Un élu de l'opposition turque condamné à 25 ans de prison
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Un elu de l'opposition turque condamne a 25 ans de prison
Murad Sezer
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Un elu de l'opposition turque condamne a 25 ans de prison
Murad Sezer
ANKARA (Reuters) - Un élu du Parti républicain du peuple (CHP), la principale formation de l'opposition en Turquie, a été condamné mercredi à vingt-cinq ans de prison pour espionnage, rapportent les chaînes de télévision turques.
Enis Berberoglu, qui est le premier député du CHP à écoper d'une peine d'emprisonnement depuis la suppression de l'immunité parlementaire l'an dernier, a été reconnu coupable d'avoir fourni au journal Cumhuriyet une vidéo prétendant prouver l'acheminement d'armes en Syrie par les services de renseignement turcs.
Dans un article à large retentissement paru en mai 2015, le quotidien écrivait que des armes et munitions avaient été découvertes à bord de camions appartenant aux services secrets, stoppés dans le sud de la Turquie alors qu'ils se rendaient en Syrie.
A l'époque, le président Recep Tayyip Erdogan avait dû reconnaître que les camions appartenaient bien aux services de renseignement (MIT, Organisation nationale du renseignement) mais déclaré qu'ils transportaient de l'aide humanitaire à destination des Turkmènes combattant le régime de Bachar al Assad et les djihadistes de l'Etat islamique.
Il avait aussi accusé les journalistes de Cumhuriyet, un journal laïque, de nuire à la réputation internationale de la Turquie et promis que son rédacteur en chef, Can Dundar, "paierait un lourd tribut".
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L'an dernier, Can Dundar et le chef du bureau d'Ankara de Cumhuriyet, Erdem Gul, ont été condamnés à cinq ans de prison pour révélation de secrets d'Etat dans un autre dossier et le parquet turc a requis à leur rencontre dix années de prison supplémentaires à propos de l'article sur les camions.
Réagissant à la décision du tribunal, Engin Altay, un vice-président du CHP, a jugé que la condamnation d'Enis Berberoglu illustrait la mainmise du pouvoir exécutif sur la justice turque et s'apparentait à une manoeuvre d'intimidation contre les opposants au président Recep Tayyip Erdogan.
Les organisations de défense des droits de l'homme et les pays occidentaux dénoncent l'aggravation de la situation des droits de l'homme sous la présidence Erdogan, en particulier depuis le putsch manqué de juillet 2016 qui a conduit à des dizaines de milliers d'arrestations.
(Ece Toksabay, Tuvban Gumrucku; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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