Violents heurts à Caracas, un jeune manifestant vénézuélien tué
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Un jeune manifestant venezuelien tue
CHRISTIAN VERON
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Un jeune manifestant venezuelien tue
CHRISTIAN VERON
par Frank Jack Daniel
CARACAS (Reuters) - Un manifestant de 17 ans est mort lundi à Caracas pendant de nouveaux violents heurts entre les forces de sécurité vénézuéliennes et les opposants qui manifestent depuis des plus de deux mois pour réclamer des réformes au président Nicolas Maduro, voire son départ.
Le décès de Fabian Urbina, le jeune protestataire, porte à au moins 73 le nombre de victimes des violences politiques au Venezuela depuis le mois d'avril.
Quelque 10.000 manifestants ont défilé dans les rues de la capitale vénézuélienne, lançant des pierres, des cocktails Molotov et des feux d'artifice contre les forces de l'ordre, qui ont riposté avec des canons à eau et des salves de gaz lacrymogène.
"Jour 80 de la résistance et les gens n'en ont pas marre. Aujourd'hui, il devrait être clair aux yeux de ceux qui avaient craint que la rue ne se calme que cela n'est pas le cas", a dit Freddy Guevara, un élu d'un parti de l'opposition, lors de la manifestation.
Une photo Reuters montre un membre de la Garde nationale pointer ce qui ressemble à un pistolet en direction d'une foule de protestants. Dans une vidéo montrant des images de cette même scène, on voit un officier tirer avec son pistolet.
Se référant apparemment à l'incident, le ministre de l'Intérieur à évoqué sur Twitter un "usage disproportionné et déplacé de la force", disant qu'une personne avait été tuée et plusieurs blessées.
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Nestor Reverol a ajouté que les officiers impliqués allaient faire l'objet d'une enquête, tout en condamnant au passage la violence des opposants au régime.
Selon un responsable municipal, Fabian Urbina a été tué d'une balle dans la poitrine, disant qu'au moins 27 autres personnes avaient été blessées.
PAS D'ACCORD À L'OEA SUR UN TEXTE CONDAMNANT CARACAS
Après des semaines de violentes manifestations, aucun des deux camps ne montre de signe de fléchissement.
L'opposition réclame des élections anticipées et accuse le président Nicolas Maduro de dérive dictatoriale avec notamment la tentative de prise de contrôle de l'Assemblée nationale, aux mains de l'opposition depuis décembre 2015.
Le tout dans un climat de profonde crise économique et sociale, avec une inflation record, des pénuries affectant les biens de première nécessité et une criminalité omniprésente.
Le gouvernement, pour sa part, accuse l'opposition d'être à la solde des Etats-Unis et de vouloir organiser un coup d'Etat, Nicolas Maduro reprenant dans ce domaine la réthorique souvent employée par son mentor et prédécesseur, Hugo Chavez.
Il y a 15 jours, le Conseil national des élections (CNE) a dit que l'élection de l'Assemblée constituante proposée par le président vénézuélien Nicolas Maduro pour mettre fin à la violente crise politique se tiendra vraisemblablement le 30 juillet.
Le président socialiste a promis le mois dernier de mettre en place dans le courant de l'été une assemblée chargée de réécrire la Constitution pour tenter de sortir de la crise. Il s'est également engagé à ce que le résultat de ces travaux fasse l'objet d'un référendum.
Mais l'opposition, majoritaire à l'Assemblée nationale depuis les législatives de décembre 2015, et même des membres de son propre Parti socialiste ont critiqué ce projet de super-assemblée composée pour moitié de personnalités désignées, jugé contraire aux principes démocratiques.
Réunis à Cancun, au Mexique, les ministres des Affaires étrangères de l'Organisation des Etats américains (OEA) n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur une résolution critiquant le gouvernement vénézuélien.
(Avec la contribution d'Anthony Espositos à Cancun, Benoit Van Overstraeten pour le service français)
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