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Le Qatar ne négociera pas tant que ses voisins ne lèveront pas le "blocus"

reuters.com

Publié le 20 juin 2017 à 04:53 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:18

Le qatar ne negociera pas tant que ses voisins ne leveront pas le "blocus"

Le qatar ne negociera pas tant que ses voisins ne leveront pas le "blocus"

Naseem Zeitoon

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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par Tom Finn et John Irish

DOHA/PARIS (Reuters) - Le Qatar ne négociera pas avec ses voisins pour résoudre la dispute en cours dans la région du Golfe tant que ces derniers ne lèveront pas au préalable les mesures d'isolement imposées il y a deux semaines au pays, a déclaré lundi le ministre des Affaires étrangères qatari, tout en disant que Doha pensait toujours qu'une solution était possible.

L'Arabie saoudite, l'Egypte, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Yémen, le gouvernement libyen exilé dans l'est du pays et les Maldives ont rompu leurs relations diplomatiques le 5 juin avec le Qatar, qu'ils accusent de soutenir le "terrorisme".

Le Qatar est voué à "des années" d'isolement s'il ne rompt pas avec sa politique de soutien aux groupes djihadistes, avait déclaré plus tôt dans la journée de lundi le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, qui juge que Doha est encore dans "le déni".

Anwar Gargash, à Paris dans le cadre d'une tournée destinée à gagner l'appui de ses alliés européens, a précisé à des journalistes que la liste des griefs à l'encontre de l'émirat allait s'allonger "dans les prochains jours".

Les autorités qataries, qui démentent tout lien avec le groupe Etat islamique (EI), Al Qaïda et les Frères musulmans, ont accusé lundi ces pays de chercher "un coup de publicité".

Lundi, le Qatar a procédé à des exercices militaires avec la Turquie, voulant vraisemblablement montrer par là qu'il lui restait des alliés malgré les mesures prises contre lui par ses voisins les plus proches.

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Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani, a dit que le pays était prêt, dans le cadre d'un vrai dialogue, "à évoquer et à prendre en compte" les inquiétudes exprimées par les autres pays du Golfe tout en réaffirmant que les sanctions prises contre Doha devaient d'abord être levées.

"A ce stade, nous aucun signe de progrès suggérant que nous allons vers la levée du blocus, ce qui est la condition pour que l'on puisse avancer", a-t-il dit.

Le cheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani a précisé qu'il comptait se rendre à Washington la semaine prochaine pour discuter des effets économiques du "blocus" ainsi que son impact sur la guerre mondiale contre le terrorisme.

"Nous avons un partenariat très solide avec les Etats-Unis. Nous coopérons dans la coalition mondiale contre la terreur. Nous leur avons parlé depuis le début de la crise", a-t-il ajouté.

MÉDIATION KOWEÏTIENNE

Anwar Gargash a estimé pour sa part que le Qatar était encore "dans une phase de déni et de colère". "S'ils cherchent l'isolement par une vision pervertie de leur rôle politique, eh bien qu'ils s'isolent".

"La médiation koweïtienne va être très utile, des exigences vont suivre. Le Qatar va réaliser que la situation a changé et que son isolement peut durer des années", a ajouté le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis.

Le Koweït s'efforce depuis le 6 juin de mener une médiation entre les différentes parties impliquées dans la crise, jusqu'ici sans grand succès.

"Nous voulions des mesures fortes pour envoyer un signal clair. Nous parlons d'un changement d'attitude, pas d'un changement de régime", explique le chef de la diplomatie des Emirats arabes unis.

Il estime que les Occidentaux pourraient prendre en charge un système de surveillance des activités qataries dans la région dès lors que l'émirat se plierait aux demandes formulées le 5 juin.

"Il n'y a aucune confiance. L'idée est de créer un système de 'monitoring' car le Qatar n'a pas respecté sa parole en 2014", explique le responsable émirati.

En 2014, l'Arabie saoudite, les Emirats et Bahreïn avaient rappelé leurs ambassadeurs en poste à Doha. La crise avait duré huit mois.

"La France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l'Allemagne pourraient superviser cette surveillance car ils disposent de l'influence diplomatique et du savoir-faire technique", a-t-il ajouté.

Anwar Gargash invite en outre la Turquie, qui a manifesté son soutien public à Doha, à rester neutre dans cette crise.

"Nous en sommes au début. La Turquie essaye de ménager un équilibre entre son zèle idéologique et ses intérêts nationaux. Espérons qu'ils fassent preuve de sagesse et qu'ils comprennent que ce que nous faisons est dans leur intérêt", dit-il.

(John Irish, version française Sophie Louet et Benoît Van Overstraeten, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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