Un nouveau convoi de réfugiés quitte le Liban pour la Syrie
reuters.com

Un nouveau convoi de refugies quitte le liban pour la syrie
Hassan Abdallah
reuters.com

Un nouveau convoi de refugies quitte le liban pour la syrie
Hassan Abdallah
ERSAL, Liban (Reuters) - Escorté par l'armée libanaise, un convoi d'environ 250 réfugiés a quitté mercredi la région d'Ersal au Liban pour rejoindre la Syrie dans le cadre d'un accord avec le puissant Hezbollah, allié du régime de Damas.
Une soixantaine de familles syriennes qui avaient fui la guerre civile ont embarqué dans des autocars à destination d'Assal al Ward, ville située au nord-est de Damas.
Il s'agit du deuxième rapatriement de réfugiés syriens dans le cadre d'un accord conclu grâce à des discussions indirectes menées par le Hezbollah et le groupe rebelle Saraya Ahl al Cham, précise un responsable de l'alliance soutenant le gouvernement Assad.
Le Hezbollah, qui a joué un rôle pivot dans cette opération, s'est également mis d'accord avec l'armée libanaise et avec les autorités syriennes afin de garantir la sécurité des convois.
La milice chiite libanaise, qui dispose de milliers de combattants sur le terrain, a été un acteur important, aux côtés de la Russie et de l'Iran, dans la préservation du pouvoir de Bachar al Assad.
Le Haut Commissariat de l'Onu aux réfugiés (HCR) a dit ne pas avoir été impliqué dans ces discussions et ne pas recommander les rapatriements à grande échelle dans un pays toujours en guerre. "Le HCR n'en est pas au stade d'encourager les retours parce que les conditions ne sont pas propices", a déclaré une porte-parole.
Selon les chiffres de l'Onu, plus d'un million de Syriens vivent dans des camps de réfugiés au Liban, soit l'équivalent d'un quart de la population de ce pays. En réalité, le nombre exact est plus proche de 1,5 million.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Répartis dans plusieurs régions, ces civils survivent dans des conditions de grande pauvreté et sont soumis à des restrictions pour le logement et l'emploi.
Le retour de réfugiés organisé mercredi est le fruit d'un accord ponctuel et local et les dirigeants libanais sont divisés sur la coopération avec le régime syrien sur cette question.
Le Hezbollah et ses alliés y sont favorables mais d'autres partis et dirigeants, dont le Premier ministre Saad Hariri, y sont fermement opposés, affirmant que ces civils ne bénéficieront d'aucune protection une fois rentrés dans leur pays.
L'une des solutions préconisées par les autorités libanaises est la constitution de zones surveillées par l'Onu en territoire syrien afin d'accueillir les réfugiés désireux de rentrer dans leur pays.
Malgré des initiatives isolées, l'atmosphère n'est pas à l'apaisement, comme l'a confirmé mardi Hassan Nasrallah, chef de file du Hezbollah, à la télévision.
"Il est grand temps de mettre fin à la menace des groupes d'activistes à Ersal et il reste peu de temps pour parvenir à certains accords de réconciliation", a-t-il dit. "Il s'agit de terroristes et d'auteurs d'attentats à Ersal. Et il faut y apporter une solution.".
Il a toutefois salué les opérations de l'armée libanaise menées au cours des dernières semaines dans le nord-est du Liban contre des djihadistes de l'Etat islamique et d'Al Qaïda.
(Hassan Abdallah à Ersal, Ellen Francis et Laila Bassam à Beyrouth, Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
reuters.com