son soutien aux candidats LR pour éviter le risque d'une Assemblée réduite à un rôle de "chambre d'enregistrement" sans réels pouvoirs face à l'exécutif.
Mais la droite, qui craint son propre penchant pour la guerre des chefs, a conscience de ses fragilités.
Il sera donc nécessaire de tout remettre à plat" et ne pas se contenter d'un "colloque en 2018", a fait valoir le sarkozyste Roger Karoutchi, à l'entrée du siège de LR.
Au nombre des sujets brûlants, Bernard Accoyer a cité lors du bureau politique "l'attitude à adopter face à La République en marche" - le parti d'Emmanuel Macron - ou "la question du vote de confiance" au gouvernement d'Edouard Philippe, qui se posera dans la première semaine de juillet.
Là pourrait se cristalliser l'opposition entre les "constructifs" et ceux pour qui il faudra ériger une barrière étanche avec l'exécutif.
"LE COUTEAU ENTRE LES DENTS, NON"
Jean-Pierre Raffarin a souhaité lundi que la droite accorde "la présomption de confiance" à Emmanuel Macron et apporte son expérience et sa contribution à une majorité "diverse" qui reste à "construire".
"On assiste à un énorme 'big bang'. Je pense qu'il va y avoir quand même beaucoup de travail, je pense que les gens de sagesse et de responsabilité seront utiles", a estimé sur RTL l'ex-Premier ministre.
Interrogé sur le risque d'une scission de la droite et le scénario possible de deux groupes parlementaires, le député-maire LR sortant de Coulommiers Franck Riester, épargné par LREM dans sa circonscription de Seine-et-Marne, n'a pas écarté cette perspective.
"Nous prendrons nos dispositions en fonction de l'état d'esprit de nos collègues", a-t-il dit sur franceinfo.
Les tenants de la ligne dure, parmi lesquels figure Laurent Wauquiez, privilégient en revanche la discrétion à ce stade.
Entre ces deux tendances, s'exprime une sensibilité médiane, que tente d'incarner Xavier Bertrand, dont certains cadres citent le nom parmi les possibles prétendants à la présidence du parti. "Un député qui se rallie, non, un député le couteau entre les dents, non", a-t-il résumé sur BFM TV.
(Simon Carraud et Emile Picy, édité par Sophie Louet)
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