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Philippe critique Bayrou pour ses pressions sur des journalistes

reuters.com

Publié le 13 juin 2017 à 09:19 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:19

Philippe critique bayrou pour ses pressions sur des journalistes

Philippe critique bayrou pour ses pressions sur des journalistes

PHILIPPE WOJAZER

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Le Premier ministre, Edouard Philippe, a critiqué mardi son ministre de la Justice, François Bayrou, pour s'être plaint auprès d'un responsable de Radio France d'une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs visant les assistants parlementaires des députés européens de son parti, le MoDem.

"Quand on est ministre, on n'est plus simplement un homme animé par ses passions ou par sa mauvaise humeur ou par son indignation", a-t-il dit sur franceinfo. "Quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen."

C'est la première fois qu'un membre du gouvernement critique ouvertement François Bayrou, soutien de poids d'Emmanuel Macron qui présentera mercredi un projet de loi de moralisation de la vie publique en conseil des ministres.

Edouard Philippe a refusé de dire s'il en avait parlé directement avec l'intéressé. "Je pense qu'il a parfaitement conscience de ça", a-t-il déclaré lors d'un déplacement.

Mais le ministre de la Justice, qui a confirmé à Mediapart avoir téléphoné le 7 juin au directeur de l'investigation de Radio France, Jacques Monin, est resté sur ses positions.

"Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai", a répondu François Bayrou devant la presse lors d'un déplacement.

Il a assuré avoir toujours "défendu" la liberté de la presse mais, a-t-il ajouté, "il faut aussi qu'il puisse y avoir le rappel d'un certain nombre de convictions civiques que nous devons partager tous".

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"Quand il y a quelque chose à dire, on le dit. On le dit simplement, on le dit sans aucune pression, mais on le dit. Pour que le dialogue civique entre journalistes et responsables et citoyens soit un dialogue franc", a-t-il insisté.

Cette affaire, partie notamment d'une dénonciation anonyme d'un des ex-assistants aujourd'hui proche de la maire socialiste de Paris, quatre jours avant le premier tour des élections législatives, a aussi donné lieu à un vif échange à distance entre François Bayrou et Anne Hidalgo.

UN ANONYME BIEN CONNU

En mars, Sophie Montel, eurodéputée du Front national, parti soupçonné d'avoir rémunéré frauduleusement des salariés avec de l'argent du Parlement européen, avait dénoncé une vingtaine de ses collègues de divers bords politiques.

Parmi eux, la centriste Marielle de Sarnez, proche de François Bayrou, aujourd'hui ministre des Affaires européennes. Le parquet avait alors ouvert une première enquête préliminaire.

L'affaire a rebondi mercredi dernier quand un ancien collaborateur de l'ex-eurodéputé Jean-Luc Bennahmias s'est présenté au parquet pour dire qu'il avait en fait travaillé pour le MoDem.

Une enquête préliminaire pour abus de confiance et recel a été ouverte vendredi par le parquet de Paris. Selon le site de francetvinfo, une dizaine de salariés du MoDem pourraient être concernés par ces soupçons d'emplois fictifs.

L'ancien assistant, qui fut responsable de la communication du MoDem par internet, en a été licencié début 2014 après qu'il eut rallié le camp d'Anne Hidalgo en pleine campagne municipale.

BAYROU PRÊT À ÊTRE ENTENDU

Jean-Luc Bennahmias dit l'avoir employé à temps partiel et le parti centriste dément toute malversation, tout en dénonçant implicitement une manoeuvre de l'équipe municipale parisienne.

"C'est exactement l'impression qui est la mienne", a lui-même dit sur CNEWS François Bayrou, pour qui la question n'est pas tant l'identité du dénonciateur que sa fonction actuelle.

"C'est peut-être la raison pour laquelle on protège cet anonymat-là, parce qu'on s'apercevrait alors quelle est la vraie nature de la dénonciation", a ajouté le président du MoDem. "Il est un des collaborateurs directs de la maire de Paris (...) Il pourrait se faire qu'il y ait un lien entre ceci et cela."

Il s'est attiré un vive réplique d'Anne Hidalgo.

"Cette affaire ne concerne absolument pas la ville de Paris et je pense qu'il vaudrait mieux qu'il n'y ait aucun amalgame possible", a déclaré à des journalistes la maire de la capitale, qui a dénoncé des "insinuations".

François Bayrou a dit sur CNEWS faire "toute confiance" dans les magistrats et les policiers pour l'établir et précisé que les avocats du MoDem tenaient à la disposition des enquêteurs tous les contrats de travail et les bulletins de salaire.

"Je demanderai au conseil des ministres l'autorisation d'être entendu parce que je considère qu'on doit répondre aux questions que les magistrats vous posent", a-t-il ajouté.

Le ministre de la Justice a précisé qu'il avait donné des instructions écrites pour "ne pas être tenu au courant de l'évolution de cette enquête".

(Cyril Camu et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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