Manifestation anti-Poutine à Moscou, l'opposant Navalny condamné
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Arrestation de l'opposant russe alexei navalny a moscou
SERGEI KARPUKHIN
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Arrestation de l'opposant russe alexei navalny a moscou
SERGEI KARPUKHIN
par Anton Zverev et Maria Tsvetkova
MOSCOU (Reuters) - Plusieurs milliers de personnes ont manifesté lundi à Moscou et dans d'autres villes de Russie pour dénoncer la corruption du régime de Vladimir Poutine dont le plus farouche opposant, Alexeï Navalny, a été arrêté au moment où il s'apprêtait à se rendre au rassemblement organisé dans la capitale.
Aux cris de "La Russie sans Poutine" et "La Russie sera libre", les manifestants rassemblés dans Moscou entendaient remonter la rue Tverskaïa qui mène à la place Rouge et au Kremlin. Des mouvements de contestation similaires ont été signalés dans quelque 180 villes du pays.
D'après l'ONG OVD-Info, au moins 730 manifestants ont été interpellés à Moscou. A Saint-Pétersbourg, le ministère de l'Intérieur a fait état de 500 arrestations.
Alexeï Navalny, qui tente de mobiliser l'opinion publique russe à un an de l'élection présidentielle qui devrait voir Vladimir Poutine briguer un nouveau mandat de six ans, avait appelé dimanche soir ses partisans à manifester.
L'opposant n'a pas pu, lui-même, se mêler au rassemblement moscovite: la police l'a interpellé devant chez lui. "Alexeï a été arrêté dans le hall d'entrée de notre immeuble", a dit sa femme Ioulia sur Twitter. "Il m'a demandé de vous dire que les projets (de manifestations) sont inchangés", a-t-elle ajouté.
Un journaliste de Reuters a vu une voiture de police quitter à grande vitesse les abords de l'immeuble où réside Alexeï Navalny, suivie quelques minutes plus tard par un mini-bus transportant une dizaine de policiers.
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Dans la soirée, un tribunal moscovite l'a condamné à 30 jours de prison pour infractions répétées à la législation encadrant les manifestations publiques.
Dans un premier temps, les autorités russes avaient autorisé un défilé à l'écart du centre ville mais des pressions ont été exercées par le pouvoir sur des sociétés locales, qui ont refusé de fournir aux organisateurs micros et équipements vidéo.
Face à ces restrictions, Alexeï Navalny a choisi de modifier le lieu de la manifestation et appelé à un rassemblement rue Tverskaïa en dépit des mises en garde du ministère public qui a prévenu que "toutes les mesures nécessaires" seraient prises pour prévenir des désordres.
Plusieurs centaines de policiers anti-émeute et des conscrits de l'armée ont été mobilisés. La rue Tverskaïa, artère reliant les deux célèbres places du centre de la capitale russe, était bordée de barrières en cette journée de fête nationale.
Ces barrières avaient été mises en place pour encadrer une parade historique présentant des costumes et des véhicules, notamment des jeeps et des pièces d'artillerie de la Seconde Guerre mondiale. L'accès à la rue n'était possible qu'après le passage entre des portiques détecteurs de métaux.
TEST DE MOBILISATION
Cet appel à la mobilisation de rue constitue un test pour l'opposant qui dénonce depuis des années la corruption du régime et espère contrarier les plans du président russe qui devrait, selon toute vraisemblance, se présenter à sa succession en 2018.
L'ampleur des manifestations, que la presse officielle a fait mine d'ignorer, devait dire si Alexeï Navalny peut prolonger le succès des rassemblements du 26 mars dernier, organisés pour réclamer la démission du Premier ministre, Dmitri Medvedev.
Des milliers de personnes, dont de nombreux jeunes, s'étaient alors rassemblées dans des manifestations d'une ampleur inédite depuis la vague de contestation de 2011 et 2012. Les autorités avaient interpellé plus de 1.000 manifestants.
La mobilisation observée ce lundi entretient la dynamique que Navalny veut nourrir jusqu'à la présidentielle de l'an prochain.
Déjà incarcéré pendant 15 jours à la suite des manifestations de mars, l'avocat de 41 ans n'apparaît pas pour l'heure en mesure de détrôner Vladimir Poutine dans les sondages. Et on ignore même si le Kremlin le laissera se porter candidat.
L'opposant dénonce la collusion entre responsables de l'Etat et hommes d'affaires, qui profitent selon lui du système pour amasser de considérables fortunes personnelles.
Ne pouvant pas se faire entendre dans la rue, l'opposant a récemment posté une vidéo dans laquelle il accuse Dmitri Medvedev de vivre très au-dessus de ses moyens. Cette vidéo a été vue 22 millions de fois.
Le Premier ministre a démenti les allégations de l'opposant affirmant qu'elles n'avaient aucun sens et qu'il était un charlatan.
"Je veux vivre dans un Etat démocratique moderne et je veux que nos impôts soient convertis en routes, en écoles et en hôpitaux, pas en yachts, en palais et en vignobles", écrivait Alexeï Navalny sur son blog la semaine passée.
(Avec Christian Lowe, Sveta Reiter, Dmitry Solovyov et Gleb Stolyarov; Julie Carriat, Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français)
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