Un an après, la Turquie s'apprête à commémorer le putsch manqué
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Un an apres, la turquie s'apprete a commemorer le putsch manque
Umit Bektas
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Un an apres, la turquie s'apprete a commemorer le putsch manque
Umit Bektas
par Yesim Dikmen et Daren Butler
ISTANBUL (Reuters) - La Turquie s'apprête à commémorer samedi le coup d'Etat manqué contre le président Recep Tayyip Erdogan le 15 juillet 2016, événement qui a entraîné des purges massives dans l'administration du pays.
Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, des avions et des hélicoptères militaires grondaient dans le ciel d'Ankara quand des militaires ont coupé les ponts sur le Bosphore reliant les rives européenne et asiatique d'Istanbul.
Des coups de feu et des explosions ont retenti dans la capitale et à Istanbul, où les putschistes avaient pris position et ordonné à la télévision publique de lire un communiqué annonçant leur prise du pouvoir.
Le chef de l'Etat, qui était en vacances sur la côte sud-ouest du pays, est arrivé à l'aube à l'aéroport d'Istanbul-Atatürk et a demandé au peuple de descendre dans les rues pour s'opposer au coup de force.
Le coup d'Etat a été démantelé faisant plus de 250 morts.
Les autorités turques ont toujours accusé le prédicateur musulman Fethullah Gülen, grand adversaire de Recep Tayyip Erdogan, qui vit en exil aux Etats-Unis, d'être l'instigateur de ce coup d'Etat.
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Le président Erdogan a alors organisé de vastes purges au sein de l'administration, de l'armée, de l'éducation et de la justice mais aussi le secteur privé. Le dirigeant turc estime que son adversaire a constitué un réseau de fidèles déterminés à renverser le pouvoir.
Un an plus tard, près de 50.000 personnes ont été emprisonnées et 150.000 autres ont été limogées ou suspendues de leur fonction, dont un quart des juges et des procureurs.
Les effets ont été dévastateurs pour ceux qui ont été visés par ces purges : chômage, privation de liberté, gel des revenus. Ibrahim Kaboglu, professeur de droit constitutionnel âgé de 67 ans, a été suspendu en février.
"Tu es privé de tous tes droits. Ils disent que tu ne peux pas travailler (en Turquie), ni à l'étranger. Mes allocations ont été supprimées", a-t-il confié à Reuters.
LES POUVOIRS D'UN SEUL HOMME
Kemal Kilicdgaroglu, le chef du principal parti d'opposition, a prononcé un discours lors d'un rassemblement organisé dimanche, la plus grande manifestation depuis le putsch avorté. Il accuse Erdogan d'avoir utilisé le coup d'Etat manqué pour fouler aux pieds les droits fondamentaux.
"Tous les pouvoirs, législatif, judiciaire et exécutif, sont détenus par une seule personne", a-t-il dit devant la foule de manifestants.
"L'indépendance et l'impartialité de la justice, synonyme de démocratie et de protection des droits fondamentaux, doivent être assurés."
En avril, le président Erdogan a organisé un référendum sur l'élargissement de ses pouvoirs présidentiels ce qui pourrait lui permettre de rester, s'il le souhaite, au pouvoir au moins jusqu'en 2029.
La réforme constitutionnelle prévoit notamment la suppression du poste de Premier ministre, la possibilité pour le président de dissoudre le Parlement et de prendre certains décrets.
Une victoire à l'arrachée, loin du succès éclatant qu'espérait le parti islamo-conservateur de l'AKP, où vingt-cinq millions de Turcs, soit 51,5% des votants, se sont prononcés en faveur des dix-huit amendements.
Le putsch manqué, puis les résultats du référendum, ont tendu les relations entre la Turquie et l'Union européenne, mettant en péril des décennies de pourparlers entre les deux parties.
(Arthur Connan pour le service français)
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