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Trois ans de prison requis contre le fils Obiang

reuters.com

Publié le 05 juillet 2017 à 10:47 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:13

Trois ans de prison requis contre le fils obiang

Trois ans de prison requis contre le fils obiang

Eduardo Munoz

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Le ministère public a requis mercredi trois ans d'emprisonnement à l'encontre du fils aîné du président de Guinée équatoriale Teodorin Obiang, dans le premier procès en France des "biens mal acquis" par des chefs d'Etat africains et leurs proches.

Il a aussi requis une amende de 30 millions d'euros et la confiscation de l'ensemble de ses biens mobiliers et immobiliers saisis en France, soit au moins 100 millions d'euros.

Teodorin Obiang, vice-président de Guinée équatoriale, était jugé en son absence pour blanchiment d'abus de biens sociaux, détournement de fonds publics, abus de confiance et corruption.

L'instruction a établi qu'il avait acquis un important patrimoine en France pendant les années 2000, directement ou par le biais de prête-noms et de sociétés écrans.

Le procureur financier Jean-Yves Lourgouilloux a évalué ces dépenses somptuaires à plus de 150 millions d'euros.

"M. Obiang a investi plus d'un millénaire de ses revenus officiels en France", a souligné le procureur, qui a rappelé que le prévenu avait aussi fait des dépenses importantes aux Etats-Unis et dans d'autres pays.

La pièce maîtresse de ce patrimoine est un immeuble luxueux de 2.835 m2 avenue Foch, à Paris, acheté 25 millions d'euros, dans lequel Teodorin Obiang a effectué des millions d'euros de travaux et qui est aujourd'hui évalué à plus de 100 millions.

Le procureur a également mentionné des voitures de luxe, achetées au total 7,4 millions d'euros, 18 millions d'euros d'objets acquis lors de la dispersion de la collection Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent, et des millions d'euros d'autres d'oeuvres d'arts, bijoux, vêtements de marque, etc.

Teodorin Obiang est accusé d'avoir financé ces dépenses grâce au produit de la corruption, de détournements de fonds publics et d'autres délits commis en Guinée équatoriale.

"PENDANT DES ANNÉES ON A FERMÉ LES YEUX"

Il avait notamment recours à des virements d'un compte ouvert à la Société générale de banque de Guinée équatoriale par la société d'exploitation forestière Somagui Forestal, qu'il contrôlait en tant que ministre de l'Agriculture et des forêts.

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Une société qualifiée de "coquille vide" par le ministère public et par laquelle passait aussi la dîme que Teodorin Obiang contraignait les compagnies forestières opérant dans son pays à lui verser en échange de l'autorisation d'exporter du bois.

Pour le procureur, la justice française a accumulé suffisamment d'éléments pour établir que l'origine des fonds dépensés en France était d'origine frauduleuse et que le délit de blanchiment était effectivement constitué.

Teodorin Obiang conteste tout caractère illégal des sommes consacrées à ses dépenses en France et ses avocats dénoncent un "procès politique" visant à déstabiliser le régime de Malabo.

Mais le procureur a pour sa part estimé que si l'on pouvait adresser un reproche à la France et à sa justice, c'était d'avoir trop longtemps considéré ce type de dépenses et d'investissements avec un "regard pudique".

"Pendant des années on a fermé les yeux, je le reconnais", a déclaré Jean-Yves Lourgouilloux. "Pendant des années, c'était l'impunité absolue."

Au-delà du cas équato-guinéen, l'enquête sur les "biens mal acquis" vise notamment les familles d'Ali Bongo (Gabon) et de Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), qui possèdent respectivement à Paris 39 et 24 propriétés immobilières de luxe, et environ 200 comptes bancaires au total, selon la police.

Selon une source judiciaire, la fille et le gendre de Denis Sassou-Nguesso, Julienne Sassou-Nguesso et Guy Johnson, ont été mis en examen le 20 juin pour blanchiment de fonds publics. C'est la troisième mise en examen dans ce volet, après celle du neveu du président congolais, Wilfrid Nguesso.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse et Simon Carraud)

reuters.com

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