Le choléra risque d'exacerber la famine au Yémen, dit l'Onu
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Le cholera risque d'exacerber la famine au yemen, annonce l'onu
MOHAMED AL-SAYAGHI
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Le cholera risque d'exacerber la famine au yemen, annonce l'onu
MOHAMED AL-SAYAGHI
par Stephanie Nebehay
GENEVE, Suisse (Reuters) - L'épidémie de choléra qui gagne du terrain au Yémen risque d'accentuer la menace de famine à travers le pays, car les fonds de l'Onu destinés à combattre la malnutrition sont réaffectés à la lutte contre la maladie, a déclaré mardi Jamie McGoldrick, coordinateur de l'aide humanitaire de l'Onu dans le pays.
Un peu plus de 313.500 cas présumés de choléra ont été recensés et 1.732 personnes en sont mortes depuis le début de l'épidémie fin avril, selon les dernières données de l'Onu.
"L'épidémie est plus forte et plus rapide que toutes celles que nous avons connues", a-t-il dit depuis Amman, en Jordanie.
"Ensuite, l'épidémie de choléra va aggraver la menace de famine dans un grand nombre d'endroits."
Sanaa, Hajjah, Amran et al Hudaydah sont les quatre zones les plus touchées par la maladie dont la contamination est d'origine fécale, ou par l'eau et la nourriture.
Les enfants de moins de 15 ans représentent 40% des personnes infectées par le choléra et 25% des décès.
DES FONDS QUI PEINENT A ARRIVER
Depuis deux ans, le conflit qui oppose les milices houthis, proches de l'Iran, et les forces loyalistes soutenues par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, a fait plus de 10.000 morts.
Le manque de financement vient s'ajouter aux difficultés de l'aide humanitaire.
Les Nations unies n'ont réuni que 47 millions de dollars (41 millions d'euros) sur les 250 millions que l'institution espérait récolter pour lutter contre le choléra au Yémen.
Pour son programme de lutte contre la malnutrition, l'Onu n'a reçu qu'un tiers des 2,1 milliards de dollars prévus pour venir en aide aux 20 millions de personnes menacées par la famine au Yémen, au Nigeria, en Somalie et au Soudan du sud.
"Par conséquent, les ONG qui se trouvent dans les secteurs les plus touchés par le choléra doivent piocher dans les fonds qu'ils gardaient pour des programmes de vulnérabilité alimentaire ou de malnutrition", a déploré le coordinateur de l'Onu.
Le programme visant à utiliser des vaccins contre le choléra a été mis de côté.
"Le gouvernement décide en ce moment s'il doit les utiliser ou pas", a dit Christian Lindmeier, porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
"Il y a de fortes chances qu'ils ne soient pas utilisés du tout au Yémen et qu'ils soient redirigés vers d'autres pays ou le menace est plus urgente".
(Arthur Connan pour le service français)
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