Le risque d'un Brexit "dur" diminue après les élections
reuters.com

Le risque d'un brexit "dur" diminue apres les elections
PETER NICHOLLS
reuters.com

Le risque d'un brexit "dur" diminue apres les elections
PETER NICHOLLS
LONDRES (Reuters) - La probabilité de voir la Grande-Bretagne exclue du marché unique à l'issue des discussions sur sa sortie de l'Union européenne a reculé après les élections législatives de la semaine dernière, sans pour autant remettre en cause la tendance à la baisse de la livre sterling, montre mardi une enquête de Reuters.
En convoquant le scrutin du 8 juin, la Première ministre, Theresa May, s'attendait à une large victoire qui lui aurait permis de renforcer sa position dans ses négociations avec l'UE et de soutenir le sterling mais l'issue des élections, qui ont privé le Parti conservateur de majorité au Parlement, remet en cause ce scénario favorable.
Environ deux tiers (33 sur 49) des économistes interrogés par Reuters ont déclaré que la probabilité d'un Brexit "dur" avait légèrement diminué depuis jeudi; trois ont estimé qu'elle avait nettement baissé, huit qu'elle n'avait pas changé tandis que cinq autres jugeaient qu'elle avait quelque peu augmenté.
Theresa May a deux ans pour parvenir à un compromis avec l'Union européenne mais elle a répété ces derniers mois qu'elle préférait une absence d'accord à un mauvais accord. Une position de fermeté qui semble aujourd'hui difficile à tenir.
"La majorité réduite des conservateurs signifie qu'elle n'a tout simplement plus de mandat pour un Brexit dur", estime George Brown, économiste de la CBI, principale confédération de l'industrie britannique.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

LA LIVRE JUGÉE VULNÉRABLE
L'immigration ayant été l'une des principales motivations du vote pour la sortie de l'UE, Theresa May a déclaré qu'elle ferait de l'encadrement de la liberté de circulation l'une de ses priorités dans les négociations, ce qui pourrait conduire à la fermeture du marché unique aux entreprises britanniques, donc à un coup de frein à la croissance économique au Royaume-Uni.
Lundi, une étude de la Resolution Foundation a montré que près de la moitié des entreprises britanniques n'était pas préparées à l'évolution annoncée des règles en matière d'immigration. Une autre enquête menée après les élections a montré une nette dégradation du sentiment des chefs d'entreprise.
La livre sterling, qui a perdu jusqu'à 23% après le référendum du 23 juin 2016 pour toucher en octobre un plus bas de 31 ans sous 1,15 dollar, est remontée depuis pour évoluer actuellement autour de 1,2660.
Vingt-six des 50 économistes interrogés ont estimé qu'elle devrait encore se déprécier au cours des prochains mois, tandis que 15 déclaraient s'attendre à ce qu'elle reste stable et que neuf prédisaient une remontée.
"Les marchés ayant été exagérément optimistes quant à la perspective d'une coalition conduite par les Tories, le sterling est vulnérable à un nouveau mouvement de vente", estime Joanna Davies, de Fathom.
La médiane des prévisions de 60 spécialistes du marché des changes interrogés avant les élections donnait la livre sterling à 1,28 dollar à un horizon d'un mois, 1,27 dans six mois et 1,28 dans un an.
(Jonathan Cable; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)
reuters.com