L'assaillant des Champs-Elysées a fait allégeance à Daech
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L'assaillant des champs-elysees a fait allegeance a daech
GONZALO FUENTES
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L'assaillant des champs-elysees a fait allegeance a daech
GONZALO FUENTES
PARIS (Reuters) - L'homme qui a percuté lundi à Paris un fourgon de gendarmes mobiles avec une voiture chargée de bouteilles de gaz avait prêté allégeance à Daech dans une lettre remise à son beau-frère, a-t-on appris mardi de source proche de l'enquête.
Cet homme de 31 ans, identifié sous le nom d'Adam Lotfi Djaziri, selon des sources policières, était fiché "S" depuis 2015 pour appartenance à la mouvance islamiste radicale et des liens supposés de son environnement avec la même mouvance.
Il avait notamment été signalé au moins une fois en famille à la frontière gréco-turque, dit-on de source policière.
Il "faisait du commerce d'or avec la Turquie" et n'était "a priori pas connu" de la justice et de la police françaises en dehors de cette fiche "S", précise-t-on de source judiciaire.
Il avait fait l'objet d'une fiche de recherche Interpol émise à la demande de la Tunisie en 2013, mais qui n'était plus active, ajoute-t-on de mêmes sources.
Selon une source policière, cette fiche de recherche avait été émise en raison de liens présumés d'Adam Lotfi Djaziri avec des islamistes radicaux tunisiens.
Le père, le frère, la belle-soeur et l'ex-épouse de ce père de deux enfants ont été placés en garde à vue à la suite de ce qui ressemble à un attentat manqué, dont la seule victime est le djihadiste présumé lui-même.
Les enquêteurs s'interrogent notamment sur ce qu'étaient ses intentions exactes. Si la voiture avec laquelle il a percuté le fourgon de gendarmerie contenait deux bouteilles de gaz pleines, l'enquête n'a pas révélé à ce stade dans le véhicule de trace d'autres produits inflammables, dit-on de source policière.
Pourquoi l'homme a-t-il emporté avec lui un véritable arsenal (un fusil d'assaut Kalachnikov, deux pistolets automatiques Glock et un lot important de munitions) s'il voulait se faire sauter ? se demandent les enquêteurs.
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Ils s'étonnent de la façon dont il a percuté le fourgon - "Est-ce un malaise ? Est-ce que quelque chose a pété avant ?" - et s'interrogent sur l'origine de l'épaisse fumée jaune qui a surgi de la voiture après le choc, qui ressemblait à celle d'un fumigène ou d'une fusée de détresse.
PERMIS DE DÉTENTION D'ARMES
Une autopsie devait établir mardi les causes exactes de la mort de cet homme qui résidait au Plessis-Pâté, dans l'Essonne, où une perquisition a permis de découvrir à son domicile un autre stock d'armes.
Autre question : comment cet homme a-t-il pu avoir un permis de détention et de transport d'armes pour tir sportif, permis régulièrement renouvelé, alors qu'il était fiché "S" ?
Selon le Premier ministre, la première autorisation de détention d'armes lui avait été accordée avant son signalement pour appartenance à la mouvance islamiste radicale, en 2015.
"Au moment où l'autorisation a été donnée, il n'y avait aucun antécédent judiciaire qui aurait justifié une décision de ne pas autoriser la détention d'armes", a expliqué Edouard Philippe, interrogé par BFM TV et RMC.
"Personne ne peut se satisfaire et certainement pas moi que quelqu'un qui fait l'objet d'un signalement puisse continuer à bénéficier de cette autorisation", a-t-il ajouté.
On explique de source policière le renouvellement de son permis par la volonté de ne pas attirer son attention sur la surveillance dont il faisait l'objet.
Enfin, il avait été envisagé fin 2015 de soumettre son domicile à une perquisition administrative et de l'assigner à résidence, dit-on encore de source policière. Mais ces mesures n'ont finalement pas été prises, soit, de nouveau, pour ne pas attirer son attention, soit faute d'éléments.
Il n'en devait pas moins être convoqué ces jours-ci par les services de sécurité intérieure, précisément au moment il est passé à l'acte.
Sa tentative d'attentat a eu lieu sur les Champs-Elysées où un autre djihadiste présumé, Karim Cheurfi, lourdement armé, a tué un policier et en a blessés deux autres le 20 avril, avant d'être abattu.
La section antiterroriste du parquet de Paris est chargée de l'enquête.
(Emmanuel Jarry, avec Service France, édité par Yves Clarisse)
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