Boris Boillon condamné à un an de prison avec sursis
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Boillon condamne a un an de prison avec sursis
Mohammed Ameen
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Boillon condamne a un an de prison avec sursis
Mohammed Ameen
PARIS (Reuters) - Boris Boillon, ex-conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, a été condamné vendredi à un an de prison avec sursis pour blanchiment de fraude fiscale par dissimulation et manquement à l'obligation de déclaration de transferts de capitaux.
Cette peine est inférieure à celle qui avait été requise par le ministère public le 23 mai (18 mois avec sursis), le tribunal n'ayant pas retenu les accusations de faux, usage de faux et abus de biens sociaux pour lesquelles il était aussi jugé.
Le tribunal a en revanche suivi les réquisitions concernant les peines complémentaires.
L'ancien "Sarko boy" se voit ainsi interdire d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans, donc de revenir au ministère des Affaires étrangères, et d'exercer une profession commerciale ou industrielle, ou de gérer une société, pendant la même période.
Le tribunal a aussi ordonné la confiscation des sommes en liquide transportées par Boris Boillon quand il a été arrêté par les douanes Gare du Nord, à Paris, le 31 juillet 2013, en partance pour Bruxelles : 350.000 euros et 40.000 dollars.
Boris Boillon, absent à la lecture du délibéré, a enfin été condamné à une amende douanière de 95.000 euros et à verser à l'Etat 36.000 euros de dommages et intérêts et frais de procédure.
Pour justifier ces peines, le président de la cour a invoqué une "attitude de dissimulation persistante et réitérée" et une "perte de repères déontologiques, l'importance des sommes en cause, et le fait que Boris Boillon ait rempli d'importantes fonctions publiques, d'abord auprès de l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, puis comme ambassadeur.
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L'avocat de Boris Boillon, Jean Reinhart, a déclaré qu'il conseillerait à son client de faire appel.
SPARTAGO
"Il y a beaucoup de sévérité dans cette affaire", a-t-il déclaré à des journalistes. "Le tribunal invente un délit pour prendre son grand maillet et taper à bras raccourcis sur M. Boillon parce qu'il porte toute une histoire, une histoire d'un moment de la France qu'on ne veut plus ni écouter ni entendre."
"On l'empêche de travailler, on l'empêche de diriger une société, on l'empêche d'être au service de l'Etat", a-t-il dit.
Boris Boillon, qui fit un temps figure d'étoile montante de la diplomatie française sous la présidence Sarkozy, s'était lancé dans les affaires en 2012 après avoir été ambassadeur de France en Irak puis en Tunisie.
Cet homme de 47 ans à l'allure sportive et juvénile avait créé une société de conseil en affaires, Spartago, opérant essentiellement en Irak.
Il avait maintenu devant le tribunal que les sommes retrouvées sur lui provenaient de ses activités en Irak, où il ne pouvait, selon lui, être rémunéré qu'en liquide.
Il a reconnu qu'avoir voulu transférer cet argent en Belgique, où vivaient son épouse et ses enfants, avait été un "mouvement impulsif et globalement stupide".
Mais il avait nié toute intention de s'approprier cet argent à titre personnel ou avoir voulu délibérément frauder le fisc.
Après l'échec de ses entreprises privées en Irak et en Algérie, en raison notamment de la dégradation de la situation au Moyen-Orient et de la baisse du prix du pétrole, il avait réintégré le Quai d'Orsay durant l'été 2016.
Le ministère des Affaires étrangères l'avait alors envoyé en mission auprès de la représentation française à l'Onu.
Compte tenu des suites judiciaires de cette affaire, le ministère l'avait rappelé en France fin 2016 et suspendu. Il est revenu au Quai d'Orsay il y a quelques semaines.
(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)
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