L'opposition syrienne s'inquiète d'une "impasse totale" à Genève
reuters.com

L'opposition syrienne s'inquiete d'une "impasse totale" a geneve
Pierre Albouy
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L'opposition syrienne s'inquiete d'une "impasse totale" a geneve
Pierre Albouy
PARIS (Reuters) - Les négociations de Genève sur la Syrie sont au point mort et les parties en présence désormais "otages des intérêts régionaux et internationaux", a déclaré vendredi à Reuters le porte-parole du Haut comité des négociations, qui réunit l'opposition syrienne.
Le médiateur des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a annoncé mercredi son souhait d'organiser une nouvelle session de discussions à Genève en juillet.
Les pourparlers organisés depuis 2016 sur les bords du lac Léman entre la délégation de Damas, dirigée par l'ambassadeur à l'Onu Bachar al-Jaafari, et le HCN n'ont pas enregistré de réels progrès depuis une session en février où les parties s'étaient entendues sur un agenda de discussion : lutte contre le terrorisme, gouvernance, nouvelle Constitution, élections.
Les discussions achoppent depuis le début sur le sort réservé à Bachar al Assad, dont l'opposition exige le départ.
Le HCN, qui rassemble des groupes politiques et armés, est soutenu par les Occidentaux, l'Arabie saoudite et la Turquie.
Son influence a pâti de la progression des forces armées gouvernementales syriennes sur le terrain et du soutien prioritaire accordé par la coalition arabo-occidentale, dirigée par les Etats-Unis, aux forces kurdes combattant le groupe Etat islamique.
"Il n'y a pas de solution pour l'instant. Depuis deux ans à Genève il n'y a pas eu un pouce de progrès. Il n'y a ni solution militaire, ni solution politique. C'est une impasse totale", a déploré Monzer Makhous, par ailleurs ambassadeur de l'opposition syrienne à Paris.
"La seule perspective serait que les Etats-Unis et la Russie en association avec l'Europe et les principaux acteurs régionaux imposent une solution qui répondent à l'essentiel des objectifs et des exigences pour lesquels les Syriens se sont battus depuis sept ans", a-t-il dit.
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"Paris est toujours le soutien politique le plus important de l'opposition syrienne. Mais l'Union européenne est marginalisée sur le plan politique", a estimé le négociateur syrien.
"On ne sera pas lâchés, a-t-il poursuivi, mais les priorités ont changé : la problématique Assad n'est plus une priorité pour pas mal d'acteurs régionaux et internationaux."
Monzer Makhous souligne toutefois la détermination de l'opposition syrienne à "aller jusqu'au bout" du processus de Genève.
"On n'attend pas grand'chose de Genève mais on n'a rien d'autre pour l'instant. (...) Il n'y a plus de volonté syrienne propre aujourd'hui, elle est totalement marginalisée. Nous sommes les otages des intérêts régionaux et internationaux", juge-t-il.
Le conflit syrien a fait plus de 320.000 morts depuis six ans.
(John Irish, version française Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)
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