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La proposition de May ne lève pas toutes les interrogations

reuters.com

Publié le 23 juin 2017 à 09:52 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:16

Brexit: la proposition de may ne leve pas toutes les interrogations

Brexit: la proposition de may ne leve pas toutes les interrogations

FRANCOIS LENOIR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Philip Blenkinsop et Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Theresa May a déclaré vendredi matin que sa proposition visant à garantir les droits des Européens établis au Royaume-Uni après le Brexit était "très équitable et très sérieuse" mais ses pairs se sont montrés plus sceptiques, le Premier ministre belge Charles Michel parlant d'une offre "particulièrement vague".

Le sort des quelque trois millions de ressortissants de l'UE vivant en Grande-Bretagne - et du million de Britanniques installés sur le continent - est l'une des priorités des négociations sur les modalités du divorce qui ont officiellement débuté lundi.

"Je veux donner à tous les citoyens de l'UE qui sont au Royaume-Uni, qui ont construit leur vie et leur foyer au Royaume-Uni l'assurance que nul n'aura à partir", a déclaré la Première ministre britannique à son arrivée pour la seconde journée du Conseil européen à Bruxelles, un an jour pour jour après le référendum du 23 juin 2016 qui vu les Britanniques opter à 52% pour une sortie de l'UE.

"Nous ne verrons pas de familles être séparées", a-t-elle ajouté.

May, qui s'est exprimé pendant dix minutes jeudi soir devant ses homologues européens avant de les laisser discuter du Brexit hors sa présence, leur a promis de faire en sorte qu'aucun expatrié européen n'aurait à quitter la Grande-Bretagne lorsque le divorce avec l'UE aura été prononcé, probablement le 29 mars 2019 au plus tard.

Ceux qui justifieront alors d'une présence d'au moins cinq ans se verront proposer un nouveau statut qui leur garantira les mêmes droits que les Britanniques en matière de santé, d'éducation, de prestations sociales et de retraite.

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Ceux dont la présence sera inférieure à cinq ans pourront rester le temps nécessaire pour arriver à cette durée. Une période de grâce qui devrait être de deux ans permettra en outre de faire en sorte "que personne ne se retrouve au bord du précipice", a-t-elle poursuivi, ajoutant que la réciprocité pour les expatriés britanniques dans l'UE était "essentielle".

"J'ai été heureuse de pouvoir exposer hier soir ce qui constitue une offre très équitable et très sérieuse pour les citoyens de l'UE qui vivent au Royaume-Uni", a ajouté Theresa May vendredi matin.

Une proposition détaillée sera communiquée lundi prochain par le gouvernement britannique. De quoi satisfaire peut-être les demandes de précisions des Vingt-Sept, qui estiment qu'en l'état, l'offre ne lève pas toutes les incertitudes.

"C'est un premier pas, mais il n'est insuffisant", a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Même souci pour la Pologne, qui, avec 800.000 de ses ressortissants présents au Royaume-Uni, est le premier pays d'origine des expatriés communautaires vivant de l'autre côté de la Manche.

EN DEÇA DES ATTENTES DE L'UE, SELON TUSK

"Nous apprécions cet effort mais la proposition ne respecte pas la totalité des critères fixés comme autant de lignes rouges par l'UE", a commenté le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Konrad Szymanski.

Quant à Donald Tusk, le président du Conseil européen, il a estimé que la proposition britannique risquait d'aggraver la situation des expatriés européens et l'a jugée en deçà des attentes de l'Union européenne.

"Les droits des ressortissants sont la priorité numéro un des Vingt-Sept et nous avons exposé clairement notre position. Nous souhaitons garantir les droits pleins et entiers pour les ressortissants de l'UE et du Royaume-Uni après le Brexit", a déclaré Donald Tusk à la presse, au terme du Conseil européen à Bruxelles.

"Ma première impression, a continué Tusk, est que la proposition britannique est en deçà de nos attentes et qu'elle risque d'aggraver la situation des ressortissants. Mais il incombera à notre équipe de négociateurs d'analyser la proposition ligne après ligne, lorsque nous aurons reçu le document".

Charles Michel, le Premier ministre belge, a lui évoqué une "proposition particulièrement vague", ajoutant, en flamand, que les Européens ne l'accepteraient pas "à l'aveuglette" ("Wij willen geen kat in een zak" - nous ne voulons pas d'un chat dans un sac).

"Nous voulons que les droits des ressortissants européens soient garantis de manière permanente", a-t-il insisté.

Les Vingt-Sept réclament notamment que les expatriés vivant en Grande-Bretagne puissent défendre leurs droits devant la Cour européenne de justice, une possibilité catégoriquement rejetée par Londres, qui refuse de rester soumis à une juridiction européenne.

Dès jeudi soir, le chancelier autrichien Christian Kern avait confié à la presse que la proposition May était "une première étape de qualité que nous apprécions".

Mais il avait aussitôt ajouté: "De nombreux détails sont laissés en suspens. Beaucoup de citoyens européens sont concernés et ne sont pas couverts pas la proposition de May."

Jeudi soir, après le départ de la Première ministre britannique, les Vingt-Sept, qui étaient convenus avant le Conseil européen de ne pas ouvrir de discussions avec elle, ont été informés par Michel Barnier, le négociateur en chef des Européens pour le Brexit, de ses premiers échanges avec le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis.

L'eurodéputé allemand Manfred Weber, président du groupe conservateur PPE (Parti populaire européen), a estimé que l'imprécision de la proposition de May était "assez préoccupante pour le reste des négociations".

"Il semble que le gouvernement britannique n'a toujours aucune idée de ce à quoi il veut parvenir", a-t-il ajouté, estimant que le Royaume-Uni, à la suite des élections législatives du 8 juin qui ont privé May de sa majorité à la Chambre des communes, était devenu une "île dans le chaos".

(avec Gabriela Baczynska et Alastair Macdonald; Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)

reuters.com

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