May proche d'un accord avec les unionistes nord-irlandais
reuters.com

May rencontre la dirigeante du dup
STEFAN WERMUTH
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May rencontre la dirigeante du dup
STEFAN WERMUTH
par Michael Holden et Kylie MacLellan
LONDRES (Reuters) - Theresa May, et Arlene Foster, la chef de file du Parti unioniste démocratique (DUP), ont négocié mardi les termes d'un accord susceptible de permettre à la Première ministre britannique de se maintenir au pouvoir et dont la conclusion pourrait, selon la BBC, intervenir mercredi.
Accompagnée du président adjoint du DUP, Arlene Foster est arrivée en début d'après-midi au 10 Downing Street. Les deux femmes se sont séparées près de deux heures plus tard.
A Westminster, où elle s'est rendue à l'issue de cet entretien pour l'élection du président de la Chambre des communes issue des législatives de jeudi dernier, Theresa May n'a pas évoqué le déroulé de ces discussions, préférant plaider en faveur de l'unité du pays afin de surmonter les défis de la sortie de l'Union européenne et du terrorisme islamiste.
Elle a ensuite gagné Paris, pour une rencontre avec le président français, Emmanuel Macron, avant de se rendre à Saint-Denis pour assister au match amical de football opposant la France à l'Angleterre.
Sur Twitter, Arlene Foster a évoqué pour sa part le bon déroulement des discussions et espérer être en mesure de parvenir "rapidement" à un accord.
Selon Laura Kuessenberg, chef du service politique de la BBC, l'accord devrait être bouclé mercredi.
Le parti ultra-conservateur nord-irlandais entend tirer parti de sa position de force pour arracher à la dirigeante britannique un assouplissement de son approche du Brexit et répondre ainsi aux attentes exprimées par les électeurs des six comtés irlandais sous administration britannique.
Portée par des sondages encourageants et la certitude de l'emporter facilement sur une opposition alors jugée moribonde, Theresa May avait annoncé en avril l'organisation de législatives anticipées. Mais la manoeuvre n'a pas eu l'effet escompté et les Tories ont perdu jeudi leur majorité à la Chambre des communes et ont dû se résoudre à chercher le soutien des unionistes nord-irlandais pour gouverner.
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L'apport des dix élus du DUP aux voix des 317 députés conservateurs donnerait à l'ensemble une courte majorité absolue, fixée à 326 élus.
LES CRAINTES DE JOHN MAJOR
Les chances qu'un accord soit trouvé sont élevées, tant parce que Theresa May a besoin des unionistes pour gouverner que parce que le DUP risque de ne jamais se retrouver dans une telle position de force pour satisfaire ses revendications, explique Jon Tonge, professeur de sciences politiques à l'université de Liverpool.
Dans une tribune publiée par le Belfast Telegraph, Arlene Foster a dressé une liste de trois priorités pour ses négociations, notamment celle d'une réactivation du gouvernement nord-irlandais "de dévolution", dit de Stormont, où protestants et catholiques se partagent le pouvoir en vertu des accords de paix de 1998.
Bien que profondément eurosceptiques, les unionistes du DUP redoutent notamment l'une des conséquences du "Brexit dur" prôné par Theresa May: le retour d'une frontière physique avec la République d'Irlande.
La perspective d'un accord entre Theresa May et les unionistes nord-irlandais ne fait toutefois pas l'unanimité au sein même du Parti conservateur.
"Je suis préoccupé par cet accord. Je suis méfiant, je suis dubitatif", a ainsi déclaré l'ancien Premier ministre britannique John Major à la BBC.
John Major a expliqué craindre qu'un accord entre les Tories et les unionistes pénalise le processus de paix qu'il a contribué à enclencher lorsqu'il dirigeait le gouvernement britannique.
En Irlande du Nord, les nationalistes du Sinn Féin redoutent eux aussi cette perspective.
Si la conclusion d'un accord avec le DUP est de nature à permettre à Theresa May de rester à la tête du gouvernement britannique, les observateurs s'interrogent sur la direction qu'elle entend désormais prendre sur la question du Brexit.
Outre les revendications exprimées par les unionistes nord-irlandais, elle est confrontées à celles des conservateurs écossais qui ont décroché 13 sièges aux législatives de jeudi.
Ces derniers prônent une nouvelle approche des négociations sur le Brexit et suggèrent notamment que Londres privilégie une sortie de l'UE favorable à la croissance.
Theresa May a désigné mardi Steve Baker au sous-secrétariat au Brexit. Ce dernier s'est dit favorable à "une sortie correcte, d'une sortie propre qui atténue les perturbations et favorise les opportunités".
La question des modalités de la sortie de l'Union européenne expose la vulnérabilité de la dirigeante britannique qui garde à l'esprit que les divisions des conservateurs sur le dossier européen ont provoqué les chutes de Margaret Thatcher, John Major et David Cameron.
(Nicolas Delame pour le service français)
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