Une première "trace de vie" de la Française Sophie Pétronin
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Une premiere "trace de vie" de la francaise sophie petronin
Luc Gnago
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Une premiere "trace de vie" de la francaise sophie petronin
Luc Gnago
BAMAKO/PARIS/LE CAIRE (Reuters) - Emmanuel Macron s'est félicité dimanche d'une première "trace de vie" de Sophie Pétronin, la Française enlevée le 24 décembre 2016 à Gao, dans le nord du Mali, tout en soulignant que ses ravisseurs n'étaient "rien" et qu'ils seraient "éradiqués".
Le président français, présent à Bamako au sommet extraordinaire des chefs d'Etat du G5 Sahel (Mali, Tchad, Mauritanie, Niger, Burkina Faso) pour le lancement d'une force régionale anti-djihadistes, n'a dit mot des moyens déployés pour obtenir sa libération, alors que sa famille s'inquiète d'une inertie présumée des autorités françaises.
"Soyez sûrs que tous les services de l'Etat sont mobilisés pour la retrouver, la ramener saine et sauve auprès des siens", a-t-il dit lors d'un discours devant la communauté française à Bamako.
"Mais soyez sûrs que pour ma part, je ne céderai à aucune provocation, aucun propos facile, parce que nos assaillants n'attendent que cela. Ils n'attendent qu'un jeu explicite avec les pouvoirs publics de tous les pays pour pouvoir donner un prix à une vie et pour pouvoir généraliser ce commerce qui aujourd'hui les fait vivre", a-t-il ajouté.
Des islamistes armés opérant au Mali ont diffusé dans la nuit de samedi à dimanche une vidéo montrant six otages, dont Sophie Pétronin, un médecin d'une soixantaine d'années qui opérait depuis une dizaine d'années au Mali à la tête de l'association d'aide à Gao (AAG).
"Je veux redire ici la condamnation radicale, profonde, absolue de toute prise d'otage. Je ne ferai aucun honneur à ceux qui ont diffusé à dessein cette vidéo cette nuit pour que des chefs d'Etat viennent les prendre comme leurs premiers opposants, leurs premiers ennemis", avait réagi auparavant Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse commune avec le président malien Ibrahim Boubacar Keïta.
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"CES GENS NE SONT RIEN"
"Ces gens ne sont rien, ce sont des terroristes, des voyous et des assassins. Nous mettrons toute notre énergie à les éradiquer", avait-il poursuivi, tout en se félicitant d'"une trace de vie" pour "la première fois depuis plusieurs mois".
L'époux de Sophie Pétronin s'est demandé sur BFM TV si les autorités "d'avant, ou même maintenant, font vraiment ce qu'il faut". "Moi, je trouve qu'on a perdu beaucoup, beaucoup de temps. Je trouve qu'on n'a pas fait grand'chose", a dit Jean-Pierre Pétronin.
Le fils de Sophie Pétronin, Sébastien, qui s'est rendu à plusieurs reprises au Mali, a souligné sur la même chaîne que sa mère ne pourrait attendre "ad vitam aeternam".
"IL FAUT LA SORTIR DE LÀ"
"Elle ne peut pas attendre trois ans de négociations. Il faut la sortir de là, sinon on va apprendre une mauvaise nouvelle d'un jour à l'autre", a-t-il témoigné.
"Je n'ai pas la prétention de dire qu'on a plus avancé que le gouvernement ou qui que ce soit qui s'intéresse à cette affaire. On réfléchit, on bosse, on avance, on se déplace", a-t-il dit.
La vidéo, qui dure un quart d'heure, émane du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jabhat Nosrat al Islam wa al Muslimeen, JNIM), alliance formée en mars dernier par plusieurs mouvements islamistes armés du Mali, dont Ansar Dine, Al Mourabitoune et l'Emirat du Sahara, une émanation d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
On ignore dans quelles conditions ces images, diffusées via l'application de messagerie Telegram, ont été tournées et montées.
Parmi les cinq autres otages apparaissant sur cette vidéo figurent deux autres femmes, la Suissesse Béatrice Stockly, une missionnaire enlevée en janvier 2016 par des hommes armés à son domicile de Tombouctou (elle avait déjà été enlevée quatre ans plus tôt et relâchée quelques jours plus tard), et une religieuse catholique colombienne, Soeur Gloria Cecilia Narvaez, enlevée en février dernier dans le sud du Mali.
Avec Sophie Pétronin, elles sont accusées de prosélytisme religieux.
Le Sud-Africain Steven McGow a été enlevé lui fin 2011 à Tombouctou. Il avait été kidnappé en compagnie d'un Suédois Johan Gustafsson, dont la ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallström, a annoncé lundi la libération sans fournir de détail.
Les deux autres otages ont été enlevés au Burkina Faso, voisin du Mali.
Le premier, le Roumain Iulian Gerghut, a été emmené par des islamistes armés se réclamant du groupe Al Mourabitoune en avril 2015 alors qu'il était en mission dans une mine de manganèse du nord du pays. L'Australien Kenneth Elliot, octogénaire, a été enlevé en janvier 2016 avec sa femme Jocelyn, libérée trois semaines plus tard. Le couple dirigeait une clinique dans une localité proche de la frontière malienne.
(Mohamed el Sherif, Joe Bavier à Bamako,; Sophie Louet et Henri-Pierre André pour le service français)
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