Deux officiers de Saddam Hussein pourraient succéder à Baghdadi
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par Maher Chmaytelli
BAGDAD (Reuters) - Deux anciens officiers de Saddam Hussein pourraient succéder à Abou Bakr al Baghdadi, si le décès du chef de file de l'organisation Etat islamique (EI) venait à être confirmé, selon de bons connaisseurs du mouvement djihadiste.
Aucun des lieutenants de Baghdadi ne fait figure d'héritier légitime, mais les deux ex-militaires irakiens, Iyad al Obaïdi et Ayad al Djoumaïli, semblent les mieux placés.
Le ministère russe de la Défense a annoncé la semaine dernière qu'Abou Bakr al Baghdadi avait trouvé la mort dans un bombardement en Syrie et Viktor Ozerov, président de la commission de Défense du Conseil de la Fédération cité vendredi par l'agence de presse Interfax, s'est dit "sûr à près de 100%" de son décès.
L'information, déjà annoncée et démentie par le passé, a été accueillie avec scepticisme dans la région comme aux Etats-Unis.
"Nous n'avons rien de concret concernant sa mort", a souligné vendredi le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la coalition formée à l'initiative de Washington pour combattre l'EI, lors d'un point de presse au Pentagone.
Obaïdi, âgé d'une cinquantaine d'années, occupe les fonctions de "ministre" de la Guerre, alors que Djoumaïli, la quarantaine, est à la tête de l'Amniya, les services de sécurité de l'EI.
Tous deux ont rejoint les rangs des extrémistes sunnites en 2003, lorsqu'une administration à dominante chiite a succédé au régime de Saddam Hussein, renversé par l'armée américaine.
Baghdadi en a fait ses principaux lieutenants en 2016 après la mort de son adjoint Abou Ali al Anbari, du Tchétchène Abou Omar al Chichani, "ministre" de la Guerre, et d'Abou Mohammad al Adnani, le propagandiste en chef de l'EI, tous trois tués dans des raids aériens.
EMIR PLUTÔT QUE CALIFE
"Djoumaïli reconnaît Obaïdi comme son supérieur, mais il n'y a pas de successeur évident. Suivant les circonstances, ce peut être l'un ou l'autre", estime Hicham al Hachimi, expert du mouvement djihadiste, qui est aussi conseiller de plusieurs gouvernements de la région.
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Faute de légitimité religieuse, aucun des deux ne peut toutefois prétendre au titre de calife, ou commandeur des croyants, que Baghdadi s'est octroyé en 2014, d'autant que l'étendue du califat s'est beaucoup réduite.
"Ils ne descendent pas du Prophète, le mouvement n'a plus de territoire à gouverner et aucun n'est très versé dans la théologie islamique", souligne Fadhel Abou Raghif, autre expert irakien de l'EI.
"Un calife doit avoir un Ardh al Tamkine (une terre à gouverner-NDLR) suivant la loi islamique. A défaut, le successeur ne sera reconnu que comme émir", ajoute Hicham al Hachimi. Le titre, qui signifie prince, est déjà largement utilisé au sein du mouvement.
Baghdadi, né Ibrahim Aouad al Samarraï en 1971, est issu d'une lignée d'imams et a étudié la charia à Bagdad.
Son successeur devra obtenir l'aval de la Choura, formée des huit conseillers du calife. Six sont Irakiens, l'un est Jordanien et le dernier Saoudien. Un neuvième, qui était Bahreïni, a été tué fin mai dans un raid aérien.
Selon deux membres des services de renseignement américains ayant requis l'anonymat, les dirigeants de l'EI se trouvent désormais pour la plupart à Maïadine, localité syrienne située au sud-est de Rakka, la capitale du califat assiégée par les rebelles des Forces démocratiques syriennes.
(Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
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